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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Mardi 07 Juin 2022

Dans les boîtes aux lettres actuellement, on y découvre davantage de publicités ou de factures que de lettres ou de paquets. Oh, joie! l'autre jour, il y avait un paquet et dans ce paquet une belle boîte d'un nougat appelé Nougat des Arts.



Une première impression: le boîte est belle au design élégant. Les mentions légales indiquent qu'il s'agit d'un nougat blanc traditionnel fabriqué avec du miel de lavande, IGP de Provence, des amandes de Provence et des pistaches de Sicile. Plus du sucre, du sirop de glucose et du blanc d'oeuf, ni conservateur, ni colorant. C'est rassurant.
Je laisse le nougat se reposer et se rafraîchir car la boîte aux lettres avait été chauffée toute la matinée par un soleil ardent.
Le soir, confortablement installée au frais sur la terrasse du jardin, j'ouvre l'emballlage et je découvre une confiserie riche en amandes et pistaches dans un nougat d'un blanc nacré et crèmeux qui semble appétissant. Je croque et ilmmédiatement apparait l'arôme de lavande et une mâche souple et moelleuse. Un sucre discret qui n'empâte pas la bouche. Ensuite les saveurs des amandes et des pistaches s'épanouissent en bouche. Sur le plan organoleptique, c'est parfaitement réussi.
Quant à la texture, il y a un équilibre agréable et intéressant entre la tendreté du nougat et le croquant des amandes et pistaches. la aussi, c'est tout bon.



Intriguée, je regarde la fiche produit jointe à l'envoi et je lis une belle histoire: celle d'un basketteur professionnel en sa ville de Clermont-Ferrand qui aimerait se reconvertir. mais dans quoi? Gourmand et petit fils de pâtissier, il décide de revenir vers le métier familial et de fabriquer une confiserie un peu tombée en désuétude: du nougat. Conseillé par son grand-père, il se lance dans l'aventure avec une idée en tête, fabriquer un nougat d'exception qu'il appelle  Nougat des Arts, un nougat qui reflète les qualités d'un artiste gourmet au palais fin, sachant s'approvisionner auprès de bons producteurs.
Le pari est tenté et gagné car la profession, reconnait l'excellence du nougat traditionnel en lui décernant un Epicure d'or en 2016.
6 ans que ce délice existe et je ne l'avais jamais goûté, aujourd'hui c'est chose faite et je m'en réjouis.
Clermont-Ferrand la nouvelle capitale du nougat!
Nougat des Arts

- 17:49 - rubrique Coup de gueule- Coup de coeur - Permalien - 0 commentaires

Dimanche 24 Avril 2022

« Comment le blé a piégé l’humanité »: tel est le titre d’un article de James Scott, anthropologue, lu il y a quelques temps et qui me suggère quelques réflexions.

Le propos est le suivant : le blé a ouvert la voie à l’apparition d’un pouvoir centralisé. Partant de l’idée que l’agriculture des premiers états organisés utilisait une importante main d’œuvre servile donc a permis la naissance d’une machine d’Etat et d’une élite qui commandait à tous, on assite chez certains historiens et anthropologues à une remise en cause de l’agriculture : Si elle avait été la cause de tous nos maux ?
Je pose la question : est-ce l’agriculture la cause de tous les maux ou le goût du pouvoir et du lucre propre à l’espèce humaine ? Et cette hiérarchisation sociale, qui s’est réalisée à une époque quand l’agriculture était la seule activité sociale et organisée au sein de communautés, fut voulue par les hommes dans une volonté de pouvoir. Il n’y a qu’à lire les récits fondateurs des différentes communautés humaines à travers le monde.
Car l’agriculture apparut très vite comme une nécessité à des populations de cueilleurs-chasseurs qui pratiquaient déjà une forme d’agriculture, parce que manger était indispensable à leur survie. Puis l’agriculture a fourni un bien de première nécessité: la nourriture et a permis aux hommes d’inventer une foule d’outils, de les perfectionner pour travailler mieux et moins douloureusement. Les hommes ont également amélioré sans cesse les variétés naturelles afin de les rendre meilleures tant sur le plan nutritionnel qu’organoleptiques. Doit-on leur en faire le reproche ?
Et si, à partir cette première organisation spatiale et sociale, se sont développées des pratiques néfastes ce n’est pas la faute de l’agriculture mais celle d’un appétit sans cesse grandissant des hommes. En effet, ce n’est pas l’agriculture qui a donné naissance à des pratiques et des techniques intensives mais le désir humain de produire toujours plus et de faire toujours plus de profit. L’agriculture n’a pas créée l’esclavage qui participait dans l’Antiquité d’un système social qui a favorisé la possibilité de produire à moindre coût, même si des économistes ont démontré que l’esclavage n’est pas plus rentable que la main d’œuvre rémunérée. Et d'ailleurs actuellement les agriculteurs ne sont -ils pas devenus sinon les esclaves, du moins sous la contrainte des centrales d'achat?
Ce ne sont pas les agriculteurs qui sont l’origine de l’utilisation d’intrants chimiques et de semences stériles due aux désirs des industries de recycler leurs armes chimiques ou de garder les paysans sous contrôle, méthodes néfastes autant à la nature qu’aux hommes, pas plus qu’ils ne sont responsables d’une mécanisation à outrance.
Attribuons plutôt la faute à ces industriels et aux gouvernements qui les ont laissé faire et qui ont souvent poussé les agriculteurs, par des biais pas toujours honnêtes à mettre en place et pratiquer ce type de culture qui a entrainé la disparition des haies (que l’on pousse à replanter actuellement), le lessivage des sols, l’endettement et le suicide des nombres d’agriculteurs (en France et ailleurs dans le monde), la construction de fermes folles de milliers d’animaux élevés hors sol qui ne broutent jamais une herbe et ne piétinent jamais une prairie.
Qui nous pousse à manger des fruits et légumes qui n’ont connu ni le soleil, ni la terre ? Pas les paysans mais une politique agricole qui au nom du "toujours plus" et "oujours moins cher" a poussé des agriculteurs à devenir des exploitants agricoles.
Ce fut d’abord à la demande d’une population urbaine toujours plus nombreuse et qui demandait toujours davantage de nourriture que les agriculteurs produisirent plus et modifièrent les pratiques agricoles.
Il semble que le problème est considéré dans le mauvais sens en faisant fi de la nécessité permanente des paysans de moins en moins nombreux de nourrir une population sans cesse croissante et qui doivent faire face à des politiques agricoles ineptes souvent, au réchauffement climatique, à une météo de plus en plus capricieuse, aux augmentations du prix des matières premières et à des demandes changeantes et croissantes.
Je ne pense pas que le blé, pas plus que la vigne, le riz ou le maïs ont piégé l’humanité, allons chercher du côté de la vanité humaine, de batailles d’égo, de désirs de pouvoir.
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- 17:23 - rubrique Coup de gueule- Coup de coeur - Permalien - 0 commentaires

Mercredi 08 Octobre 2014

 Il ne vous aura pas échappé que cette semaine des chefs et des personnalités se sont mobilisés pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Cela fait du bruit dans le landerneau journalistique qui en fait le thème de journaux et d’émissions. Les chefs ont nourris plusieurs milliers de convives à Lille en cuisinant des aliments encore consommables prêts à être jetés. En effet, les poubelles des particuliers et celles des grands enseignes de l’agroalimentaire débordent d’emballages pleins et le geste de jeter immédiatement à la poubelle des plats à moitié mangés est quotidien dans nombre de cuisine. Les chiffres de ce gaspillage donnent la nausée. Il ne suffit pas de s’émouvoir quelques instants par an, regardons plutôt les causes et les moyens de lutter contre cette désastreuse et immorale tendance.
 
 

Des chiffres

Les chiffres sont éloquents, même s’ils varient selon les sources. Nous pouvons lire sur le site Planetoscope :

 

 

« Chaque année, en France, plus de 2,3 millions de tonnes de nourriture seraient gaspillés dans la distribution. Dans la restauration collective et commerciale, le gaspillage se monte à 1,5 million de tonnes.

 

 Au sein même des foyers, pour 67 millions de Français qui jettent 100 kilos par personne et par an, cela donne 6,5 millions de tonnes. Au total, en France, sans comptabiliser les pertes de la production agricole, plus de 10 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, soit 155 kilos par Français. (Sources : Rapport d’Urban Food Lab pour le ministère de l’Agriculture, et FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 2011

 

 Selon France Nature Environnement en 2012, les chiffres sont différents : chaque Français jetterait 20 kilos d'aliments chaque année, ce qui représente 1.2 million de tonnes de nourriture qui finissent à la benne.

 

 Chaque année, nous jetons environ 7 kilos de produits non déballés et non consommés par personne. D’après une étude réalisée par Verdicité et FNE, nous pouvons estimer que le gaspillage alimentaire représente 10% des déchets ménagers et assimilés. Les foyers jettent, en moyenne, entre 500 et 1500 € par an de nourriture encore consommable. »

 

En des temps où la restriction budgétaire est de mise !

 

Au-delà de cette bataille des chiffres, 1,3 milliards de tonnes, c'est-à-dire 750 milliards d’€ d’aliments sont jetés chaque année dans le monde, 43% seulement des produits alimentaires cultivés sont consommés par des humains… 

Pour compléter le tableau, nous jetterions par personne 13 kg de fruits et légumes abîmés, de restes consommables et de produits non consommés. Le gaspillage familial représente 42%. Nous sommes acteurs de ce gaspillage. Car derrière ces aliments jetés, il y a leur ramassage et leur traitement.

 
 

Pourquoi jetons-nous la nourriture ?

C’est un phénomène assez récent lié à notre société de consommation et à nos nouveaux comportements d’achats. Notre mère, notre grand-mère faisait ses courses près de chez elle, portant son panier à la main ou tirant son panier à roulettes. De taille modeste, on ne pouvait y mettre que ce dont on avait besoin immédiatement. Les aliments mis dans des sacs en papier ou enroulés dans du papier journal étaient cuisinés le jour même ou le lendemain. Tous les foyers n’étaient pas forcément équipés de réfrigérateur, mais on ne gaspillait pas la nourriture. Il y avait encore un respect pour une nourriture qui représentait une valeur. Une valeur ancestrale générée par des craintes de famines ou de disettes qui ont constituées le lot de bon nombre de français et d’européens durant des siècles. Les pays développés avaient gagné leur auto suffisance alimentaire, mais le contact quotidien avec le producteur donnait un prix et un sens à ce que nous mangions. Et personne ne trouvait anormal de payer la nourriture à son prix de manière à rétribuer correctement le producteur. Comme on respectait la nourriture, on ne la jetait pas. Les restes étaient cuisinés, la cuisine des restes avait sa place dans tous les bons livres de recettes ou était enseignée dans les écoles ménagères. A cette époque aussi, les mères de famille cuisinaient quotidiennement pour nourrir leur famille. Vous m’objecterez que les femmes étaient moins nombreuses à travailler. Certes ! Mais le soit disant manque de temps n’est pas une excuse, on trouve toujours le temps de faire ce que l’on a vraiment envie de faire.

 

 Des achats mal maitrisés

 Ces temps sont de toutes manières révolus. L’immense majorité de ceux que l’on nomme à juste titre des consommateurs poussent d’énormes caddies dans les allées des supermarchés pour s’approvisionner en nourriture environ une fois par semaine. Achats impulsifs, déterminés bien souvent par la publicité ou l’argument de prix bas.  Un immense caddy rempli d’aliments que nous rangeons dans le réfrigérateur et les placards de la cuisine. Une semaine plus tard, il reste beaucoup de choses car nous achetons plus que ce dont nous avons besoin. Résultat, des dates de péremption dépassées, des aliments tout préparés qui ne nous disent plus rien ou que nous n’avons plus envie de manger. Qui finissent à la poubelle, car il faut faire de la place pour les prochaines courses.

 Trop d’abondance, trop de facilités d’achats de nourriture industrielle à bas prix nous ont fait perdre ce respect de la valeur de la nourriture, le vrai prix de la nourriture. Et puis le bon sens a disparu de nos sociétés.

 

Des mentalités à changer

 Quoique l’on dise ce comportement de gaspillage prouve que l’on est encore un pays riche, car dans les vrais pays pauvres on ne jette pas la nourriture, elle est trop précieuse. On la cuisine, on la conserve avec respect.

 Chez nous les connaissances culinaires se sont perdues. Certes, beaucoup de français cuisinent encore mais pour beaucoup seulement le week-end ou quand on reçoit. La cuisine quotidienne s’est perdue. Ajoutons à cela la perte des savoir-faire culinaire et la perte de l’envie de cuisiner qui se cumule à des reflexes individualistes : chacun mangeant ce qu’il aime sans se soucier des autres. Donc au bout du compte, la perte de l’imagination. Car comme l’a si bien dit Raymond Dumay dans son ouvrage « De la gastronomie française » la pauvreté pousse à devenir imaginatif pour se nourrir.  Elle arrive en 4ème position après le vin, l’eau et le client et juste avant les condiments parmi les conditions nécessaires et suffisantes pour l’apparition d’une gastronomie. Partant du principe qu’elle incite les cuisiniers à utiliser les produits de la région pour en préparer des plats originaux. Et, ajoute t’il : « la polyculture, propre aux pays pauvres, ne fournit pas seulement un grand nombre de produits secondaires succulents : volailles, lapins, pigeons, etc., mais en aiguisant l’esprit elle permet de faire encore de bonnes récoltes du côté des gibiers, champignons, etc. La cuisine du savetier est meilleure que celle du financier. »

 

Il me souvient d’un article lu il y a quelques années dans lequel il était raconté comment à Cuba durant les terribles années de disettes alimentaires, les femmes inventaient toutes sortes de recettes pour utiliser les restes voire les épluchures comme des steaks à base d’écorces d’agrumes et de graines. Et d’une émission de radio durant une semaine gastronomique au cours de la quelle une femme, aide soignante, expliquait comment on avait toujours bien mangé chez elle, car elle appliquait le précepte de sa grand-mère : « Le mijotage sauve de la faim. » Elle achetait des viandes peu chères qui cuisait longuement et dont elle régalait sa famille. Ce qui détruit l’argument aussi fallacieux que celui du temps, qu’un petit budget empêche de bien se nourrir.

 

Il suffit juste de cuisiner. Quand les services sociaux organiseront-ils des cours de cuisine à destination des plus démunis. C’est plus facile de distribuer des bons d’achats mais cela leur éviterait de se nourrir de plats tout préparés à bas prix dont la valeur nutritive est nulle.

 

Relançons la cuisine familiale, découvrons ou redécouvrons celle des restes qui a donné tant de bons et délicieux plats régionaux : les petits farcis, le pounti, les soupes de poissons, le hachis parmentier, les tourtes et gratins, le pain perdu, le pudding et tant d’autres plats des restes qui ont nourri des générations.

N’achetons pas trop à l’avance ; nourrir sa famille ou soi-même mérite bien qu’on consacre à cette activité autant de temps que celui que nous passons devant la télévision. Et vu le coût de ce que l’on jette, la fréquentation des commerçants de notre quartier, selon ses besoins, permettra sans doute de gagner à la fois du temps et de l’argent et de fréquenter son voisinage immédiat. 

Quelques lectures pour mettre en pratique de bons gestes anti gaspillage:

61 recettes avec du pain
La bonne cuisine, bon marché et bonne pour la santé
Petit traité de la boulette
Les bonnes soupes du monastère
La cuisine des fonds de terroir


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- 16:00 - rubrique Coup de gueule- Coup de coeur - Permalien - 1 commentaire

Samedi 05 Mai 2012

Premières pivoines du printemps



Vendredi 4 Mai la première pivoine a éclos.
Splendide et superbement parfumée.
Le lendemain deux autres ont ouvert les pétales et dévoilé leur coeur coloré.




Les pivoines sont des fleurs que j'aime beaucoup, leur floraison est éphémère et chaque année je guette les premières pivoines écloses. Cette année, elles sont restées longtemps en bouton, le temps froid bloquant leur éclosion.
C'étaient les premiers arbustes que j'ai plantés dans mon nouveau jardin, il y a deux ans et juste à côté, un autre pied de pivoines, rose celles-ci, est en bouton.

A suivre donc.

- 17:16 - rubrique Coup de gueule- Coup de coeur - Permalien - 0 commentaires

Jeudi 03 Juin 2010

La cuisine française est présente dans les médias d’une manière assez invasive. Des hommes importants ont même décidé d’obtenir qu’elle soit classée comme patrimoine mondial. Certes la gastronomie française est remarquable depuis longtemps, les produits sont variés et la cuisine, inventive, fut et reste encore un modèle. Mais tout n’est pas rose et comme Janus, la cuisine française offre deux faces.

 

Côté face

  • Des chefs étoilés sur le devant de la scène considérés comme des modèles dans le monde entier
  • Des critiques gastronomiques qui en dressent des statues en gloire
  • Des guides qui font du buzz
  • Des émissions de cuisine à la télévision qui ont un succès fou
  • Des magazines culinaires et des blogs de cuisine qui se multiplient qui donnent une impression qu’en France tout le monde cuisine et recherche des produits de qualité sur les marchés locaux
  • Des producteurs d’exception qui font la une des journaux et posent avec les chefs étoilés
  • Des traditions de fabrication des fromages au lait cru, d’élevage et de cultures ancestrales, des artisans remarquables
 
 

Côté pile

  • La France est le pays européen le mieux pourvu en Mac Do
  • La France est le 2e pays consommateur de pizzas derrière les Etats-Unis
  • Des camions Promocash qui livrent des produits à de nombreux restaurants
  • Des restaurateurs qui fréquentent plus assidument Metro que les marchés
  • Des cuisiniers qui ont disparus des cantines scolaires, des maisons de retraite, des hôpitaux, des grandes entreprises au profit des fabricants de nourriture industrielle
  • Des ménagères qui poussent en foule des caddies remplis de prêt à manger.
  • Des apprentissages en cuisine où l’on apprend plus les gestes et les bases de la cuisine.

 

C'est une France coupée en deux en matière de nourriture. Avec une fracture importante entre d’un côté un petit nombre de passionnés de gastronomie, férus de connaissance culinaire et chercheurs de bons produits et de l’autre ceux qui ont parfaitement assimilé ce que l’industrie agro-alimentaire et les MGS ont seriné durant des années : que la nourriture doit coûter le moins cher possible et que la solution réside dans les produits tout préparés qui facilitent la préparation de la cuisine et font gagner du temps.

Regardons la vérité en face : la grande majorité des français se sont peu à peu déculturés dans le domaine culinaire, ne se soucient plus de transmettre mais restent persuadés que leur modèle culinaire est le meilleur tout en enfournant des plats pré-cuits dans le micro-ondes.

 
 

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- 06:50 - rubrique Coup de gueule- Coup de coeur - Permalien - 3 commentaires

Mardi 18 Mai 2010

Dimanche dernier, je lisais le numéro du week-end du journal « Le Monde ». J’y ai lu trois articles qui m’ont fait réagir. Je vous livre mes réactions, non pas par ordre d’importance, mais dans l’ordre dans lequel je les ai lu.

 Téléphone, miam etc...

Le premier article était en début de magasine. A la fin d’un article très complet sur les prix des télécommunications  dans la rubrique Contre enquête & Vous. A la fin de l’article qui nous apprenait que les français consacrent 40 €/mois/personne pour leurs téléphones portables, le journaliste proposait à la réflexion des lecteurs un tableau comparatif des dépenses des français dans 4 domaines : télécommunications, alimentation, habillement et santé. Les graphiques réalisés à partir de sources INSEE nous apprennent qu’entre 1959 et 2008,

-        -   La part des télécommunications a été augmentée de 2,4 points passant de 0,3% à 2,4%. 
- La part de l’alimentation a diminué de 12,8 points passant de 25,2% à 12,4%.
- La part de l’habillement a aussi diminué de 7,2 points passant de 11,6% à 4,4%
  - La part de la santé a augmenté de 1,3 point passant de 2,3% à 3,6%.

Cette baisse colossale des dépenses d’alimentation laisse rêveur. Pour affiner ma réflexion je suis allé consulter le site de l’INSEE et j’y ai appris que la part des transports était de 14,6%, du logement de 25,4% et des loisirs et de la culture de 9,0%. Est-ce vraiment un signe de progrès de constater que peu à peu les français négligent leur alimentation qui est une source de bien-être et de santé (ce qui diminuerait les dépenses de santé) et que dans le même temps, ils ne cessent de se plaindre du prix élevé des aliments. Pour y pallier, ils se précipitent dans les supermarchés à bas prix pour y acheter des nourritures certes peu onéreuses mais prêtes à manger et mauvaises pour la santé. On espère que dans la part loisirs il y a l’achat de revues et livres sur la nourriture et la cuisine !

 

La nature a horreur du vide

L’autre article titrait : « En Chine, un coton transgénique provoque une infestation imprévue de punaises

On n’arrête définitivement pas le progrès. 3 millions d’hectares ont été plantés en Chine de coton Bt. Un coton modifié pour produire une toxine Bt qui élimine le principal parasite local du coton, une petite noctuelle. Ceci a permis la prolifération d’une espèce non ciblée : des mitridés de la famille des punaises, espèces jusqu’alors très peu présentes) qui exercent leurs ravages sur 26 millions d’autres exploitations agricoles en particulier des vergers. En l’absence de traitements les éradiquant, les champs de coton Bt sont devenus de véritables nurseries pour ces hétéroptères. Sans commentaires!

Binge drinking et apéro géant

Pour terminer, l’article, "Boire plus pour se saoûler plus" - comme toujours très intéressant -  de J.P Géné dans Le Monde 2 sur le nouveau phénomène de mode généré par Facebook : les apéros géants.

Ah, que voila une invention intelligente ! Un mode de consommation d’alcool convivial. Personne n’avait jamais rêvé, même dans ses pires cauchemars, des réunions de personnes qui ne se connaissent même pas venues là uniquement pour se saouler vite et bien. Ah, boire en compagnie de personnes saoules, bégayant et vomissant sur vos chaussures, titubant et bredouillant avec l’obstination de l’ivrogne les mêmes inanités. Vraiment tout le contraire de la convivialité, du plaisir de déguster des bons vins, de partager des sensations exquises en compagnie d’amis choisis. Il est grand temps d’apprendre la dégustation du vin aux jeunes générations  afin qu’ils abandonnent les alcools fournis par les grandes firmes d’alcooliers au profit des sublimes vins qui font la gloire (et la richesse) de notre beau pays et que le monde entier nous envie. Des vins que l’on hume et goûte lentement, que l’on déguste avec volupté. Ceci est aussi un résultat de la fracture intergénérationnelle et du désintérêt de transmettre, car les personnes qui savent boire, boivent moins et mieux. Les statistiques le prouvent, le taus d'alcoolisme est plus important dans les régions dépourvues de vignes et alors que la consommation de vin ne cesse de baisser, le nombre d’alcooliques n’a pas diminué.

- 16:07 - rubrique Coup de gueule- Coup de coeur - Permalien - 0 commentaires

Samedi 08 Août 2009

 

En ces temps estivaux, j’ai eu l’agréable surprise de recevoir gracieusement et sans rien solliciter deux colis. Le premier provenait d’une grande marque de farine et le deuxième d’un fabricant artisanal de glace. J’ai préparé le premier et goûté le second. Verdict.

 
 
Le coup de gueule

Francine : Brioche fleurie aux fruits rouges.

Sur l’emballage est également mentionné « Tout prêt avec levure incorporée pour une brioche de 600 g environ » et «  parfait pour une machine à pain ou à la main ».

Je rajoute comme indiqué le lait tiède et le beurre ramolli, je le pétris dans le robot comme conseillé, je le laisse monter une première fois, je forme mes petites boules et les dispose dans un moule beurré et laisse pointer encore une fois et le fais cuire, 25 mn à 180°C. Ouvre mon four, pleine d’espoir.

Hélas, je lui trouve à prime abord un parfum peu naturel. Une fois refroidie et coupée, la mie est compacte et offre un arôme indéfinissable. Les fruits ont un goût artificiel de fraises Tagada. Pas top slurp du tout, comme dirait l’ami Estèbe. Ah ?), des œufs en poudre (miam, miam !) et les inévitables émulsifiants.

Je la refile charitablement, pour leur petit déjeuner, à mon fils et ses amis qui font une fête. Et Résultat : « Mais pourquoi, tu ne nous as pas fait ta brioche habituelle ? »

Ben, parce que je testai celle-là.

En regardant après coup, les ingrédients qui composaient ce sachet, je ne m’étonne plus. De la farine de blé, jusque là rien que du normal, mais le bizarre arrive :

-          agent de traitement de la farine : acide ascorbique et enzymes + gluten de blé pour compenser sans doute les méfaits d’un blutage trop important de la farine et lui permettre de lever.

-          7% de cranberries et de griottes agrémentées d’huile végétale et de dextrose (

-          D’où des traces éventuelles de lait, soja, sésame et fruits à coque.

Tout ça pour ça ! Cela me confirme dans mon dédain des produits de l’agroalimentaire. Alors que ma brioche à la farine bio meulée à la pierre, au lait, beurre et œufs fermiers, à la levure de boulanger fraîche, elle monte bien, elle est aérée et elle a bon goût.

 
 
Le coup de cœur
 
Octave : les écrins d’Octave

Il est arrivé par transporteur dans un emballage parfait. 12 petits cubes noirs emplis de glaces et des sorbets. Des saveurs de saison : fraise, framboise, melon, des parfums classiques : vanille, chocolat noir, chocolat blanc, praliné, caramel, pistache… d’autres plus étonnants : pilipili, citron vert/céleri.

D’abord c’est très joli et cela excite les papilles. Ensuite, c’est bon, mais bon. Cela me réconcilie avec les glaces. Que des parfums naturels, peu de sucre. Des textures remarquables, des saveurs parfaites. Par exemple, citron vert/céleri. L’acidité du citron se heurte à la douceur du céleri confit + opposition de texture croquant du sorbet et fondant du légume confit. Idem pour le caramel, onctueux et nature avec des délicieux morceaux croquants de nougatine. Le chocolat noir, on dirait de la mousse au chocolat. Les parfums sont justes et purs.

 

Pourquoi ? Simplement parce que les produits sont tous naturels, les sorbets n’utilisent que des fruits de saison travaillés à maturité. Vous ne trouverez pas de pêche, ni de framboise en hiver. La vanille de Bourbon, les meilleurs crus de chocolat, des fruits parfaitement confits, des amandes et des pistaches sélectionnées…Le choix de la qualité.  De plus il n’y a ni colorant, ni stabilisant, ni rehausseur de goût. Ce qui oblige à l’excellence des ingrédients de base. J’avais déjà été séduite lorsque j’en avais acheté pour déguster dans la rue, une glace cannelle au superbe goût et parfum et un sorbet « mûre » qui donnait l’impression de chiper des cuillerées de confiture dans le placard de notre grand-mère.

Aller voir sur leur site où sont les revendeurs les plus proches de chez vous, et testez les glaces et sorbets, vous ne serez pas déçus.

 

Que tirer de cet exercice ? Que la qualité se remarque et que ça change tout. Si l’on prend de bon produit, il n’y a nul besoin de rajouter quoique ce soit. Contrairement à ce que l’on nous serine à grand renfort de pub, le bon, le vrai, le naturel c’est ce qu’il y a de meilleur. Que la qualité a un prix aussi. Mais vous ne payez pas non plus une Logan et une Jaguar au même prix. Et vous n’accepteriez sans doute pas non plus d’être traité par votre employeur comme les agriculteurs le sont par les centrales d’achats de la GMD et de l’agro-alimentaire, car vous trouvez normal d’être rémunérés justement. Et c’est effectivement normal. Il serait peut-être bon d’y penser quand vous faites vos courses.

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Vendredi 06 Mars 2009

Les vaches vont pouvoir marcher sur la tête elles aussi, sans être gênées par leurs cornes. La vache de l’affiche du Salon de l’agriculture ne portait pas de cornes et il n’y aura bientôt plus que les cocus pour en porter !


Vous la préférez comme ça

 

ou comme cela



Vaches sans cornes

 

Savez-vous que 9 vaches sur 10 n’ont plus de cornes, on leur a coupé. Pas seulement à la Prim’Holstein de l’affiche, véritable usine à lait, mais beaucoup d’autres races laitières et à viande subissent cette nouvelle mode.

Pourquoi ?

Encore une fois, comme pour les humains,  l’argument sécuritaire est mis en avant. Plus de cornes donc moins de risques d’accident, les vaches sans cornes se blesseront moins que les vaches cornues dans les prés et les étables.

Mais derrière cet argument  se cache une réalité beaucoup moins bienveillante pour ces braves ruminants.

Il convient de savoir que brouter dans les prés et ruminer sous les arbres en regardant passer les trains est en passe de devenir totalement désuet.

Out les prairies, vive la stabulation !

La majorité des vaches vivent la plupart du temps dans des étables où l’espace de déambulation est réduit. A cela s’ajoute le fait de tourner en rond dans un petit espace qui rend certaines bêtes agressives. On le serait à moins !

Mais l’argument imparable pour justifier la mutilation des vaches est beaucoup plus prosaïque. En stabulation pour se nourrir de bons tourteaux de soja transgéniques et autres nourritures de même acabit, les vaches doivent passer la tête à travers un cercle qui les emprisonne le temps qu’elles se nourrissent. Pour gagner de la place et mettre davantage de vaches au m2, il faut réduire la taille des cercles et donc couper ces cornes encombrantes.

Alors on scie les cornes des vaches adultes et on brûle celles des jeunes bêtes. Or les cornes sont vivantes et irriguées par des veines. Cette mutilation entraine une souffrance  pour ces pauvres vaches qui n’ont rien demandé.

Dans sa grande mansuétude envers la gent bovine, Bruxelles a décidé que dorénavant il faudra anesthésier les vaches avant de les mutiler.

Oui, mais cela a un coût.

Pour économiser quelques sous et gagner en rentabilité, des chercheurs d’organismes de sélection ont isolé le gène de la corne et ont mis au point des bovins sans cornes ou portant de ridicules petits appendices tels ceux des diablotins.

 

C’est effectivement diabolique !

Et si on sélectionnait le gène du bon sens et qu’on l’injecte aux hommes, ce ne serait pas une bonne idée ?

E si au lieu de n’être sensible qu’aux bruits du tiroir caisse, on aimait la belle ouvrage et les bêtes qui nous font vivre, elle ne serait pas plus belle, la vie ?

Un conseil, allez vite photographier les vaches à cornes pour montrer à vos petits enfants ce qu’étaient les vaches avant que les hommes ne deviennent fous !


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Mon livre

L'histoire des légumes, des potagers, du néolithique à nos jours en passant par les abbayes. Plus une cinquantaine de recettes de Michel Portos, cuisinier de l'année 2012 GaultMillau, avec les accords vins de Patrick Chazallet. De très belles photos d'Anne Lanta, une préface de Christian Coulon pour la beauté de l'ouvrage. alt : Widget Notice Mollat Analyse sur un ton léger des rapports des femmes au vin de l'Antiquité à nos jours, les interdits, les tabous, les transgressions, se ponctuant par quelques portraits de femmes du vin contemporaines. alt : Widget Notice Mollat

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