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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Mardi 30 Septembre 2014

  Ce livre est un vrai coup de cœur, la découverte d’œuvres rares et de l’imaginaire gustatif japonais. A lire toutes affaires cessantes. Lu il y a un an et relu avec le même plaisir.



Ryoko Sekiguchi, une jeune japonaise née en 1970 à Tokyo, fut attirée par la France et sa riche culture à tel point qu’elle s’installa à Paris en 1997. Depuis elle a fait sa place, publiant des ouvrages et participant à des évènements. Très intéressée par la gastronomie, elle a traduit avec Patrick Honoré des nouvelles d’auteurs japonais qui ont été écrites entre le XII et le XXème siècle.

Ce vaste écart de temps permet de percevoir combien la nourriture est importante dans la littérature japonaise et combien la cuisine y est largement représentée par la grâce des auteurs, autant dans sa préparation, sa présentation que sa dégustation. Comme l’écrit Ryoko Sekiguchi dans sa préface : « Récemment, j’ai constaté une chose curieuse : qu’est ce que ça bouffe alors, dans les romans japonais ! Beaucoup. Souvent. La scène de table, ou plus largement l’acte d’absorber aliments et breuvages, fait figure de motif immanquable de la fiction moderne et contemporaine. »

Des souvenirs de saké, de sushis, des préparations de tofu et de champignons, d’étonnants textes sur la faim et l’attente du repas et le point d’apothéose, le sublime club des gourmets qui donne son nom au recueil et qui évoque l’imagination gustative, la suggestion liée à l’inconnu et au danger. C’est une nouvelle remarquable et tellement originale par son thème, je n’ai jamais rien lu de semblable et cela m’a ravi.

 Chaque nouvelle est suivie d’une présentation rapide de l’auteur, souvent inconnu de la plupart des lecteurs occidentaux, et  des réflexions que cette nouvelle inspire à Ryoko Sekiguchi.

L’étalement dans le temps est intéressant, permettant aux lecteurs de découvrir la cuisine de tous les jours, l’évolution de l’art culinaire et des manières de manger et surtout  le rapport à la nourriture érigé en art pour certains auteurs donc pour nombre de japonais.

Ces dix auteurs laissent parler leur imaginaire culinaire et gastronomique, celui de leur pays et de leur époque entrainant les lecteurs dans un rêve gustatif et sensoriel qui nous ouvre les portes de l’âme japonaise.

            

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Jeudi 21 Août 2014

 

 

Un peu d'histoire est toujours intéressant, mais maintenant passons à la pratique. Comment utilisez le vin en cuisine et les recettes de base pour réliser les plats traditionnels de la cuisine au vin.

 

 

1-       Les marinades

Il s’agit d’un mélange de vin et de condiments dans lequel baignent des viandes : gibier, abats ou des poissons. Les marinades possèdent plusieurs finalités :  donner un goût de gibier aux viandes de boucherie, adoucir le goût très fort de certains gibiers, aromatiser les viandes,  attendrir les fibres de certaines viandes et les conserver (cette dernière raison était surtout valable pour les poissons).

Il existe trois types de marinades :

  •          La marinade cuite (pour viande de boeuf et venaison): on ajoute au vin, rouge ou blanc, de l’ail, un bouquet garni, des carottes, des échalotes, de l’oignon, de l’huile, des queues de persil, du sel et un peu de vinaigre et on fait cuire. La marinade est mise à refroidir, puis est versée sur les viandes.
  •          La marinade crue (pour gibier et viande de boucherie) : même ingrédients que pour la marinade cuite, mais ces ingrédients sont employés directement.
  •         La marinade instantanée se compose d’ingrédients variables selon qu’on cuisine des poissons ou des ingrédients pour pâté, terrines et galantines

Dans tous les cas, on retourne les pièces plusieurs fois dans la marinade et les pièces sont ensuite égouttées pour la cuisson.

Lorsque les pièces sont rôties au four, la marinade sert alors à déglacer les sucs de cuisson ou à préparer une sauce.

 

 

2-      Les matelotes

A l’origine, « le plat de matelots »  est une étuvée de poissons, le plus souvent d’eau douce (anguille, brochet, carpe, truite, alose, barbeau), préparée au vin rouge ou blanc et des aromates. Les matelotes sont courantes dans les pays de Loire, la vallée du Rhône, en Languedoc et en Aquitaine. Les poissons cuisent dans les mêmes ingrédients que ceux de la marinade. A la fin de la cuisson, les morceaux de poissons sont retirés, le jus de cuisson est réduit, puis lié au beurre ou à la crème. Les matelotes sont généralement servies avec une garniture de petits oignons, champignons et lardons, autrefois des écrevisses au court-bouillon, et des croûtons frits.

Quand on cuisine des poissons de mer, la sauce est additionnée de moules ou de crevettes. 

Par extension, la matelote se cuisine aussi pour la cervelle, le sauté de veau, et des œufs durs ou pochés. 

Dans son « Guide culinaire », Escoffier donne une précision concernant les matelotes, la Marinière ou la Meunière.

«  La différence à établir entre elles, est que la Matelote Marinière se mouille au vin blanc, comporte la garniture ordinaire des matelotes, et que sa sauce se traite par réduction de court-bouillon ; tandis que, en principe, la Matelote à la Meunière ne comporte comme garniture que des écrevisses et des croûtons ; que son mouillement se fait au vin rouge ; et qu’elle se lie invariablement au beurre manié, à raison de 100 grammes de beurre et 60 grammes de farine par litre de cuisson de poisson. »

 

 

3-      Les civets et gibelottes

Les civets concernent les gibiers à poils: lièvre et garenne, chevreuil, sanglier, marcassin et les gibelottes les lapins et lapereaux. Le civet se cuisine au vin rouge et la gibelotte au vin blanc.

Pour préparer un civet, les morceaux doivent être mis à mariner au moins 6 heures à l’avance avec le vin qui doit servir pour le mouillement et les aromates de la marinade. Au moment de la cuisson, les morceaux sont égouttés, épongés et revenus à feu vif, mis dans l’ustensile de cuisson et mouillés du vin et des aromates. A la fin de la cuisson, la sauce est liée au sang.

La recette est la même pour les gibelottes, seulement à la fin de la cuisson, on lie la sauce avec le foie pilé et on ajoute des champignons.

Au Québec, la gibelotte est un ragoût de légumes et poissons.

La lamproie à la bordelaise est un civet de poissons.

 

 

4-      Les réductions

Réduire du vin consiste à diminuer le volume de vin par évaporation en maintenant une ébullition. Cette opération permet d’augmenter la saveur du vin par concentration et donne au vin davantage de consistance ou de corps.

Pour les sauces, il s’agit de concentrer la saveur du vin et des aromates par évaporation à feu assez vif dans une casserole dans le but de préparer une sauce. C’est pour cela qu’on ne fait pas réduire du vin pur, on ajoute au vin des échalotes hachées, de l’estragon, etc. C’est le cas de la béarnaise, du beurre blanc, des sauces bordelaise et bourguignonne, de la duxelles, la sauce lyonnaise, le sauce Madère, etc.

On dit toujours d’utiliser le même vin que celui que l’on sert avec le plat ou d’un très bon vin. Pourquoi ? Tout d’abord cet adage est surtout valable pour les civets et gibelottes et pour des plats qui ont été créés en Bourgogne où depuis longtemps, on fait de l’excellent vin.

Ce principe est beaucoup moins valable pour les sauces, à l’origine, comme nous l’avons dit précédemment, les vins étaient très souvent légers et aigres, et cette aigreur ressortait à la fin de réduction. Donc, il est toujours conseillé de bien choisir le vin qui va servir à la réduction. Il faut donc éliminer :

  •  Les vins boisés qui deviennent amers à la fin de la réduction 
  • Les vins bouchonnés, le goût de bouchon ne s’en va jamais.
Pour le vin au degré d’alcool élevé, c’est sans importance, car l’alcool va s’éliminer à la cuisson et il reste toujours la possibilité de faire flamber le vin pour ôter l’alcool.  
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Vendredi 11 Juillet 2014

 Pour conclure ces quelques réflexions sur la cuisine au vin qui seront  agrémentées plus tard d’articles plus conséquent, un petit ouvrage fort bienvenu « Recettes de ma vigne » de Catherine Bernard et Anne –Sophie Thérond, aux éditions du Rouergue. J’avais reçu ce livre à l’automne mais j’attendais de trouver le moment pertinent pour en parler et voilà qu'il se présente.


Ce livre à quatre mains présente une particularité originale : les recettes suivent les travaux de la vigne, de la taille aux vendanges. Anne-Sophie Thérond, rédactrice culinaire et chroniqueuse gastronomique,  a puisé dans le répertoire culinaire des pays de vigne, du Proche-Orient à notre Occident, et s’est lancé dans des expériences pour proposer des recettes savoureuses qdifférentes des traditionnels coqs au vin ou feuilles de vigne farcies, comme une salade où s’invitent des bourgeons de vigne, des vrilles en tempura ou une tapenade dans laquelle entre du marc et de l’eau-de-vie. En parallèle, Catherine Bernard, ancienne journaliste devenue vigneronne, raconte la vigne, ses travaux, une belle façon de faire découvrir le travail quotidien du vigneron au fil des saisons.



Fromage de chèvre au marc de raisin

Les envies d’expériences culinaires d’Anne-Sophie sont à l’origine d’une réflexion sur la cuisine de la vigne qui la conduit à s’apercevoir qu’elle était fort ancienne comme l’écrit C. Bernard dans la préface. « Avec constance, d’Orient en Occident, la vigne prête à la cuisine ses feuilles, ses fleurs, ses sarments, ses fruits et même ses vrilles et transforme des frichtis de pauvres en plats riches. En l’espèce notre préoccupation moderne d’accorder les mets aux vins est la résurgence d’un temps où la vigne et le vin étaient autant dans les casseroles que sur la table, participant à un cycle immuable de régénération de la vie dont seule la vulgarité de la profusion nous tient éloignés. »

Ainsi furent créées des recettes à partir des sarments, vrilles, fleurs et marc qui ne manqueront pas de surprendre vos invités. A condition de posséder quelques pieds de vigne ou d’avoir un ou une ami(e) qui propriétaire de quelques vignes.  

Un livre sympathique et gourmand qui lie lecture et gourmandise, ce que je trouve très plaisant. Cuisiner et découvrir la vigne tout au long de l’année est une manière délectable d’unir les produits de la vigne et le jus de la treille et de garder les pieds sur terre en respectant le rythme de la nature.
Et pour vous allécher, le sommaire:

   

Bonne lecture et bon appétit!

 


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- 14:24 - rubrique Livres - Permalien - 0 commentaires

Dimanche 22 Juin 2014

 Après les plats de viande et de poissons, passons au dessert. Là encore, le vin tient toute sa place avec des recettes aussi exquises qu'agréables. Préparées depuis longtemps, certaines sont un peu tombées dans l'oubli. En ce qui concerne les vins chauds ou aromatisés, hormis durant ls sports d'hiver, leur consommation n'est plus très prisée.
     

A/ les Granités, punchs et spooms qui sont des sorbets à base de vin. On utilise des vins moelleux ou liquoreux : Sauternes, Montbazillac, Saussignac, Vendanges tardives de toutes régions, vin de Samos, Marsala, Porto, Muscat et Champagne

 

Les Granités sont des sirops glacés, non travaillés pour obtenir une masse légèrement granulée. Les granités sont souvent servis au cours d’un repas copieux entre deux plats à la manière d’un trou  normand.

Les sorbets sont travaillés pour obtenir une préparation homogène et lisse. Tout comme les punchs, les spooms sont des sorbets auxquels on ajoute de la meringue italienne pour obtenir un effet mousseux et léger.

 

 

B/ Les fruits pochés au vin

Les fruits sont pochés soit dans des vins moelleux sans ajout d’ingrédients, soit dans de vins rouges ou blancs secs avec du sucre et des épices. Cerises, pêches, poires, ananas peuvent se préparer de cette manière

 

 

C/ les fruits au vin

Des desserts sans cuisson des fruits dans le vin, le vin est un accompagnement des fruits au même titre que de la Chantilly ou une glace. Les fruits peuvent macérer dans le vin ou le Champagne une heure et être servis avec une crème fouettée aérienne ou encore dans des coupes  avec des granités ou des sorbets au vin.

Ex les fraises à la Cussy : des fraises des bois macèrent une heure dans du champagne avec un peu de sucre. Elles sont servies avec une crème battue fouettée au champagne.

 

 

2-      Les vins chauds et punchs

Ils sont les héritiers directs des vins aromatisés du Moyen-âge. Ils sont réconfortants. Si on les consomme pour se réchauffer ou lutter contre un refroidissement, comme un remède, c’est parce que longtemps, les principes hippocratique sont restés vivaces et que le vin et les épices étaient considérés comme des remèdes, de même, dans une moindre mesure et moins longtemps, le sucre.

-          Le vin chaud, rouge ou blanc, à la cannelle, girofle et muscade

-          Le vin chaud à l’orange

-          Le punch Marquise au Sauternes, citron et girofle.

Ce dernier a donné naissance au punch glacé.

 

 

3-      Les vins apéritifs

Au vin : Sangria, Claret cup

Au Champagne : Champagne cup, Bischoff

Le bischoff est glacé comme un  granité. Pour les autres préparations, on ajoute au vin des tranches d’agrumes, des grains de raisins et du cognac et des liqueurs et qui reposent au frais avant d’être servis dans des verres.

 

Les utilisations du vin dans la cuisine sont multiples, et pour terminer nous n’oublierons pas la tradition de faire chabrot, tradition populaire et encore vivace. 


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Mercredi 14 Mai 2014

 La cuisine au vin durant le Moyen-âge

Le vin au Moyen-âge ne ressemblait en rien à celui que nous buvons, c’était la plupart du temps un vin léger, aigrelet,  proche du vin nouveau que l’on buvait toujours jeune car les vignerons maitrisaient mal l’art de la fermentation, donc de la conservation. C’est pour cela que les marchands bordelais avaient obtenu le privilège des vins de Bordeaux afin de vendre vite des vins encore bons à boire. Il y avait aussi le vin clairet très prisé des consommateurs. Donc pour boire plus facilement les vins ordinaires qui faisaient souvent grincer les dents, il était habituel de les aromatiser, une pratique courante chez les consommateurs depuis l’époque romaine. Vins au miel, aux fruits, aux fleurs et le célèbre hypocras, nommé ainsi en l’honneur d’Hippocrate, vin aromatisé de sucre et d’épices que l’on allait quérir chez l’épicier. (Au moyen-âge le sucre était considéré comme une épice voire un remède et vendu comme tel chez l’épicier ou l‘apothicaire).

Le vin était donc très utilisé dans la cuisine. Prenons l’exemple de la recette régionale de la lamproie, recette très ancienne. La lamproie, présente autrefois dans de nombreuses rivières de France est associée au vin rouge et au sang, vin dans lequel les morceaux de poisson cuisent et sang que l’on rajoute  la fin de la cuisson, ce qui donne la sauce « lamprée ou lamproie » qui est un des grandes bases de la cuisine médiévale que l’on retrouve dans des livres de recettes de Maître Chiquart,  de Taillevent, de Platine  et autres maitres queux de l’époque, une sauce noire relevée d’épices et aromates.

De même les matelotes et les civets sont directement hérités des « chevrolées », des « gravés », « brouets » et « soupes » au gibier.

La cuisine au vin est liée au goût pour l’acide que l’on trouve dès les XIV et XVèmes siècles. Dans le Viandier de Taillevent, 63% des recettes comprenaient un ingrédient acide. 20% dans les livres de recettes anglais et de 19 à 23% dans les livres de recettes italiens. Le vin n’était pas le seul ingrédient acide, on utilisait également le vinaigre, le verjus, les groseilles vertes dites groseilles à maquereau et les agrumes.

 

La cuisine au vin est typique des régions viticoles. Chaque région possède ses propres recettes, les œufs en meurette en  Bourgogne, les matelotes et les fruits au vin dans les pays de Loire, les civets en Alsace, le salmis et la lamproie en Aquitaine par exemple. A cela s’ajoute les innombrables sauces au vin.

 

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Samedi 03 Mai 2014

 La cuisine au vin est aussi ancienne que la cuisine, le vin  fut très présent dans la cuisine à la fois comme base de sauce et comme ingrédient à part entière.
 

 

Les premières recettes de cuisine au vin

A Babylone, pays de bière on cuisinait au vinaigre, en Grèce on pétrissait le pain avec du vin doux. A Rome, on commence à se préoccuper de marier les vins et les mets, les recettes deviennent plus élaborées, multipliant le nombre d’ingrédients qui entrent dans la composition d’un plat. Parmi ces ingrédients, le vin et le vinaigre étaient des éléments essentiels. Ils entraient dans un très grand nombre de recettes et servaient de base à des sauces. Le vinaigre était toujours du vin non aromatisé. Les vins et donc leur goût variaient. Ils allaient du moelleux aux vins blancs secs et aux rouges tanniques en passant par le « passum », un vin de paille semblable au vin de Jura, et au « defrutum », madérisé. Par conséquent les possibilités d’alliances avec les produits, les épices et les aromates étaient infinies.

Que pensez-vous de cette recette romaine de lapin aux épices réalisée par Apicius ?
Il fallait préparer un fond avec du vin rouge, de l’eau, du garum, des alliacés, des graines de moutarde et des herbes aromatiques, le porter à ébullition et y mettre les morceaux de lapin afin qu’il mijote longuement. A la fin de la cuisson, il fallait retirer les morceaux de lapin de la cocotte et les disposer sur un plat, puis faire réduire le jus de cuisson et  le lier avec du vin cuit et de la fécule. Pour finir, la sauce réduite était  aromatisée de nouveau de poivre et de sarriette et verser sur la viande.

La cuisine au vin durant le Moyen-âge

Le vin au Moyen-âge ne ressemblait en rien à celui que nous buvons, c’était la plupart du temps un vin léger, aigrelet,  proche du vin nouveau que l’on buvait toujours jeune car les vignerons maitrisaient mal l’art de la fermentation, donc de la conservation. C’est pour cela que les marchands bordelais avaient obtenu le privilège des vins de Bordeaux afin de vendre vite des vins encore bons à boire. Il y avait aussi le vin clairet très prisé des consommateurs. Donc pour boire plus facilement les vins ordinaires qui faisaient souvent grincer les dents, il était habituel de les aromatiser, une pratique courante chez les consommateurs depuis l’époque romaine. Vins au miel, aux fruits, aux fleurs et le célèbre hypocras, nommé ainsi en l’honneur d’Hippocrate, vin aromatisé de sucre et d’épices que l’on allait quérir chez l’épicier. (Au moyen-âge le sucre était considéré comme une épice voire un remède et vendu comme tel chez l’épicier ou l‘apothicaire).

 

Le vin était donc très utilisé dans la cuisine. Prenons l’exemple de la recette régionale de la lamproie, recette très ancienne. La lamproie, présente autrefois dans de nombreuses rivières de France est associée au vin rouge et au sang, vin dans lequel les morceaux de poisson cuisent et sang que l’on rajoute  la fin de la cuisson, ce qui donne la sauce « lamprée ou lamproie » qui est un des grandes bases de la cuisine médiévale que l’on retrouve dans des livres de recettes de Maître Chiquart,  de Taillevent, de Platine  et autres maitres queux de l’époque, une sauce noire relevée d’épices et aromates. 

 

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Mercredi 02 Octobre 2013

 Il y a quelques mois, j'avais écrit quelques articles sur la transmission culinaire.
Il y a quelques semaines, dans un studio, en compagnie de Blandine Vié et Nicolas Bergerault, la transmission cilinaire était au centre des débats.




Sur l'excellent site la-Viande.fr, le sujet de la transmission des savoir-faire culinaires a réuni autour d'une table trois personnes pour qui le sujet est d'importance. Il est, en effet, de diverses manières au coeur de leurs activités. Un débat convivial, comme il se doit pour un tel sujet, qui doit décomplexer les ignorants du B. A-BA de la cuisine et conforter ceux qui cuisinent régulièrement.

Le débat est visible en clicquant sur ce lien.
 

Il n'y a pas que le savoir-faire, il faut également l'envie de se faire plaisir et de faire plaisir à  ceux qui partagent notre table, un peu d'audace et de bons produits. Mais pour cela, ce blog vous fournit  déjà quelques indications. 



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Lundi 23 Septembre 2013

 Le luxe alimentaire est une filière qui ne connait pas la crise à l’instar des autres filières du luxe. Si  les produits alimentaires de luxe sont apparus dès l’Antiquité, la France en a fait une spécialité typique, vitrine d’un savoir-faire qui a su très vite trouvé une clientèle. Le luxe alimentaire est recherché et convoité dans le monde entier et par les nombreux touristes qui visitent notre hexagone. D’où l’extension de son marché, les stratégies marketing et par conséquent une industrialisation de sa production qui ne sont pas sans risque. En effet, la démocratisation de sa consommation rend le produit alimentaire de luxe moins rare, la banalise et lui fait perdre un peu de son prestige. Mais les entreprises du luxe alimentaire ont su trouver une parade pour leur conserver leur caractère exceptionnel.





Vincent Marcilhac
, docteur ès géographie,  qui nous livre dans cet ouvrage, une version tout public de sa thèse,  a construit son argument selon le schéma classique : thèse, antithèse, synthèse correspondant aux trois parties du livre.

Tout d’abord V. Marcilhac montre la singularité française du luxe alimentaire, ses fondations historiques, géographiques et économiques. Le luxe alimentaire est une création bien de chez nous fondée sur une qualité gustative remarquable des produits qui procure un plaisir aux consommateurs de ces dits- produits, ainsi que l’auteur l’écrit dan la conclusion de cette première partie : « Cette singularité française repose sur la production d’un discours sur la rareté et l’originalité du produit qui transforme sa consommation en un moment d’exception, en un « luxe des sensations et des plaisirs ». Ces produits remarquables qui expriment des savoir-faire, l’imagination et le talent des producteurs et des artisans qui ont su les faire apprécier en leur donnant un dimension festive et élitiste : produits chers, boutiques dans les quartiers chics, transformation par des chefs étoilés, etc.

Cependant, la diffusion de ces produits sur une grande échelle qui répond à des logiques économiques et un marketing de la demande tend à « désingulariser » ces produits qui tendent alors à perdre leur personnalité et à devenir plutôt des produits de marque correspondant à une consommation ostentatoire mondiale. La multiplication des boutiques hors de l’hexagone, des corners dans les grands magasins et les aéroports, voire même parfois dans les rayons des grandes surfaces alimentaires les « désacralisent » et font disparaitre leur caractère festif et exceptionnel. La haute valeur symbolique des produits du luxe alimentaire tend à s’estomper avec le développement de la société de consommation et la mondialisation des échanges.

Il était donc nécessaire qu’ils retrouvent cette valeur symbolique. Pour pérenniser le statut de produit de luxe, il faut donc les parer d’une nouvelle étiquette : celle de la patrimonialisation. En devenant un produit patrimonial, donc ancien, authentique, rare et beau, le luxe alimentaire retrouve sa singularité car un objet du patrimoine s’admire, se respecte, se mérite. Le luxe alimentaire lié à un terroir, de haute qualité gustative, inscrit dans une démarche durable qui l’inscrit dans la durée devient un produit de niche, ce qui dans une politique de mondialisation lui donne une valeur très particulière, une rareté recherchée. Il retrouve enfin une personnalité propre dans une politique commerciale de l’offre qui va provoquer le désir des connaisseurs et des vrais gourmets. On recrée la rareté, on invente le marketing spatial qui lie le produit à un territoire ou un paysage particulier. Devenu le fruit de conception éthique qui lui donnent sa valeur, il devient alors un facteur de développement local : visites de caves, oenotourisme, salons et marchés qui attirent un certain type de touristes avertis  au fort pouvoir d’achat. Le luxe alimentaire attire l’attention sur un terroir qu’il convient de protéger et d’inscrire dans une démarche patrimoniale : inscription au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, aux sites remarquables du goût, etc.

Très documentée et fort bien argumentée, cette thèse est  la première étude géographique sur le luxe alimentaire et à ce titre, mais pas seulement, elle mérite une lecture attentive. Le jury du Salon du livre de cuisine de Beynat "Festin d’Auteurs" l'a reconnu en lui décernant  le prix Apicius  en avril 2013.

A dévorer donc !

Le luxe alimentaireUne singularité française
Vincent Marcilhac  
Presses universitaire de Rennes et Presses universitaire François Rabelais
336 pages, 20 €

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Mon livre

L'histoire des légumes, des potagers, du néolithique à nos jours en passant par les abbayes. Plus une cinquantaine de recettes de Michel Portos, cuisinier de l'année 2012 GaultMillau, avec les accords vins de Patrick Chazallet. De très belles photos d'Anne Lanta, une préface de Christian Coulon pour la beauté de l'ouvrage. alt : Widget Notice Mollat Analyse sur un ton léger des rapports des femmes au vin de l'Antiquité à nos jours, les interdits, les tabous, les transgressions, se ponctuant par quelques portraits de femmes du vin contemporaines. alt : Widget Notice Mollat

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