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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Jeudi 10 Août 2017

 La limonade dans sa bouteille de verre, avec sa capsule de céramique cernée d’une rondelle de caoutchouc à sa base lui assurant son étanchéité une fois rabaissée la languette métallique,  garde un goût d’enfance enfance. Peu sucrée, rafraîchissante et légèrement gazeuse, elle accompagnait les goûters et désaltérait à la saison chaude. Un peu passée de mode, mais se défendant vaillamment face aux autres boissons, souvent remplacée par des sodas plus branchée, la limonade garde toujours ses fans et continue à être fabriquée et vendue.

 
    Limonade

La limonade est une boisson composée d’eau, de sucre et de jus de citron. Une citronnade ? Non pas tout à fait, une cousine plutôt. C’est une boisson très ancienne dont le nom vient de lime qui est une variété de citron. Les arabes appelaient « limonia » toutes sortes de recettes et de boissons réalisées à partir de jus de citron, peut-être faut-il y voir l’origine du mot limonade ? Peut-être, mais ce n’est pas forcément certain. Ce qui est certain par contre est que cette boisson est transalpine alors les arabes y ayant longtemps séjourné…

Bref, on découvrit la limonade en France lorsque Catherine de Médicis arriva dans notre royaume avec toutes sortes d’autres délices. Il s’agissait d’une boisson non gazeuse que chacun pouvait réaliser, enfin à condition de trouver des agrumes ce qui n’était pas évident partout à l’époque.  Par contre, les apothicaires, les épiciers en vendaient dans leurs échoppes. La limonade était stockée dans de petits tonneaux ou de petites citernes et était vendue au verre à qui le désirait.

 
Source etsy.com

Limonadiers-Liquoristes

Survinrent les limonadiers, spécialisés non seulement dans la limonade (à la formule récemment importée d'Italie), mais encore dans les glaces et les sorbets, l'eau de frangipane et les rossolis.

Les limonadiers, d'abord isolés et inorganisés, en raison de l'esprit chicanier qui régnait dans les corporations, furent bientôt en butte aux tracasseries des vinaigriers et des apothicaires-épiciers. Ils s'unirent aux distillateurs et obtinrent de constituer une corporation qui fut réglementée par des lettres patentes royales accordées en 1676, les autorisant à débiter des rafraîchissements et des liqueurs fortes (à l'exception du vin réservé aux cabaretiers). Ils possédaient le monopole de la vente de la limonade, vente dans la rue. Cette corporation était régie par ces statuts qui réglaient aussi bien l’apprentissage du métier que la vente de la limonade.

Mais certains tenaient échoppe et face aux désordres provoqués par les débordements dans leurs échoppes censées être des repaires de brigands et autres hors-la-loi, les limonadiers furent sanctionnés par un édit de 1685. Ils eurent l’obligation de fermer boutique et d’éteindre les lanternes qui les signalaient dès que le soleil se couchait, 5 h en hiver et 9 h en été. Le plus gros de leur activités et de leur vente avaient lieu le soir, les limonadiers regimbèrent tant et si bien qu’ils obtinrent une dérogation, ils purent fermer à 6 h l’hiver et 10 h aux beaux jours. Le métier était sauvé, mais pas pour longtemps.

En effet, en  1704, Louis XIV, ayant besoin d’argent frais, fit supprimer la corporation des limonadiers er vendit à son profit des charges de limonadiers ! Dorénavant chaque limonadier, devenu indépendant, dut acheter sa charge au roi. Une charge transmissible par héritage ou testament ou par vente.

De nouveau le métier se rebella, dans leurs échoppes, les clients étaient obligés de consommer leur limonade debout (en raison de leur statut préconisant la vente dans la rue)  alors que chez l’épicier, ils pouvaient s’assoir pour la boire ! De guerre lasse, le roi céda et en 1713, il rétablit la corporation des limonadiers liquoristes qui fut définitivement dissoute lors de la Révolution Française. Entre temps, les limonadiers furent rattachés aux vinaigriers.

Puis les échoppes des limonadiers évoluèrent se transformant peu à peu en "cafés", le grand succès du café et du chocolat détrôna la limonade.

 
Limonadiers et limonaderies

Au XIXème siècle, la fabrication de la limonade se fit industrielle et les limonaderies apparurent un peu partout, de préférence près d’une source. Il existe de nombreuses limonaderies en France, presque chaque région possède sa limonaderie, la plus ancienne, Elixia, fut fondée en 1856 et la plus célèbre est située près de Munster, elle s’appelle « Lorina » et fut fondée en 1895. Elle vend environ 100 000 bouteilles de limonades par an dont une partie outre-Atlantique.

 La limonade fut alors vendue en bouteille. A l’origine, les bouteilles étaient bouchées avec des capsules en métal et pour décapsuler les bouteilles on inventa le limonadier qui plus tard fut muni d’un tire-bouchon. Cet ustensile est devenu l’outil de travail de tout sommelier qui se respecte. Ensuite apparut la capsule en céramique blanche puis de plus en plus souvent la capsule à vis.

La recette de la limonade restait le même avec des variantes selon les fabricants. Le parfum du sureau qui était tellement en vogue avant la Révolution restait un composant apprécié, mais d’autres parfums incorporèrent la recette originale : orange, citron, pamplemousse rose, fruits rouges ou fruits exotiques ou épices. Avec toujours les mêmes ingrédients de base : eau de source gazéifiée, essence de citron, sucre et acide citrique.

Les concurrents directs de la limonade traditionnelle sont les sodas tels que Sprite et 4-Up, présentés dans de petites bouteilles et appartenant à de grands groupes de l’industrie agro-alimentaire, ils bénéficient de campagnes de publicité  et de promotion contre lesquelles les petits fabricants français ont du mal à lutter. 



Source etsy.com

Fabriquer sa limonade ?

Surfant sur le web, je suis tombée sur quelques sites proposant des recettes inédites, ou plutôt soi-disant inédites. La plupart propose des recettes de citronnade, d’autres des trucs pour faire une citronnade avec bulles. L’une proposait d’ajouter à l’eau citronnée des graines de riz et une autre un peu de levure de boulanger de laisser infuser quelques jours en plein soleil dans une bonbonne en verre. D’après les commentaires laissés sur les sites le goût de riz ou de levure gâcherait un peu celui de la limonade… Nos grands-mères ajoutaient deux cuillerées à soupe de vinaigre pour trois litres d’eau et laissaient macérer au chaud une semaine environ. Plus besoin alors d’acide citrique ! La mienne ajoutait un sachet de lithiné et l’eau devenait gazeuse. Cela m’amusait beaucoup quand j’étais petite. Je ne sais pas si on trouve toujours du lithiné dans les pharmacies. Le plus simple alors est de faire une bonne citronnade, de la laisser macérer trois heures et de la servir avec de l’eau de Seltz ou une eau gazeuse. Pour cela, achetez six citrons bio, râpez les zestes et exprimez le jus. Versez dans un récipient avec deux cent grammes de sucre et un litre d’eau. Remuez pour faire dissoudre le sucre et laissez infuser deux ou trois heures au réfrigérateur. Filtrez et versez dans un pichet et servez avec de l’eau gazeuse.

Avec de la limonade, on peut aussi faire de délicieuses boissons : les diabolos menthe ou grenadine en versant au fond du verre un peu de sirop avant de compléter avec de la limonade. Libre à vous d’inventer d’autres diabolos avec les sirops que vous stockez dans vos placards, des boissons de toutes les couleurs et de tous les goûts. Avec la limonade, on peut être très inventif (ve) en faisant infuser des fleurs et feuilles d’herbes : sureau, mélisse, menthe, pétales de rose, un peu de poudre de cannelle ou de gingembre, etc.

En règle générale, les limonades de fabrication locale sont, à mon goût, meilleures et moins sucrées que celle des marques vendues dans les supermarchés. Si la limonade se consomme moins, il y en a qui reste nostalgique de la bouteille de limonade, de préférence ancienne,  que l’on trouve sur des sites de vente sur internet. Et il existe encore un Syndicat des hôteliers, limonadiers et restaurateurs. Il est situé à Aurillac dans le Cantal.  

 

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- 10:19 - rubrique Autour de la nourriture - Permalien - 0 commentaires

Lundi 19 Septembre 2016

             C’est un fait avéré, les préférences d’un grand nombre de mangeur vont vers des aliments mous, voire croustillants, mais les mets plus coriaces ne sont pas ou plus prisés. Par ailleurs, un certain nombre de régimes alimentaires dit amaigrissants proposent des préparations en poudre à diluer qui remplacent les repas. Il existe même des produits nutritionnels conçus pour couvrir intégralement les besoins nutritionnels humains qui peuvent servir d’alimentation unique à la place de vrais aliments. Un peu comme dans le film «  Soleil Vert » quand les habitants de la terre se nourrissaient de tablettes de couleur. Un monde où les dents et les mâchoires conçues pour nous aider à manger n’ont plus aucun rôle. Et pourtant mâcher ses aliments est tellement nécessaire à l’homme.  
 

 

Mastiquer pour plus de plaisir

Brillat-Savarin qui est le premier à avoir proposé une définition du goût de manière totalement empirique, mais qui s’est révélé assez exacte quand les connaissances scientifiques ont permis de poser une définition plus juste, écrivait dans La Physiologie du Goût : « le goût est celui de nos sens qui nous met en relation avec les corps sapides, au moyen de la sensation qu’ils causent dans l’organe destiné à les apprécier […]  Dans ce choix le goût est puissamment aidé par l’odorat. »

En effet, le goût est l’ensemble des perceptions que l’on ressent quand on met un aliment en bouche. On ressent le goût par les bourgeons du goût situés sur les papilles gustatives disséminées sur la langue mais aussi sur les muqueuses de l’épiglotte et du pharynx. Lorsque l’on porte un aliment en bouche, c’est d’abord le sens du toucher qui agit car les lèvres, la langue, les muqueuses buccales vont déchiffrer un grand nombre de stimuli qui contribuent à définir le goût d’un aliment mais qui ne sont en aucun cas une saveur, puisqu’ils font appel à d’autres sphères sensorielles. Les principaux stimuli sont :

  1. -         Les stimuli tactiles déterminent la texture et la température des aliments
  2. -         Les stimuli chimico-physiques font ressentir l’astringence, l’alcalinité, etc.
  3. -         Les stimuli « d’arrière-bouche », qui sont une forme de continuum.
  4. -         Les stimuli dus à la sensibilité olfactive rétro-nasale liés aux odeurs et arômes en bouche

Souvent l’expression  « le goût de… » désigne à la fois le goût et l’arôme. En réalité,  les arômes sont des odeurs en bouche qui contribuent aux sensations gustatives. Les intensités de ces arômes dépendent de divers facteurs tels que la manducation, la température en bouche et la température des aliments : un même aliment consommé froid ou chaud dégage des arômes différents. Plus on mâche un aliment, plus il se réchauffe. Si l’on mange un aliment froid, il va lentement se réchauffer dans la bouche au fur et à mesure de la mastication. Son goût va donc évoluer puisque la température en bouche et celle des aliments réchauffés par la manducation vont se modifier. Avec un aliment chaud, la manducation va  exacerber les arômes. Donc plus nous mâchons, plus nous libérons d’arômes qui sont également perçus grâce aux récepteurs olfactifs captant l’air qui passe par les narines par le biais des poils du bulbe olfactif qui sont des détecteurs d’odeurs et surtout grâce à l’olfaction rétro-nasale appelée aussi rétro-olfaction. L’arrivée d’air par le nez et par la bouche permet de mieux ressentir les arômes. Les arômes libérés provoquent du plaisir, de la satisfaction qui procèdent du plaisir de manger. Tout le temps de la mastication et de la déglutition, nous éprouvons un plaisir qui va en augmentant, et plus nous mastiquons, plus le plaisir dure.

Et un plaisir qui durera d’autant plus qu’une bonne manducation facilite ensuite la digestion.

 

Mastiquer pour bien digérer.

Nous possédons dans la bouche deux muscles remarquables. Celui de la mâchoire est le plus puissant du corps humain et celui de la langue le plus agile, le premier exerce une très forte pression sur les dents dont l’émail est le matériau le plus dur que fabrique le corps. Donc la nourriture que nous ingurgitons et que la langue va chercher dans tous les recoins de la bouche va être broyée par les dents lorsque nous mâchons. Quand les aliments sont suffisamment mastiqués et broyés, il forme une sorte de bouillie appelée « bol alimentaire ». Ce bol alimentaire va être avalé et envoyer dans le pharynx, puis dans l’œsophage. Tous les muscles de l‘œsophage se contractent pour faire descendre le bol alimentaire dans l’estomac qui va le brasser et le moudre en minuscules particules qui vont partir dans le pylore. De là, ce magma passe dans l’intestin grêle où va se faire la digestion proprement dite et l’extraction de tous les nutriments. La bouillie prend un nom : le chyme qui est de nouveau broyé et malaxé. C’est alors que les nutriments traversent les parois de l’intestin pour passer dans le sang et les résidus sont balayés vers le gros intestin qui est chargé de l’évacuation des résidus.

Une fois cette leçon de SVT revue, nous pouvons comprendre pourquoi mâcher est si important. Si la nourriture n’est pas mâchée, le travail de la digestion est plus compliqué et plus long. On risque premièrement de s’étouffer en avalant une nourriture insuffisamment broyée qui ensuite aura des difficultés à descendre dans l’œsophage et une impression de lourdeur sera ressenti par l’individu goulu qui mâche et avale trop vite. Si les dents ne son pas activées régulièrement, notre dentition se dégrade.

 

Mâchons, mâchons… vous avez compris la nécessité de mâcher pour se porter mieux et ressentir davantage de plaisir gustatif. Activons donc nos dents et nos mâchoires quand nous mangeons, elles sont faites pour cela et, cerise sur le gâteau, vous fortifierez les muscles masticateurs qui permettent de conserver un ovale parfait du visage et les empêcheront de subir la théorie de gravité et de garder vos joues de bébé. 


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Mercredi 07 Septembre 2016


      Alors que l’Education Nationale prend des mesures pour offrir aux enfants dans les écoles des repas qui conviennent à leurs convictions religieuses (choses étrange dans un pays où la séparation de l’Eglise et de l’Etat est reconnue depuis belle lurette, mais cela est un autre sujet), ne serait-il pas plus utile d’introduire, au sein des cours de SVT ou lors de cours bien spécifiques, des cours d’éducation au goût ? Bien entendu cela est un doux rêve, mais parmi les décisions de rentrée, pourquoi chacun de désirerait-il se former individuellement à cette intéressante discipline ?

Pourquoi ? Regardons en face la réalité.

 

Etat des lieux

     Dans le monde l’obésité a été multipliée par deux depuis 1980. On comptait en 2014, 1,9 milliards d’adultes en surcharge pondérale dont 600 millions d’obèses. La cause de tous ces maux est, en dehors de problèmes relevant d’une pathologie, une grande consommation d’aliments trop riches en graisse et en sucre et un manque d’activité physique qui en plus ou en conséquence de l’obésité sont la cause de nombreux problèmes de santé. A tel point que l’OXFAM a défini un concept de « mauvaise hygiène alimentaire » caractérisée par un déséquilibre entre la consommation de graisse et de sucre par rapport à celle de céréales, de légumes et de graines qui touche les pays en voie de développement et les classes inférieures des pays riches La raison en est que les produits transformés riches en lipides, graisses saturées et sel sont moins chers et donc plus consommés que les fruits et les légumes.

     Il faut ajouter à cette mauvaise hygiène alimentaire un autre paramètre : l’appauvrissement généralisé en nutriments des produits alimentaires, ainsi que l’affirme D. Thomas dans son ouvrage Nutrition & Health, paru en 2007. Cet appauvrissement est du à une diminution de la biodiversité alimentaire et la baisse de qualité des produits alimentaires détériorée par l’augmentation de l’offre de produits alimentaires transformés trop riches en sucre, sel et en gras.

Prenons l’exemple du sucre et du sel. Nous consommons en France 25 kg de sucre par personne et par an. Ce sucre provient principalement des produits transformés. Alors que l’OMS recommande de ne pas absorber plus de 5 g de sel par personne et par jour, nous en consommons beaucoup plus : 2 kg par personne et par an, ce sel se cachent surtout dans les produits transformés:  snacking, charcuteries, biscuits apéritifs.

   La diminution de la biodiversité alimentaire est provoquée par la standardisation des variétés de fruits, de légumes et de céréales due à une sélection des semences les plus rentables poussant plus vite et étant plus résistantes au détriment de leurs qualités nutritives  en raison du phénomène de dilution. La dilution est un phénomène occasionné par la diminution de la concentration de nutriments présents dans le sol associée à une pousse trop rapide des végétaux qui empêchent la fixation de leurs qualités nutritives. Donald R. Davis dans un article de Food Technology (2005) affirme que d’une manière globale, on note une perte de 20 à 23% des minéraux,  dans les fruits et légumes. Ces minéraux – potassium, phosphore, magnésium, calcium, fer, cuivre – sont indispensables au bon fonctionnement du corps humain. La congélation des préparations industrielles alimentaires entraine une perte accrue des qualités nutritives des aliments.

 

Le Goût et la santé

       L’éducation aux goûts, aux saveurs est la meilleure antidote à la production d’aliments industriels. Cette industrie pratique une politique de consommation globale et est à l’origine, nous l’avons vu, de nombreuses pathologies alimentaires.  

          Contre l’obésité, la multiplication des régimes amaigrissants vantés par des soit-dIsant « experts », manquant de connaissances spécifiques sur ce sujet n’auront aucun effet à long terme, en tout cas pas l’effet souhaité, car on sait maintenant que le corps humain développe à chaque régime de la graisse supplémentaire en prévision des prochaines restrictions volontaires d’aliments.

        Les règles diététiques trop sévères ont pour corollaire la prise quotidienne de compléments alimentaires et de vitamines qui sont censés contrebalancer les carences ou les dérèglements de régimes totalement déconnectés des besoins physiologiques du corps humain. Toutes ces croyances, ces régimes peuvent faire naitre une psychose vis-à-vis de la nourriture qui va le plus souvent s’exprimer sémantiquement par l’opposition de sain/malsain et bon/mauvais et par un combat perpétuel entre plaisir et santé, ce qui est savoureux devenant dégoûtant , entendu dans le sens premier du mot.

Cependant manger et boire sont les instincts humains les plus anciens, si importants pour la survie et tellement ancrés en nous qu’il est difficile de les contrôler, de les raisonner.

      Il est donc indispensable dès l’âge le plus tendre  de manger correctement et d’apprendre à connaitre les vrais et bons plats, de repérer les falsifications et les imitations. En effet, les plats pleins de saveurs, cuisinés avec de bons produits permettront à celui qui les déguste d’associer dans sa mémoire gustative les saveurs à leurs effets physiologiques, la mémoire des saveurs dure éternellement et tient compte des préférences de  chacun.

Pourquoi ?

      Si une diète alimentaire n’est pas librement consentie, elle ne peut qu’entrainer des frustrations, le plaisir tenant une place importante dans l’alimentation et la plupart des recommandations diététiques considèrent les aliments comme des éléments nutritifs qui ne sont intéressants que par leur composition en minéraux, protéines etc. Pour ceux-là, un aliment bon à manger est un "aliment-médicament" ne valant que par ses composants nutritifs, pour d’autres l’aliment n’est qu’un simple  carburant, ne demandant pas de préparation et avalé rapidement, ce sont donc des consommateurs de plats tout préparés issus de l’industrie agro-alimentaire. Dans ce dernier cas, il importe davantage de lire le contenu en calories et en graisse que de connaitre l’origine du produit transformé et des ingrédients avec lesquels il a été élaboré.  Alors à quoi bon se contraindre à se nourrir sainement, puisqu’il est possible de contrer les effets nocifs de cette alimentation déséquilibrée en ingérant des vitamines ou autres compléments alimentaires.

Retrouver le plaisir de manger

         Quelle place est alors réservée au goût et au plaisir de manger un plat bien préparé ? Car manger sa barquette réchauffée devant son ordinateur ou sa télé ne procurera jamais le même plaisir qu’un plat préparé chez soi, dégusté en agréable compagnie. Les plaisirs solitaires sont souvent l’expression d’une solitude ou d’une frustration et manger seul n’échappe pas à la règle. La mémoire du goût en enregistrant la saveur enregistre aussi le contexte dans lequel le plat est dégusté De plus, une trop grande consommation de sucre et sel  entraine une diminution de la sensibilité aux saveurs, car le goût est la transformation des molécules chimiques des aliments en saveurs par le  biais des récepteurs des papilles gustatives. Retrouver le goût, s’éduquer aux  saveurs devient absolument nécessaire pour apprécier les bons aliments. 
        En retrouvant les saveurs, nous pouvons mieux connaitre notre nourriture. Considérons-la comme un apprentissage des aliments et de leurs goûts qui va permettre de manger de manière plus adulte,  plus responsable et entrainer vers la découverte du plaisir que procurent des bons aliments.  Un plaisir maitrisé qui s’oppose à celui d’une jouissance infantile. Un plaisir conscient, personnel dans la connaissance de ses besoins et de nos préférences qui ne sera pas influencé par la publicité, pas plus que par les divers articles que l’on peut lire dans les magazines écrits par de pseudo experts vantant tel ou tel régime diététique, dictés par le besoin d’innover ou d’être à la pointe de la mode, voire même de la devancer.

        Il faut donc comprendre et admettre qu’il est meilleur pour sa santé, sa forme et son moral de choisir de bons produits, de les cuisiner amoureusement et de le déguster sans complexe, que l’on soit seul ou en aimable compagnie. Il faut également renoncer à créer une antinomie entre plaisir de manger et santé. Ces deux concepts fonctionnent parfaitement  ensemble, c’est un mariage qui nous fait du bien au physique comme au mental. 


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Vendredi 01 Avril 2016

Dimanche 1er Avril, les blagues sont de rigueur. Impossible d’y échapper, pas plus qu’aux petits poissons de papier qui vont venir orner le dos de nos vêtements à notre insu. C’est une tradition qui vient de très loin. Et les pâtissiers et chocolatiers fabriquent pour l’occasion des poissons en chocolat ou en pâte d’amande et même en Alsace des gâteaux en forme de poissons que tout le monde attend avec impatience.

Pour clôturer cette longue histoire de la pêche, nous allons essayer de résoudre l’énigme du poisson d’avril ? Qui est-il ce poisson d’avril ? D’où vient-il ? Quand est-il apparu ? Diverses solutions ont été proposées, certaines ressemblent à des poissons d’avril d’autres sont plus sérieuses.

Dans « Mon Dictionnaire de Cuisine », Alexandre Dumas propose pour expliquer l’expression Poisson d’avril, une déformation de « passion d’avril »  évoquant la passion du Christ. Un peu tiré par les cheveux d’autant que la date de la semaine Sainte change chaque année, mais le poisson symbolisait la Christ dans les débuts de l’Eglise catholique en raison de la similitude des deux mots en grec iKHtus pour le poisson, KHristos pour le  Christ qui de plus multiplia les poissons.

Il raconte ensuite une histoire que l’on retrouve un partout :

« François, duc de Lorraine, et son épouse, retenus prisonniers à Nancy et cherchant quel stratagème pour se sauver choisirent le premier jour d’avril. Tous deux déguisés en paysans, portant une hotte de fumier, sortirent de Nancy à la pointe du jour, et traversèrent la Meurthe à la nage. Ils durent leur salut à la          crainte qu’on a généralement du poisson d’avril. En effet, une femme les ayant reconnus alla en prévenir in soldat de la garnison du château qui ne fit qu’en rire, croyant qu’on voulait lui faire manger du poisson d’avril. Cette nouvelle parvint à l’officier qui s’imagina également que c’était un poisson d’avril et n’eut garde de se déranger. Cependant il en avertit le gouverneur qui envoya s’éclaircir du fait, mais il était trop tard ; les illustres voyageurs avaient pris les devants, et, grâce au poisson d’avril, ils échappèrent aux recherches. »

L’épouse de ce duc de Lorraine était la future impératrice d’Autriche Marie-Thérèse, mère de Marie-Antoinette. Le goût du déguisement en fermière était atavique dans cette famille !

 

Origine probable du poisson d’avril 

Charles IX, roi de France promulgua en août 1564 l’édit de Roussillon qui disait ceci

« Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instruments, contracts, ordonnances, édicts, tant patentes que missives, et toute escripture privé, l’année commence doresénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier.
Donné à Roussillon, le neufiesme iour d’aoust, l’an de grace
mil cinq cens soixante-quatre. Et de notre règne de quatriesme.
Ainsi signé le Roy en son Conseil”

Jusqu’alors l’année commençait le premier jour du mois d’avril. On avait l’habitude de s’offrir en cette occasion des cadeaux pour fêter l’année nouvelle, le plus souvent des cadeaux qui se mangeaient.
Des petits malins à partir de cette date, se gaussaient des étourdis et ignorants qui continuaient à fêter le nouvel an le 1er avril  en leur faisant des farces qui pouvaient être des cadeaux sous forme de faux aliments.

Mais pourquoi des poissons ?
Mars était considéré comme le mois des poissons, il est sous le signe zodiacal du Poisson, ce mois correspondait aussi à celui du Carême, période de jours maigres et de plats de poissons, des poissons séchés ou fumés car mars, période de frai pour les poissons sont des mois où la pêche est interdite. Comme les vrais poissons étaient interdits, on offrait des faux poissons de papier, de terre, en pâte à gâteaux ou massepain et plus tard en chocolat, imitant en cela les harengs secs jetés dans les rivières pour se moquer des pêcheurs.
Traditionnellement on pêchait vers la fin mars-début avril dans les étangs, période d’ouverture de la pêche quand le poisson était le plus abondant, période où l’on vidait les étangs, retirant les plus vieux et remettant à l’eau les plus jeunes. Fin mars-début avril est la période des alevinages.

Nous avons perdu cette coutume mais jusqu’au milieu du XXème siècle, il était de tradition de s’envoyer des cartes postales célébrant le 1er avril et souhaitant un bon mois d’avril. Elles font maintenant la joie des collectionneurs.

Avril, le mois du poisson

Faites d’Avril le mois du poisson, mangez-en car ils sont riches en protéines, en phosphore, en magnésium, en fer, en cuivre, en iode, en vitamine B et pour les poissons gras en vitamines A et D. Même les poissons les plus gras comme les thons, les saumons, les aloses et les murènes ne contiennent qu’entre 8 à 17% de lipides.

Mais pas n‘importe quels poissons, Avril est le mois de la sole, de l’alose, du colin, de la lotte.

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Mercredi 18 Mars 2015

 

 

En Occident, le goût de l’acide qui a été longtemps très présent et très recherché dans l’alimentation se perd peu à peu au profit du salé et du sucré et surtout de cette nouvelle saveur l’umami. L’aigre-doux est encore accepté à condition qu’il soit plus doux que aigre.

Cette transformation des goûts montre bien que le goût est très variant et a partie liée avec la culture en général. Le désir de douceur, de quiétude, d’ordre va de pair avec notre attirance pour le sans goût. Les cultures qui avaient mis en avant l’originalité, la controverse, la provocation prônent maintenant l’insipide, le normal, irons-nous jusqu’à l’agueusie ?

 On n’a jamais autant parlé du goût que maintenant qu’il tend à disparaitre, laissant la place à un goût imposé par l’industrie alimentaire qui uniformise les goûts afin qu’ils plaisent au plus grand nombre de consommateurs et par les bidouilleurs de plants et de semences qui mettent le goût des légumes et des fruits au dernier rang de leurs préoccupations.

 
Le rôle de l’acide

 Alors que l’acide représente justement la surprise, le heurt qui, maitrisé, va donner aux mets et aux boissons un équilibre et donc un plaisir encore plus grand. Les mangeurs le savaient bien et, contrairement à l’amer que la majorité rejette, l’acide est une saveur que les hommes ont su apprécier et même aimer.

En effet, environ 25% des recettes dans le mode contiennent du jus de citron qui est le produit acide le plus universel. Dans un plat, les effets antimicrobiens des épices et des aromates sont accrus lorsqu’on leur ajoute de l’acide, sous forme de vinaigre, verjus, jus de citron et du sel, acide qui de plus agit sur les bactéries diminuant de la sorte le temps de cuisson nécessaire pour les tuer.

De plus, les saveurs acides étaient réputées pour « inciser » les humeurs grasses et visqueuses et recommandées pour l’équilibre général de l’organisme. L’acide équilibre les sensations de saturation provoquées par les molécules de lipides et de sucre. En règle générale, les plats acides sont réputés raviver l’appétit et faciliter la digestion.
Ceci est vrai pour les pains au levain, les yaourts et les laits caillés, la choucroute et la vinaigrette, les sauces déglacées au vinaigre ou au jus d’agrumes, les condiments acides cornichons et fruits et légumes au vinaigre qu’une mayonnaise sera plus digeste si on l’allonge à la fin de vinaigre ou de jus de citron.

C’est pour cela que les préparations acides ou aigres pour accompagner les viandes et les poissons ont été très en vogue jusqu’au XVIIIème siècle et que nous apprécions davantage les vins moelleux dont la sucrosité est tempérée par un peu d’acidité. Qu’en Inde on sert des pickles et des chutneys en accompagnement des viandes et qu’on incorpore dans les recettes des yaourts ou du lait fermenté que l’on boit aussi tout au long des repas, qu’en Allemagne et en Alsace on sert du chou fermenté avec des charcuteries dans la choucroute, ainsi qu’un usage important du raifort. C’est aussi le rôle des marinades et des achards qui contiennent soit du vin et du vinaigre, soit du vinaigre ou des jus d’agrumes ou de fruits acides.

 
Où trouve t’on l’acide ?

Naturellement dans certains légumes et fruits. Parmi les légumes acides, on peut citer l’oseille, l‘aubergine, la rhubarbe, la tomate. Le choix est plus grand parmi les fruits : les agrumes, les framboises, les groseilles, les cassis, les raisins, les abricots, certaines variétés de pommes, les fruits de la passion, les kiwis et bien d’autres. Dans certaines épices et aromates comme le gingembre, le sumac, le raifort, la moutarde, la câpre et le cornichon...

Et, mais nous les avons déjà nommés, dans les produits fermentés le vinaigre, le verjus, le levain, les yaourts, la crème aigre, certains fromages blancs et la choucroute.


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Mercredi 04 Mars 2015

 

«C’est pas nous qui sommes à la rue, c’est la rue kétanou», ainsi que le chante

le groupe «La Rue Kétanou». Puisqu’elle est à nous, la rue, profitons-en pour la

découvrir.


 

Ruta graveolens-L, ruta : de la famille des Rutacées, graveolens, qui sent fort, L classée par Linné. Voila pour l’état civil. Elle porte des surnoms tellement contradictoires qu’on pourrait douter de son honnêteté, «belle fille» et «herbe de grâce», c’est plutôt attirant, mais «puante» et «abortive», ça sent le souffre, la marmite de sorcière, on en a brûlé et guillotiné pour moins que ça !

Cette plante, venue des Balkans et de l’Italie méridionale fut connue dès l’Antiquité. Très jolie vivace aux gracieuses feuilles polylobées qui porte des petites fleurs jaunes lumineuses, la rue pousse bien dans les terres sèches et ensoleillées et même à l’ombre dans mon jardin, son aspect est séduisant. Mais elle dégage une odeur forte et pénétrante, qui peut déplaire à certains et qui repousse les chats, les rongeurs et même les vipères (pour les langues de vipères, c’est moins efficace !).

Incontournable des jardins de simples, elle fait partie des plantes recensées dans le Capitulaire de Villis. Les feuilles séchées ou fraîches faisaient partie du bouquet que l’on plongeait dans les marmites de soupes et de pot au feu. Elles garnissaient également les salades, en petite quantité cependant, car à fortes doses, la rue peut-être toxique.

En raison de ses vertus apéritives, la rue entre dans la composition de vins, de vermouth. Dans la grappa, une eau de vie de marc de raisin, on fait traditionnellement infuser une branche de rue pour la parfumer.

L’huile essentielle de rue est appréciée de l’industrie agro-alimentaire et de la parfumerie car elle apporte un note semblable à celle des pois de senteur.

 

La rue dans l’assiette

Mâchez-en quelques feuilles et vous découvrirez l’amer dans toute sa splendeur. Quelques feuilles dans une salade de toma-tes ravivent le goût des olives de l’huile qui l’assaisonne. La rue fut d’abord l’un des ingrédients d’un condiment très prisé des romains, le moratum.

 

La rue, bonne pour la santé

Classée dans la catégorie des toniques-amers, la rue a toujours été utilisée en médecine pour faciliter la digestion et l’écoulement de la bile, et chasser les vers. Contenant de la rutine, elle est aussi vasoprotectrice. Grâce à certains alcaloïdes, la rue favorise l’acuité visuelle. Mais ce qui a fait sa funeste réputation sont ses qualités emménagogue (qui fait couler le sang) et abortive. Employée pour faire venir les règles, elle favorisait aussi les avortements, c’était la plante favorite des faiseuses d’anges.

Mais oublions cela et voyons plutôt ses côtés positifs. Elle a servi de protection contre la peste, pour des voleurs certes ... On raconte que pendant la peste de 1630

à Toulouse, 4 voleurs détroussaient sans dommage les pestiférés décédés en utilisant un masque trempé dans une décoction vinaigrée de plantes dont la rue, cette potion fut appelé le vinaigre des 4 voleurs.

Si vous êtes un peu paranoïaque, vous pouvez toujours vous préparer l’antidote de Mithridate en écrasant 20 feuilles de rue avec 2 noix et 2 figues sèches et un peu de sel pour vous prémunir contre d’éventuels empoisonnements.

«Mêlées au vin, la sauge et la rue l’empêchent de nuire.

La rue aiguise la vue,

L’infusion du fenouil, de la verveine, de la rose, de la chélidoine et de la rue l’éclaire Ecole de Salerne

 

 

Meilleure vision avec la rue et même acuité de la vision intérieure… Nous entrons dans un autre domaine. Ses vertus stupéfiantes la faisaient apprécier de certains artistes qui en consommaient pour favoriser leur inspiration, elle permettait d’aller au-delà, on disait qu’elle agissait sur le 3ème oeil. 

- 17:01 - rubrique Autour de la nourriture - Permalien - 1 commentaire

Dimanche 01 Mars 2015


 

Parmi les saveurs, l’amer est  la mal-aimée des saveurs. Son rejet est quasi instinctif comme le prouve le test qui a été effectué sur les nouveau-nés. A la naissance les nouveau-nés réagissent d’instinct aux saveurs. Lorsqu’on leur présente une cuillerée d’eau sucrée ils l’avalent instantanément, la même cuillerée salée est acceptée sans trop de difficulté, la cuillerée à la saveur acide provoque la grimace mais finit par être avalée alors qu’une cuillerée contenant un liquide amer est rejetée instinctivement. Pourquoi ce rejet de l’amer ? Vieux réflexe de survie que les premiers hommes ont développée lorsqu’ils pratiquaient la cueillette pour se nourrir et que la saveur amère correspondait le plus souvent à des végétaux toxiques. Et c’est aussi celle de l’histoire des hommes et de l’acquisition des goûts, car hormis le goût pour le sucré qui est inné, tous les autres goûts doivent être acquis.

A quoi est due l'amertume dans les aliments ?

Les corps amers les plus actifs dans les aliments sont dus à des alcaloïdes qui comprennent diverses substances aux propriétés moléculaires propres. D’où les variations importantes des seuils de tolérance qui varient selon les produits et les individus, mais qui restent généralement bas. Car plus que pour les autres saveurs, les seuils sont très variables d’un individu à l’autre, d’où des différences dans les rejets de consommation. Ces alcaloïdes correspondent à des toxines qui servent aux plantes à se protéger des agressions de leurs prédateurs.

 

Les hommes et l’amer, une relation compliquée

Actuellement, l’amer est une saveur que certains n’arrivent même plus à définir tant elle est absente de nos aliments quotidiens. Or, il n’en a pas toujours été ainsi. On peut certes accuser les préparations alimentaires industrielles qui uniformisent le goût des consommateurs en ne leur proposant que des saveurs facilement appréciables et reconnaissables, des saveurs primaires et

Infantilisantes -salé, sucré, douceâtre – qui ne heurtent pas les papilles. Mais s’il s’agit là d’une volonté politique de formater les goûts à des fins mercantiles, l’industrie agro alimentaire n’est pas seule responsable de la désaffectation de nos papilles pour l’amer.

Dans la nature, certaines plantes ont une saveur amère et instinctivement les hommes rejettent cette saveur. Ce rejet leur a bien souvent sauvé la vie, car beaucoup de plantes amères, chargées de constituants toxiques, sont des poisons dont quelques-uns peuvent être puissants.

Les saveurs amères étaient plus présentes dans une alimentation basée sur la cueillette et lorsque le ramassage de plantes sauvages était encore important. Par exemple, l’auteur du livre de l’Exode (12, 8) dans l’Ancien Testament lorsqu’il décrit les prescriptions de la Pâque : « On la (la chair) mangera rôtie au feu, avec des azymes er des herbes amères. ». Ces herbes amères sont certainement des herbes condimentaires cueillies. Mais peu à peu l’amer disparait de l’alimentation, d’abord au profit de l’acide et de l’aigre-doux, puis du gras et du sucré. Cela est dû à la désaffectation de l’intérêt pour cette saveur qui a entrainé les cuisiniers à la masquer par des artifices culinaires.

Pourtant le goût de l’amer s’atténue, voire disparait à la cuisson, ce qui signifie que les toxiques qui donnent cette saveur amère ont disparu aussi. Très vite, pour éliminer ces toxines, les hommes ont utilisé toutes sortes de procédés mécaniques comme le trempage des aliments dans l’eau, de longs rinçages après les avoir broyés. On s’était aperçu que la dessiccation et la fermentation permettaient également de faire disparaitre ces toxines.

 

Les hommes apprivoisent la saveur amère

Il était nécessaire de dompter les végétaux amers, car s’ils peuvent être en partie toxiques, ils sont également et paradoxalement chargés de constituants bénéfiques qui, bien dosés, peuvent être utilisés comme remède. D’où la nécessité de maîtriser cette saveur pour utiliser ces plantes à bon escient, une maîtrise qui a été longtemps la science des rebouteux, des guérisseurs, des chamans et des sorciers, ce qui explique aussi leur réputation sulfureuse. Il s’agit bien, en effet, d’immuniser peu à peu les systèmes enzymatiques par l’absorption de doses infinitésimales de substances toxiques. Les petites doses sont bénéfiques et les fortes doses dangereuses voire mortelles. Plus le goût est amer, plus le remède est dangereux. On peut avancer que l’utilisation de plantes amères dans les bouquets aromatiques lors de la cuisson de viandes dans de l’eau marque le double intérêt de ces plantes à la fois aromatiques et thérapeutiques. Habitude que nous avons perdue. D’ailleurs depuis que les hommes transforment les aliments en les cuisinant, ils ont essayé de masquer le goût de l’amer par le sucre et le lait dans les boissons comme le thé, le café et le cacao ; avant eux les Aztèques utilisaient le piment, question de culture. Dans la cuisine, on contrebalance la saveur amère par des saveurs acides et sucrées et c’est ainsi qu’on obtient l’aigre-doux qui eut tant la faveur des palais jusqu’à l’époque classique. Ambroise Paré avait découvert que les saveurs pouvaient transmuter sous l’action de la chaleur, c’est ainsi que le sucre ou le miel, chauffés, deviennent amers en caramélisant. Quelques chefs utilisent ce procédé, il y eut Bernard Loiseau et sa crème de chou-fleur que beaucoup de clients renvoyaient la pensant brûlée et maintenant Marc Meneau qui enrobe des viandes de caramel amer. Une alliance de saveurs vraiment très intéressante.

 

Le plaisir de l’amer

Pour nous protéger naturellement, notre organisme est extrêmement sensible à la saveur amère bien davantage qu’aux autres saveurs. Ceci permet, lorsque l’on maitrise cette saveur, d’apprécier les différences très sensibles des variations de l’amer. Car la maitrise de l’amer est primordiale. Elle permet des expériences gustatives passionnantes et étonnantes. La saveur amère étant froide et rafraichissante, valorise des autres saveurs, adoucissant les sensations de chaleur et les irritations agressives, c’est pour cela que les mélanges d’épices dosent subtilement les ingrédients contrebalançant la saveur amère par des saveurs acides et/ou sucrées, afin que chaque saveur influe sur une autre pour une harmonie de goûts. Pour dompter l’amer, une éducation au goût est indispensable, le plaisir de l’amer est alors de signe d’une maturité gustative affranchie des saveurs douces et sucrées privilégiées dans l’enfance. Cela permet d’apprécier des registres vastes de goûts complexes et d’apprécier des gammes aromatiques, même intenses. Hormis les herbes qui, pour la majorité d’entre elles, étaient utilisées à des fins essentiellement thérapeutiques, où détecte-on l’amer dans les aliments ? Rarement dans la viande et les poissons, si l’on excepte les parties fielleuses proches du foie. Dans beaucoup de boissons comme le café, le cacao, la bière, de nombreux vermouth et vins d’apéritif qui sont élaborés à partir de macération de plantes amères comme la gentiane. Le thé et certains vins, si les tannins sont trop importants développent une saveur amère, dans le vin cela peut devenir un défaut rédhibitoire appelé la maladie de l’amer. L’acide est plus présent dans les fruits que l’amer, mais l’orange amère, l’écorce des agrumes, l’amande amère et certains composants des noix ont cette saveur. Les légumes offrent davantage des gammes diverses d’amertume qui proviennent de molécules telle la saponine que l’on rencontre dans la fève et le pois chiche, l’asperge blanche, l’épinard, la pomme de terre et l’aubergine, et aussi l’endive et toutes les chicorées, l’artichaut violet et les chardons.

Notre classification occidentale actuelle limitant les saveurs à quatre, on peut aussi y adjoindre l’âcreté de certaines tomates vertes ou à collet vert, celles des Brassicacées ou d’Alliacées et de quelques Fabacées.

 

L’imaginaire de l’amer.

Nous évoquions, plus haut, l’importance des plantes amères dans les préparations de remèdes par des guérisseurs, il peut parfois n’y avoir qu’un pas entre le guérisseur et l’empoisonneur. Et la réputation très mauvaise des sorcières, qui étaient souvent d’efficaces herboristes par la science remarquable qu’elles avaient des plantes, était due en grande partie par le détournement de l’usage qui pouvait être fait de leurs médicaments en modifiant les dosages ou les mélanges. L’amer était aussi lié, mais nous y reviendrons, à la maladie et aux médications qui ont longtemps eu un goût amer. Ambigüité, l’amer sauve mais fait aussi souffrir, la rédemption par la souffrance, concept longtemps utilisé par la religion.

L’amertume, dans son sens élargi, évoque l’aigreur des sentiments ou l’acerbe des paroles. Ce mot a une connotation négative, il transcrit des ambiances de douleur, de tristesse, de chagrin et de ressentiment. Les personnes amères sont celles qui n’ont pas su dépasser leurs échecs, les blessures infligées par la vie. La littérature ou la poésie parle de phrases acerbes et fielleuses qui blessent ceux ou celles à qui elles sont destinées qui versent alors des larmes amères.

Le mot amer vient du latin amarus que l’on traduit par amer mais aussi par un grand nombre d’autres adjectifs de valeur différente mais très proche tels pénible, désagréable, aigre, mordant, âpre, sarcastique, voire même morose et acariâtre selon la signification voulue par les auteurs, cités dans le Gaffiot. Tout ceci n’est pas très joyeux, ni agréable, ni très optimiste.

 

Et pourtant, en gastronomie, l’amer valorise, porte les autres saveurs comme en musique les alti portent les autres voix, comme en peinture une couleur met en valeur une autre. Sans les alti, sans l’amer pas d’harmonie réussie. Les vrais amateurs de goûts, ceux qui ont su maîtriser la saveur amère accèdent alors à des plaisirs décuplés, inaccessibles à ceux qui ne peuvent ou ne veulent dépasser leur première répulsion. Pour le goût comme pour les arts qui font appel aux sens, la complémentarité est nécessaire pour obtenir une harmonie.

 

C’est une saveur effectivement porteuse de tabou. Elle est associée à la caféine, théine et autres alcaloïdes, substances qui peuvent être toxiques. Pour se prémunir du danger qu’elles représentent, l’évolution nous a pourvus de détecteurs susceptibles de les déceler, pour rejeter les aliments qui les contiennent. Un principe de précaution pour l’espèce, en somme.»

Les papilles sensibles à l’amertume, les papilles caliciformes (soit en forme de calice, manquait plus qu’un éclairage biblique dans cette histoire) se situent au fond de la langue. «Ce sont les derniers remparts avant la déglutition», explique Frédéric Brochet. «Elles nous envoient un message primitif du genre Stop, ne pas avaler. C’est donc une saveur d’initiation, à conquérir à son corps défendant, littéralement.»

La détection de l’amer

Lorsque nous découvrons un goût, le message sensoriel que nous envoient les papilles gustatives est une information sur les propriétés chimiques des aliments qui reste cependant floue. Réceptionnée par les neurones, ce message prend forme et devient une image sensorielle, mise en mémoire à l’intérieur du cerveau dans l’hypothalamus où elle sera intégrée et stockée, elle intégrera enfin notre conscience. L’hypothalamus est aussi le gardien du contexte dans lequel a été ingéré l’aliment, dans un contexte agréable l’aliment est apprécié, à contrario des circonstances pénibles, une mauvaise digestion peuvent entrainer une aversion de l’aliment ; l’interdit le plus fort étant celui du aux tabous religieux qu’il est difficile de briser. Le goût est comme un gardien de notre alimentation, autorisant ce qui est bon et connu, rejetant ce qui est mauvais et inconnu.

Les substances les plus amères sont produites par les plantes qui utilisent l’amer comme une défense contre les prédateurs herbivores et des agents pathogènes même si beaucoup d’organismes, dont l’homme, ont évolué en apprenant à les détoxifier. Les substances amères ne sont acceptées qu’à très basses concentrations. Il y a deux types de récepteurs, importants pour le goût, qui transmettent les informations, celles qui concernent l’amer sont les GPRCs (G Protein Coupled Receptors). Quand les récepteurs rencontrent un message sensoriel, une enzyme est activée, envoyant un second message dans les papilles. Ce second message déclenche une cascade de réactions qui, en retour, libère les neurotransmetteurs avec la production de stimuli nerveux.

On sait maintenant que cette localisation de perception des saveurs est fausse,  excepté pour l’amer.

 
Utilité de la saveur amère

L’amer est une barrière à l’ingestion d’un très grand nombre de composés de structures différentes. Tous ces composés suscitent la même réaction traduite comme amer sans plus de précision. Les chercheurs ont identifié environ 30 récepteurs qui sont tous quelque peu dissemblables, marquant, par exemple, une variabilité de 10 à 75% dans les compositions amino-acides, qui seuls répondent à des milliers de composés amers structurellement différents, chaque récepteur répond à un certain nombre de composés. Divers récepteurs utilisent probablement aussi divers systèmes pour transmettre les réponses sensorielles aux stimuli nerveux, mais ces mécanismes ne sont pas encore maintenant expliqués avec certitude.

 
 
 La sensibilité à la saveur amère.

Les individus ont des sensibilités différentes aux saveurs amères. Cette variabilité est provoquée par la sensibilité à l’amer de certaines substances, le phénylthiocarbamide et 6-n-propyl thiouracil, due à la présence d’un récepteur particulier de l’amer. On a découvert qu’une personne sensible à ces deux substances possède une plus grande densité de papilles fongiformes et est par conséquent plus sensible à la fois aux substances amères et sucrées. Le rejet de l’amer et de l’astringent diminue, en général, avec l’âge. Heureusement car l’amer est la saveur de nombreux végétaux riches en polyphénols, flavonoïdes, isoflavones, terpines et glucosinates que l’on trouve dans les plantes amères et tanniques. Il faut développer l’éducation au goût de l’amer qui encourage la consommation d’aliments riches en micronutriments et antioxydants dont notre organisme a besoin et qui présentent un intérêt considérable.

Rien n’est inné, on ne peut parvenir à une connaissance et une maîtrise des goûts et des saveurs que par un long apprentissage. Car ainsi que l’écrivait Jean-Anthelme Brillat-Savarin dans la deuxième méditation de la Physiologie du Goût

«Le goût paraît avoir deux usages principaux :

1° Il nous invite, par le plaisir, à réparer les pertes continuelles que nous faisons par l’action

de la vie.

2° Il nous aide à choisir, parmi les diverses substances que la nature nous présente, celles qui

 

sont propres à nous servir d’aliments. Dans ce choix le goût est puissamment aidé par l’odorat […] ; car on peut établir, comme maxime générale, que les substances nutritives ne sont repoussantes ni au goût ni à l’odorat.» 


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Dimanche 12 Mai 2013

 Nous avons vu dans le précédent article comment la période de la Renaissance a été féconde pour la gastronomie qui trouve alors un nouveau souffle et un début de théorisation des recettes. Les siècles qui suivent jusqu’à la révolution française vont continuer cette modernisation et cette évolution de l’art culinaire qui voit des nouveautés techniques et scientifiques modifier profondément les comportements et les habitudes culinaires. Si la vulgarisation de la fourchette est bien connue, celle de la profonde modification des systèmes de cuissons va bouleverser la préparation des plats qui tendent vers davantage de simplification.

Comment les inventions et idées nouvelles modifièrent l’art culinaire en France.

Le potager

Il ne s’agit pas ici du jardin dans lequel on cultive les légumes mais de l’ancêtre du fourneau dont ce dernier s’inspira.  Les grands potagers se trouvent dans les cuisines des grandes maisons et des maisons bourgeoises et ceux de taille plus petite dans les cuisines plus modestes. Nous avons vu dans l’article précédent sur le dessin des cuisines qui illustre l’ouvrage de B. Scapi, des rangées de fourneaux sur lesquels cuisaient des petites marmites. Ce fourneau va s’améliorer et devenir le potager qui est une grande révolution dans l’art de cuire les aliments avec concomitant avec l’utilisation des casseroles en cuivre.

Source wikipedia, cuisine du château de Balzac en Charente.

Diderot écrivait dans l’Encyclopédie et 1763 que le potager était « un meuble indispensable pour la cuisson des ragoûts », la possibilité d’y cuire plusieurs préparations en même temps, de cuisiner séparément les viandes ou poissons et les légumes consistait à une révolution en soi. Dorénavant toute cuisinière ou cuisinier, pouvait faire mitonner un ragoût tout en faisant cuire des légumes dans une autre casserole et préparer une sauce dans un caquelon. Le potager, pièce maçonnée, ne pouvait être présente que dans une cuisine, une pièce dédiée à la  cuisine, qui se répandit au XVIIe et surtout au XVIIIème siècle. Cuisiner à hauteur d’homme dans des récipients qui pouvaient cuire séparément a été une vraie révolution pour les cuisiniers et cuisinières.

A la fin du XVIIIème siècle, un lorrain, mécanicien de son état, un certain Mr Lavocat, mis au point une cuisinière portative au charbon, entièrement réalisé en métal. Elle préfigure les cuisinières du siècle suivant qui révolutionnèrent la manière de cuisiner.

Le beurre et la cuisine à la bourgeoise

Ce potager fut l’allié du développement de la cuisine au beurre et c’est ainsi que naquit la cuisine bourgeoise, une cuisine au beurre et friande de sauces liées. Mais tout ceci ne fut possible que grâce à l’évolution des ustensiles de cuisine : casseroles, poêles et poêlons fabriqués en cuivre puis en fer blanc, moins coûteux et plus maniable. Les manières de cuisiner « à la bourgeoise » se développèrent, il s’agit ni plus, ni moins que de faire revenir des légumes dans du beurre avec des petits oignons.

La cuisine au beurre coïncidait avec un goût nouveau pour les goûts plus simples. Et chose curieuse, alors que le prix des épices baissait du fait que les français avaient enfin brisé le monopole hollandais du commerce des épices, les français, et surtout les élites, se désintéressaient de celles-ci dont la  vulgarisation n’en faisait plus une denrée de luxe. Les seules épices qui  tirèrent leur épingle du jeu furent l’indispensable poivre, les clous de girofle et la muscade.  La grande nouveauté de la cuisine bourgeoise ce sont les sauces qui font encore partie intégrante des plats. Qu’il s’agisse d’un roux ou d’une réduction à partir du jus de cuisson. La mie de pain est remplacée par de la farine ou des œufs pour les liaisons des sauces. L’utilisation importante des épices est remplacée par des méthodes et des savoir-faire liés aux nouveautés techniques. Les prouesses techniques des cuisiniers remplaçaient les produits exotiques.

Gutenberg et la diffusion des recettes

Source : books, google.com

Tout cela était possible grâce à la diffusion des livres de cuisine. L’invention de Gutenberg a permis aux cuisiniers de répandre leur savoir. Les livres de cuisine furent beaucoup plus nombreux et destinés à un lectorat différent : la bourgeoisie. Menon publia en 1745 « La  Cuisinière bourgeoise ». Après « Le Cuisinier François » de La Varenne et « Les Délices de la campagne » de Nicolas Bonnefons, la bourgeoisie possédait ses livres de cuisine, destinés aux cuisinières des maisons bourgeoises qui proposaient une cuisine simple qui posa les principes de la cuisine française. Ces livres sont également riches en conseils pour installer une cuisine et choisir le bon matériel, en préceptes et en tour de main qui facilitent la réalisation des recettes autant pour les cuisinières expérimentées que les novices.

Le résultat est une extension de l’intérêt pour l’art culinaire et la gastronomie dans toutes les couches sociales. L’art culinaire n’est plus réservé à l’élite.

Malpighi et la découverte du goût

Un médecin italien, Malpighi (1628-1694), un grand utilisateur du microscope, découvrit le rôle les papilles gustatives et des muqueuses ce qui lui permit d’expliquer comment se formaient les sensations gustatives. Cette découverte ne se contenta pas d’être un sujet de conversation autour d’une table, cette découverte du rôle des papilles gustatives et un nouvel art de la table influencèrent la cuisine de l’époque classique. Le goût des aliments devint une chose importante, et surtout la redécouverte des qualités gustatives de chaque aliment. Il devint alors superfétatoire de masquer les goûts par des artifices. Les cuisiniers préfèrent les plats simples qui mettent en relief la saveur des mets. Ces découvertes renforcées par l’intérêt porté à la botanique et à l’agronomie modifièrent sensiblement les tendances culinaires de la fin de l’époque classique. C’était la mode des petits soupers intimes dans une salle à manger, autour d’une belle table fixe agrémentée d’une vaisselle de porcelaine, de verres en cristal et de couverts. Les convives y étaient peu nombreux et ont aimait réunir des gourmets soucieux de la qualité et de la variété des mets et des saveurs.

Une nouvelle cuisine naquit avec cette nouvelle convivialité. Plus légère, plus diététique, elle séduisit les aristocrates qui n’hésitaient plus à se mettre aux fourneaux et à donner leurs noms à des plats « ordinaires » de la cuisine quotidienne tel les petits pois St Germain ou le potage à la du Barry. Ces choix augmentèrent encore un patrimoine culinaire et la cuisine française devint alors un modèle de référence. Les cuisiniers incorporèrent davantage de technicité dans leurs préparations, montraient de l’intérêt  pour respecter l’harmonie des aliments et cuisinèrent des assaisonnements plus doux. En même temps, plus délicate, la cuisine se codifiait et se théorisait. Elle devint un sujet de réflexion en quête constante de nouveautés.

Le siècle des Lumières fut bien nommé dans le domaine de la gastronomie.

 
 

Mots-clés : Technorati

- 08:55 - rubrique Autour de la nourriture - Permalien - 1 commentaire

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L'histoire des légumes, des potagers, du néolithique à nos jours en passant par les abbayes. Plus une cinquantaine de recettes de Michel Portos, cuisinier de l'année 2012 GaultMillau, avec les accords vins de Patrick Chazallet. De très belles photos d'Anne Lanta, une préface de Christian Coulon pour la beauté de l'ouvrage. alt : Widget Notice Mollat Analyse sur un ton léger des rapports des femmes au vin de l'Antiquité à nos jours, les interdits, les tabous, les transgressions, se ponctuant par quelques portraits de femmes du vin contemporaines. alt : Widget Notice Mollat

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