S'identifier - S'inscrire - Contact

Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

Recherche

 

Mardi 31 Août 2010

café

 

Un p’tit noir, s’il vous plait ! Un expresso bien tassé ! Un café avec un nuage de lait ! Avec ou sans sucre ?Tassé ou léger, sucré ou nature, le matin, après déjeuner, voire même le soir avant de se coucher, le café fait partie de notre quotidien. On le découvre souvent très jeune avec le traditionnel canard et le plus souvent on l’adopte pour la vie.

 
 
LE CAFE
 


source: expresso professionnel

Le café poussait à l’état sauvage dans le sud-ouest de l’Ethiopie, sur les hauts plateaux de l'actuelle province de Haffa. Cette région est un des berceaux de l'humanité et il fut le royaume de la légendaire et non moins réelle reine de Saba. On connaissait les graines de café, il y a des milliers d'années au moins 2000 ans et peut-être plus encore 4000 ans si l'on en croit ce qui est écrit dans la Bible " le Livre de Samuel", chapitre XVII, verset 23 : " Il y avait du blé, de l'orge et des graines grillées." Ces graines grillées étaient-elles du café ?

Comme souvent pour les aliments qui ont une grande importance pour les humains, ceux-ci lui prêtent une origine mythique qui donne lieu à une légende. Ecoutez donc celle-ci.

 « Il était une fois un berger du nom de Kaldi. Un jour, Kaldi voit ses chèvres faire des bonds, se dresser sur leurs pattes arrière. Intrigué, il s'approche et remarque, à proximité, des arbustes inconnus recouverts de baies rouges. Il en cueille une, l'ausculte attentivement, la fait rouler entre ses doigts et se décide, prudemment à la croquer. Au bout de quelques instants, Kaldi sent une vigueur nouvelle en lui, la torpeur née de la chaude journée s'envole, il se sent une furieuse envie de danser! Perplexe, il rapporte ces baies au village. Tout le monde y goûte et dans les jours qui suivent, de nouvelles huttes apparaissent, les champs sont binés, les chemins élargis. La nouvelle de ce soudain dynamisme des villageois se répand vite et des marchands accourent pour acheter ces cerises miraculeuses mais également quelques arbustes qu'ils emportent avec eux vers les régions "de Yirga Chaffé et de Harrar". »

Un tel succès fit que le café fut cultivé dès le XVIème au Yémen.

Yirga Chaffé s'appelle aujourd'hui Yirga Alem et se trouve dans le Sidamo, au sud du pays, l'autre grande région productrice de café. Harrar, au nord-est, fut la première ville de négoce de café. Les négociants n'étaient pas des exportateurs éthiopiens mais des importateurs Yéménites, venus à la suite des perpétuelles invasions arabes, à partir du XIIIème siècle.

Au XVIIIème, les Européens, découvrant le café et se mettant à le boire, plantèrent le café un peu partout dans le monde: les Hollandais à Java et à Surinam, les Anglais en Jamaïque. L'or vert fut ensuite implanté dans les Antilles, en Amérique centrale et du sud. 

Tout est parti de Moka mais c'est du jardin du roi Louis XIV à Paris que les premiers plants de caféiers ont été envoyés en Amérique.




 

 

 

 

 

 


Mots-clés : Technorati

- 17:54 - rubrique Histoire des aliments - Permalien - 0 commentaires

Dimanche 01 Août 2010

fermeture pour congés

Arrêt momentané des articles pour cause de vacances.
Reprise des articles dans 3 semaines.
Bonne vacances à tous

- 09:00 - rubrique Actualités - Permalien - 0 commentaires

Samedi 31 Juillet 2010

Pâtissiers et pâtisserie au XX et XXIes siècles

L’art de la pâtisserie a atteint son apogée au XIXe siècle lorsque Carême mit tout son art et son talent dans la réalisation de monumentales pièces montées, véritables architectures de pâtes, de crème et de sucre. Sans fabriquer de tels monuments, les pâtissiers au XIXe siècle furent les inventeurs des gros gâteaux qui étaient consommés rituellement lors des grandes occasions : baptêmes, communions, mariages, fêtes carillonnées et anniversaires. Un autre rituel s’installa : l’achat à la sortie de la messe dominicale de gâteaux dans les nouveaux magasins qu’étaient les pâtisseries.

 

 

 

 

 

Pâtisseries-salons de thé.

Les pâtisseries eurent alors vraiment pignon sur rue. Ce furent de véritables magasins avec de grands présentoirs et des vitrines alléchantes, des vendeuses et des ateliers où officiaient des maîtres-pâtissiers. Anciennement pâtissiers ou cuisiniers dans de grandes maisons, ils s’étaient reconvertis en artisans à l’instar de leurs collègues qui ouvraient des restaurants. Les grands noms de la pâtisserie s’illustrèrent en créant dans ces lieux des gâteaux qui sont encore connus et dégustés. Ainsi Lacalm, non content d’avoir inventé la buche de Noël, laissa à la postérité un livre au titre aussi impressionnant « Mémorial historique et géographique de la Pâtisserie » que son contenu : 3000 recettes de pâtisseries, glaces et liqueurs. Le siècle était au monumental. Il y eut aussi Carême qui inventa la pâte feuilletée, le vol au vent et les meringues et laissa deux traités de pâtisserie : « Le pâtissier royal parisien » et « Le pâtissier pittoresque », ouvrage de vulgarisation des pièces montées monumentales de l’auteur. Dans un registre plus accessible, on se souviendra de Chiboust, créateur de la crème éponyme dont il garnissait les saint-honoré de son invention, bel hommage au patron des pâtissiers.   

Ce siècle vit aussi l’apparition du pain de Gènes, un véritable délice, du baba et du savarin,  des puddings, soufflés, charlottes et bavarois, des moscovites et des marquises etc. On les baptise des noms des grandes victoires : le Malakoff, des plus connues des cantatrices : le pêche Melba, et des prouesses techniques : le Paris-Brest qui célèbre la naissance du rail. Il serait fastidieux d’énumérer toutes les nouveautés, un coup d’œil dans l’Escoffier vous renseignera. Mais il est vrai que l’apparition des crèmes glacées autorisait bien des audaces : les bombes glacées et les parfaits étaient du dernier chic. Tout ceci fut possible grâce aux progrès des techniques, on savait garder au froid et on avait découvert comment cuisiner les gelées et surtout peu à peu la cuisinière et les fours devinrent de plus en plus performants en passant du charbon au gaz  et par voie de conséquence les cuissons plus précises.

Dans ces pâtisseries étaient installées des tables et des chaises où la clientèle pouvait s’asseoir pour déguster des pâtisseries tout en buvant le thé cette boisson nouvellement mise à la mode. A l’inverse du café,  le salon de thé attirait un public spécifiquement féminin. Dans une atmosphère feutrée et un décor raffiné, on vient pour se retrouver autour d’une tasse de thé, prétexte pour céder à sa gourmandise et papoter. On y trouve des veilles dames esseulées, des grands-mères avec leurs petits enfants, des femmes de tous âges, des adolescentes gourmandes et des amoureux qui font leur cour à leur dulcinée. S’il est vrai que la clientèle y est plus féminine que masculine, les gourmands y sont bien accueillis. Thé et chocolat dans les tasses, religieuses, éclairs, tartelettes et petits fours, toutes sortes de biscuits irrésistibles sont dégustés avec bonheur. Plaisir démodé, pas tant que ça, les plus grandes maisons de Paris ou de province ont encore des clientes fidèles et des gourmandes curieuses qui viennent passer un moment hors du temps dans ces lieux calmes et discrets.

 

 

 

 Tarte à l'abricot de l'abbaye d'Ambronnay

 

La pâtisserie au XXe et XXIe siècle

La pâtisserie évolue sans cesse au rythme des goûts, des découvertes de nouveaux produits, des modes et des manières de consommer. La pâtisserie industrielle a pris le relais dans la GD, enfermant dans des boites en plastiques dans des rayonnages réfrigérés les gâteaux qui ailleurs font rêver déposés sur des cercles de dentelle blanche et servis dans de délicates assiettes de porcelaine. La magie ne fonctionne plus de la même manière. Le gâteau n’est pas un produit de consommation comme les autres. Sa dégustation relève souvent d’un rite. Il évoque le plaisir, la pause gourmande, le temps suspendu. Il est très souvent lié à notre mémoire du goût et à des souvenirs d’enfance. Il demande une préparation soignée et attentive. Le faire voisiner dans un caddy avec les produits d’entretien est lui faire offense. Les pâtissiers le savent bien qui au cours des siècles ont rivalisé de savoir-faire et de talent, d’imagination et d’envie de faire plaisir pour inventer ou reproduire des gâteaux beaux et irrésistibles qui satisfont les sens, tous les sens et qui sont de parfaits objets de désir puisqu’il est impossible ou difficile de les réaliser soi-même. Car l’art de la pâtisserie est un art de rigueur, de précision et de patience. L’à peu près n’y est pas de mise dans des compositions où l’on pèse les ingrédients au gramme près. Où la cuisson ne doit pas dépasser d’une minute le temps déterminé, où la mise en place d’un dessert ne supporte pas la main qui tremble. Le talent des plus grands est proche parfois du génie. Ils ont été et sont encore des personnalités reconnues dont on parle dans la presse et les médias et les livres dans lesquels ils délivrent leurs secrets ont leurs lecteurs fidèles et sont souvent en rupture de stock. Le rêve toujours et la gourmandise qui est un réconfort indispensable.

Les pâtisseries sont toujours là et leurs étals toujours aussi garnis. Certes les goûts ont changé, si les religieuses, éclairs, millefeuilles (qui reste le gâteau préféré des français) et babas ont toujours leur place, d’autres douceurs ont fait leur apparition. Les gâteaux au chocolat sous de multiples formes, des préparations élaborées, le tiramisu et autres verrines. Beaucoup de pâtissiers ayant travaillé dans les grands restaurants ont allégé leurs gâteaux. Moins lourds, plus digestes, ils se laissent déguster à la fin d’un repas même un peu copieux, leur apparence avivant autant les sens que leur goût.

Certains pâtissiers se sont créées une célébrité grâce à une seule production phare, tel Ladurée et ses sublimes macarons. D’autres comme Hermé sont devenus aussi célèbres que leurs illustres prédécesseurs et publient des livres de pâtisserie dont les tirages n’ont rien à envier aux plus célèbres best sellers.

 

Les interdits alimentaires ne sont pas encore venus à bout de ces délices gourmands, heureusement. Les pâtissiers et les pâtisseries ont de beaux jours devant eux. Il n’y a qu’à voir les files d’attente le dimanche et les jours de fête chez les pâtissiers. Si le rituel de l’achat du gâteau du dimanche à la sortie de la messe a disparu parallèlement avec la baisse du nombre des pratiquants, les achats de gâteaux relèvent davantage du coup de cœur,  de l’envie spontanée, de l’achat plaisir pour soi ou pour ceux chez qui l’on va déjeuner. Les pâtisseries sont symboles de plaisir, de fête, d’exception.  

 
 
Millefeuilles aux framboises (Itthuria)
 
 

- 09:00 - rubrique Histoire des aliments - Permalien - 3 commentaires

Samedi 17 Juillet 2010

La Renaissance ou la folie du sucre

A fin du Moyen-âge-début de la Renaissance, l’utilisation régulière du sucre - qui remplaçait le miel pour les pâtisseries, fruits confits et confitures-,   l’apparition des fruits puis du chocolat dans les préparations font prendre un tournant à la profession. Les mangeurs montrèrent un grand intérêt pour les douceurs et les sucreries. On cessa peu à peu de sucrer les plats de viande et de poisson, pour réserver le sucre aux mets de fin de repas, desserts ou entremets, crèmes ou tartes. Les livres de cuisine et ceux de confitures confirment cette nouvelle passion.

Le XVème siècle montre une évolution des tendances, pointe un goût pour le sucre, ingrédient qui entre en force dans les recettes et  sert aussi à conserver les légumes comme nous verrons dans les recettes de conserves de légumes que donne Olivier de Serres dans son « Théâtre des champs ».

" Plusieurs racines, herbes, fleurs et fruits, y a-il propres à confire : plusieurs matières aussi en sont les moyens ; et par divers chemins on y parvient. Quant au sujet de la confiture, il est si ample, qu’il ne se restreindra qu’à la volonté : mais touchant la matière, nous-nous arrêterons au sel, au vinaigre, au moût, au vin-cuit, au sucre et au miel, comme en étant les plus valeureuses et plus connues parmi nous : et la façon en sera au liquide et au sec"

 

Pois et fèves, artichauts, laitues, petits melons et concombre

Confits.
Le printemps sert aussi la saison à confire des pois et fèves en gousses, les prenants verts, non encore murs, ainsi tendres, commençants à faire graine. Ces deux fruits pour la sympathie de leur naturel se confiront ensemble. Des gousses de pois et de fèves les plus grosses qu’on pourra choisir, vertes et tendres, seront cueillies au jardin, et tout fraichement, sans leur donner loisir de se flétrir, après les avoir lavées avec de l’eau claire, seront mises dans la saumure, pur y demeurer dix jours, pour le moins. Le sel a plusieurs regards ôte l’odeur sauvage et naturelle du fruit : affermit le fruit, pour résister à la violence du sucre en le confisant et lui conserve sa naïve couleur… Passés les dix jours, les pois et fèves pourront être tirés de la saumure. … Là en abondance d’eau fraiche, ils tremperont six ou sept jours, à chacun remuant d’eau nouvelle, trois ou quatre fois, et en somme, jusqu’à ce que le fruit ne tienne rien du salé, ce que reconnaîtrez à la saveur, ouvrant un pois et une fève des plus gros et à l’intérieur les goûtant.
Etant dessalés les pois et les fèves, le passage s’en fera bouillant dans l’eau, pour tant plus assurément ouvrer. Puis un peu séchés sur des serviettes, en suite posés dans la terrine vitrée, finalement le sirop liquide et bouillant sera jeté par-dessus, par la continuation de dix jours, deux fois chacun, accommodant le sirop par augmentation de cassonade et rebouillemens, jusqu’à la perfection, comme a été montré. Et à ce qu’avec quelque aisance, l’on vide la terrine coup à coup ... Et par telle commodité, vos fruits demeurant assurés dans la terrine, ne se froisseront nullement.»

Olivier de Serres, huitième lieu, Chapitre II, la façon des Confitures.

 

Au XVIe siècle, il n’y a pas que 1515 à retenir mais 1555. Car en 1555, Nostradamus, apothicaire écrit son grand traité des confitures. On y trouvait toutes sortes de recettes qui utilisaient encore le miel mais beaucoup le sucre pour confire. Car les confitures sèches, c'est-à-dire les fruits confits  étaient tout autant  prisées que les confitures que nous consommons encore.

Le sucre devint omniprésent dans la pâtisserie. Les gourmands se délectaient de pâte d’amande, de confitures, de confiseries. Les pâtissiers découvraient les fruits exotiques comme les abricots et les incluaient dans leurs préparations. Ils fabriquaient quotidiennement  des tartes  et des tourtes aux fruits, parfois  garnies de crème pâtissière laquelle avait été d’après la légende inventée par Apicius.  Ils utilisaient également des parfums et des liqueurs de fruits et de fleurs pour apporter des saveurs nouvelles à leurs gâteaux.

C’est l’époque où l’on inventa les choux et la crème fouettée, les meringues et les macarons. Les gastelliers et fouaciers mirent au point  des pâtes sucrées pour fabriquer des biscuits de toutes sortes. La mode des pains d’épices moulés dans des moules en bois représentant des figurines  fut lancée avec le succès que l’on sait.

Mais on trouve hélas que très peu de recettes dans les livres de cuisine encore peu nombreux, car le sucre était une denrée chère.

 

 

La bataille des pâtissiers et des boulangers trouvent une issue.

Fort marris par l’offrande au roi d’une galette par les boulangers, offrande réitérée chaque année, les pâtissiers entamèrent un procès au début du XVIIIe siècle  contre leurs adversaires et finirent par obtenir d’être les seuls à avoir le droit d’employer du beurre, des œufs et du sucre dans leurs préparations.  A partir de ce moment, les pâtissiers eurent le vent en poupe et firent preuve d’une belle imagination dans leurs créations. Les nouvelles habitudes sociales lors des baptêmes et des mariages où l’on se mit à offrir pâtisseries et dragées leur permirent de réaliser des créations originales et de somptueux gâteaux. A l’occasion de ces cérémonies, les pâtissiers construisaient de véritables chefs d’œuvre architecturaux, des constructions en sucre, de merveilleux gâteaux de rêve.

On ne peut passer sous silence, le rôle des moniales-pâtissières qui inventèrent des succulentes douceurs. Ignorant les injonctions des Pères de l’Eglise qui considéraient la gourmandise comme un des 7 péchés capitaux, elles mirent toute leur foi et leur savoir-faire dans l’invention et la réalisation de macarons, de madeleines, de feuillantines, de croquants dont les recettes sont restées dans les monastères et qui y sont de nos jours toujours fabriqués.

 
 Comme illustration de ce chapitre je vous propose une incursion dans la Rôtisserie des poètes où exerce le pâtissier-poète : Ragueneau. C’est lui qui offrira à la duègne des darioles, des petits choux à la crème, des poupelins afin que Cyrano et Roxane puisse jouir d’un moment d’intimité.

Au lever du jour, alors que Ragueneau finit de rimer, les pâtissiers apportent une pièce montée de fruits en nougat, des flans, un rôti paré de plumes en forme de paon, des roinsoles (gâteau), une terrine de bœuf en daube des tarte et tourtes, des pains et une lyre en pâte à brioche avec des fruits confits et des cordes en sucre filé. Plus des poètes affamés viendront manger des brioches, des pains d’épices, des choux à la crème et moult gâteaux pendant que Ragueneau écrit son poème

 

Comment on fait les tartelettes amandines

Battez, pour qu’ils soient mousseux,
Quelques œufs ;
Incorporez à leur mousse
Un jus de cédrat choisi ;

Versez-y
Un bon lait d’amande douce ;

Mettez de la pâte à flan

Dans le flanc

De moules à tartelettes ;

D’un doigt preste, abricotez

Les côtés ;

Versez goutte à gouttelette

Votre mousse en ces puits, puis

Que ces puits

Passent au four, et, blondines,

Sortent en gais troupelets,

Ce sont les

Tartelettes amandines.

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte II, scène IV

Mots-clés : Technorati

- 09:00 - rubrique Histoire des aliments - Permalien - 2 commentaires

Mercredi 07 Juillet 2010

Le Cuisinier

Martin Sutter, dans ce livre, offre une intrigue captivante qui aborde les grands problèmes de notre époque : trafics d’armes, guerres civiles, travailleurs clandestins et culte de l’argent. Ecrit dans un style d’une grande efficacité, l’auteur traite un sujet scabreux avec délicatesse. Parce que son héros reste fidèle malgré tout à ses propres convictions ?

Sexe, cuisine et trafic d’armes.

L’histoire commence dans un restaurant suisse « nouvelle cuisine » très branché, fréquenté par le gotha des médias, de la politique  et de la finance. Maravan, un jeune réfugié tamoul, y exécute les basses tâches, les seules autorisées par son statut de demandeur d’asile titulaire d’une carte « N ». Au Sri Lanka il était un jeune cuisinier doué, inventif et prometteur, spécialiste de cuisine ayurvédique apprise en regardant sa grand-tante manier les épices et les herbes, en mémorisant ses gestes. Obligé de fuir son pays en raison de ses origines tamoules, la cuisine est davantage qu’un métier pour lui, c’est une passion qui lui permet de « métamorphoser du froid en chaud, du dur en moelleux, de l’aigre en doux ». Il cuisine chez lui pour retrouver les parfums et les saveurs de son enfance et s’est initié à la cuisine moléculaire dont il se sert pour apprêter les préparations ayurvédiques.

Il est renvoyé de ce restaurant. Un jour Andréa, une de ses collègues qui a découvert qu’il maitrise parfaitement la cuisine aphrodisiaque, lui propose de s'associer avec elle pour créer un service de restauration à domicile qui livrerait des repas aphrodisiaques pour des clients à la sexualité défficiente. D'abord réticent en raison de ses convictions et de la crainte d’y laisser sa passion, il finit par accepter pour aider financièrement sa famille qui vit dans la tourmente provoquée par le conflit qui oppose le gouvernement du Sri Lanka aux Tigres tamouls et sa grand-tante gravement malade. Jusqu’à ce que…

Il ne s’agit pas seulement d’épices et de sexe mais aussi de trafics d’armes et d’influences sous fond de crise financière, et
d’une réflexion morale sur ce monde bien malade. On y côtoie des industriels sans scrupules, des Tigres tamouls rançonneurs, des hommes de réseaux qui servent de liens à tout ce petit monde, des call-girls qui servent d’appâts lors de Love diners, une jeune femme décomplexée et libre et un cuisinier tourmenté face au cynisme de l’argent roi.
Chaque personnage tient un rôle important dans cette histoire complexe qui fait aussi saliver de plaisir et d’envie à la description des préparations culinaires de Maravan (cf voir le cahier de recettes à le fin du livre).
Ce thriller au rythme enlevé et très documenté nous livre un portrait sans complaisance de notre monde actuel, un tableau sans concession au milieu duquel se débat Maravan.

Ce livre m'a captivé du début à la fin, j'ai pris un très grand plaisir à le lire. Le héros est un personnage attachant et sympathique et avec lui nous découvrons le Sri Lanka et la guerre civile qu'a vécue ce pays. Etranger dans le pays où il travaille, il nous fait découvrir la vie -vue de l'intérieur- des travailleur immigrés, les moeurs des tamouls et leur adaptation aux moeurs du pays qui les accueille. Les descriptions des clients de leur Love Food et ceux du restaurant où les deux héros travaillaient dévoilent l'état de décomposition morale d'une société qui n'a que l'argent et le profit pour credo.

 


 

- 09:00 - rubrique Livres - Permalien - 0 commentaires

Samedi 03 Juillet 2010

Histoire des pâtissiers et de la pâtisserie

Abaisse, foncer, abricoter, étirer, glacer, saupoudrer, fouetter… qui fait ça ? Les pâtissiers.

Oublies, gâteaux, galette, tarte, tourte, feuillantine, financier, choux, millefeuille, paris brest, éclair et religieuse, chibouste, frangipane, financier, madeleine ,macaron, meringue,  casse-museaux, amandine, pâte feuilletée, pâte brisée, pâte sablée, brioche, petit filé, petit et grand cassé, petit boulé, caramel, nougatine, dragée…..Qui fabriquent cela ? Les pâtissiers.


Lubin Baugin, dessert de gaufrettes, musée du Louvre

 
Pâtissiers et pâtisserie

 La corporation des pâtissiers a vu le jour en 1270. Chez les rois capétiens, un pâtissier était attaché à la Maison du Roi. Le grand St Louis, ce roi très chrétien, pour satisfaire la gourmandise et le plaisir de ses sujets, autorisa les pâtissiers à travailler le dimanche. Peut-être faut-il voir dans cette décision l’origine du passage traditionnel chez le pâtissier à la sortie de la messe du dimanche.


Brueghel, la guilde des pâtissiers

 
A la source du mot

Le métier de pâtissier est donc très ancien et à l’époque dont nous parlons, il était difficile encore de faire la différence entre pâtissier, boulanger et oyer rôtisseurs. Ces derniers en effet confectionnaient des pâtés de poisson, de volaille et de viande. Ce qui est certain est l’étymologie de leur nom. Il vient de pâte, pasta en latin et en grec où il désigne une sauce ou une bouillie de céréales. Les pâtes sont des préparations de farine mélangée à d’autres ingrédients. Cela a donné du pain, des galettes et des biscuits en tout premier lieu confectionnés par des boulangers, des pâtissiers et des biscuitiers.

A l’origine, ceux que l’on nommait boulangers confectionnaient des pâtes dans lesquelles ils incorporaient des hachis de viande, de poisson voire même des mélanges sucrés souvent à base de fromage frais ou des crèmes. Plus tard le nom devint pâtissier en référence à la matière de base de cette profession. Mais cette profession était très spécialisée, chaque artisan ne pouvait préparer qu’une seule préparation dont il prenait le nom. Il y avait des échaudeurs qui fabriquaient des échaudés, sorte de galettes pochées dans de l’eau bouillante, des gimblettes.  Des gastelliers qui fabriquaient des gasteaux, talmousses, craquelins. Des oubloiers qui  proposaient des oublies - fines gaufres enroulées en cornet-  ils pratiquaient la vente ambulante dans les rues. hormis certains dimanches de fêtes où ils créaient des oublies décorées d’inscriptions ou de motifs religieux et les vendaient . Et les gaufriers des gaufres.


Marchand de gâteaux ambulant

Les pâtissiers, que l’on ne distinguait pas toujours des rôtisseurs, cuisinaient des pâtés, des tourtes des mets prêts à cuire ou cuits, des gelées, des sauces et des ragoûts ; plus tard ils purent tenir cabaret. Tous ces marchands tenaient boutique et étaient aussi marchands de pâtes ambulants. Ils représentaient parfaitement cette cuisine de rue si typique de l’époque, qui permettait de se ravitailler à la boutique et surtout auprès d’un marchand ambulant qui vendait dans la rue et faisait cuire dans des petits fours mobiles. Chaque spécialité avait sa rue selon la tradition, le rue des cuisiniers oyers, des oubloiers, des pâtissiers… Cette cuisine de rue destinée au menu peuple dont les maisons étaient mal ou même pas équipées pour cuisiner proposait des pâtés, des flans, des tartelettes, des darioles, des rissoles, des morceaux de viande rôtie. 

 
Une profession à part entière

La corporation était très bien organisée et possédait des statuts qui exigeaient d’avoir confectionné un chef d’œuvre pour pouvoir devenir maître et s’installer et qui avait édicté des règles strictes de fabrication et de vente. Il existait en effet, une méfiance envers les produits des pâtissiers car la garniture hachée est cachée et son goût est souvent masqué par des aromates. Et surtout, il existait tout un réseau de ventes de reliefs et d’invendus, manière de faire qui dura très longtemps d’ailleurs. La corporation, à partir de 1270, surveilla très sévèrement la profession en faisant paraitre une ordonnance interdisant l’utilisation des restes de pâtes qui devaient être toutes vendues le jour même de leur fabrication. Il était interdit d’utiliser pour la fabrication des produits douteux tels des œufs pourris, du lait tourné ou des viandes avariées.

En 1440 le métier de pâtissier devint distinct de celui de boulangers. La profession se spécialisa mais le champ des fabrications possibles restait restreint et se spécialisa. Les pâtissiers avaient le droit de préparer toutes les pâtes à biscuit, à choux et à tartes ainsi que des meringues et des macarons. Mais les deux corporations ont entretenu une réelle rivalité durant des siècles. Les boulangers continuèrent à fabriquer des brioches et chaque année offraient au roi une galette des rois.


Mots-clés : Technorati

- 09:00 - rubrique Histoire des aliments - Permalien - 0 commentaires

Mercredi 30 Juin 2010

Le pâtissier pittoresque de Carême

 

Jamais plus on ne verra ces architectures sucrées qui se dégustaient autant avec les yeux qu’avec la bouche. Elles sont délicieusement surannées et portent la marque d’une époque où le spectaculaire l’emportait sur  le bon et le comestible. Retour sur le grand œuvre du grand Antonin Carême et son « pâtissier pittoresque ».

 

 
source: http://www.netleprofessional.com

Quand je serai grand, je serai architecte

Antonin Carême, le prince des cuisiniers et le cuisinier des rois, aurait mérité également le titre de prince des pâtissiers tant son travail et ses réalisations dans ce domaine étaient tout à la fois remarquables et uniques. Il fut en effet, le maître de ces desserts absolument époustouflants, de véritables architectures en biscuits, pastillages, sucres et crèmes de toutes les couleurs.

Ces desserts sont avant tout l’expression d’une manière de manger à la française, un temps pré-Révolution Française où les plats posés au milieu des tables rivalisaient de somptuosité et d’originalité pour se faire remarquer. Mais pourquoi de telles constructions ?

On peut imaginer un héritage des tables d’antan, des repas princiers, certes. Mais se serait méconnaitre la passion dévorante de Carême pour l’architecture. S’il avait pu cet éminent cuisinier aurait été architecte dans une autre vie. Il passait ses heures de liberté à la Bibliothèque Royale à lire et recopier des traités d’architecture. Et s’il savait par cœur son Taillevent et le traité des confitures de Nostradamus, il pratiquait un compagnonnage régulier avec Vitruve, Mansart et Vignole.

Ce livre révèle ses deux passions. Tout d’abord Carême explique comment fabriquer les pâtes et autres biscuits, indispensables appareils sucrés qui servent de squelettes à ces gâteaux. Suivant une douzaine de réalisations avec dessins à l’appui et explications techniques, une cascade de Rome antique côtoie un ermitage russe, un pavillon chinois ou un grand pavillon gothique de 44 colonnes (et oui !). La maison en biscuit, langues de chat et glaçage de chocolat que j’avais amoureusement réalisé pour l’anniversaire d’un de mes enfants fait figure de gribouillage d’enfant attardé !


source:http://www.talleyrand.org

Et pour terminer, un regard sur l’architecture, une partie dans laquelle Carême détaille les cinq ordres d’architecture : trois ordres grecs : le dorique, l’ionique, le corinthien et deux romains : le toscan, et le composite accompagnés des secrets de fabrication de son mastic alimentaire (sic). Connaissances  indispensables pour tous les pâtissiers dignes de ce nom s’ils veulent que leurs gâteaux tiennent debout.

Fort de ces conseils, vous allez pouvoir réaliser une statue équestre de l’homme de votre vie pour son prochain anniversaire. Pour ma part, j’opterai pour une fausse ruine dans l’esprit romantique, c’est plus sûr !

Ce livre est un résumé du "vrai' livre qui contient 128 planches d'architectures pâtissières.


Mots-clés : Technorati

- 09:00 - rubrique Livres - Permalien - 0 commentaires

Dimanche 27 Juin 2010

confiture de rhubarbe

 J'ai trouvé un vendredi matin sur le marché et chez mon marchand préféré un cageot de rhubarbe. Aussitôt vu, aussitôt acheté dans l'idée de faire de la compote pour le dessert et surtout une des confitures que je préfère.



Voici comment j'ai procédé.
D'abord premier conseil: il faut incorporer le même poids de sucre que vous avez de rhubarbe sinon vous obtiendrez une confiture trop acide.

La veille au soir, j'ai épluché les pieds de rhubarbe et les ai découpés en tronçons d'environ 1 cm. Je les ai mis dans un grand récipient avec le sucre et j'ai laissé macérer toute la nuit.



Le lendemain, j'ai versé le contenu du récipient dans une passoire, j'ai mis le jus récupéré dans la bassine à confiture et je l'ai fait cuire à feu modéré pour que le jus réduise de moitié.
J'ai alors versé les tronçons de rhubarbe dans le jus réduit et j'ai fait repartir la cuisson à bon feu en remuant de temps en temps. Lorsque l'écume est apparue, j'ai incorporé une noisette de beurre. C'est beaucoup plus facile de recueillir l'écume qui va se porter sur les bords de la bassine.



Lorsque j'ai estimé que la confiture était cuite, c'est à dire assez épaisse et nappant la louche, j'ai rempli les pots.
Et voila, des belles confitures à déguster et à offrir.

- 09:00 - rubrique Recettes - Permalien - 1 commentaire

Plus d'articles :

Mon livre

Analyse sur un ton léger des rapports des femmes au vin de l'Antiquité à nos jours, les interdits, les tabous, les transgressions, se ponctuant par quelques portraits de femmes du vin contemporaines. alt : Widget Notice Mollat

Tous les articles publiés

Parcourir la liste complète

Annonces

Inscrivez-vous à ma lettre d'informations

Inscription désinscription

J'en ai parlé

Archives par mois

Abonnez-vous

ABONNEZ VOUS SUR