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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Vendredi 08 Août 2008

Fête du vin à Duras

Dimanche 10 Août, 
Duras fête le vin 
Faites nuit blanche 
 
 

Au programme

  • randonnées pédestres dans le vignoble,
  • Dégustations et vente de vins
  • rencontres avec les viticulteurs
  • musique: jazz-band, bandas et à partir de 18 h, plusieiurs artistes viendront donner l'aubade jusqu'à l'aube du lendemain
Renseignements et progrmme complet sur www.cotesdeduras.com

- 16:46 - rubrique Vins - Permalien - 0 commentaires

Lundi 14 Avril 2008

Y a t-il une crise du vin ?

Suite à l'intervention d'Eric Reppert et de ses réflexions sur l'agrément, il m'a paru nécessaire d'expliquer rapidement en quoi consiste la comission d'agrément et la réforme dont elle est l'objet.

On parle de surproduction mais la récolte 2007 n’est pas suffisante pour répondre aux demandes du marché. On parle de la concurrence des pays du nouveaux monde mais cette année 2007 sera pour eux très difficile en raison de faibles récoltes notamment an Australie. Un marché en libre concurrence doit-il forcément être dommageable au marché des vins en France ? On dit aussi que le marché français n’est pas assez attentif aux attentes des consommateurs. Cependant, on rencontre souvent des viticulteurs passionnés et heureux de faire leur métier malgré les inévitables problèmes inhérents la profession.

 

1/Etat du marché du vin.

Le marché mondial est divisé en 3 :

-          les vins de volume ou vino-industrie, souvent présentés sous le nom du cépage. Ils pratiquent de forts rendements à l’hectare, font parfois 2 vendanges,  une mécanisation du travail de production et un personnel réduit dans la vigne et dans le chai, des techniques de vente empruntées à celle des marques. Ces vins offrent un produit flatteur à bas prix accompagné d’un fort marketing, produits surtout en Australie et Amérique.

-          Les vins de niche. Avec de petits volumes de production et de faibles rendements/hectare, ils offrent une production artisanale d’auteurs de vins, souvent classés en vin de table ou vin de pays. C’est un marché difficile tant pour le producteur que le consommateur où se côtoie le meilleur comme le pire. Les préférés des amateurs éclairés

-          Les grands crus qui ne subissent pas la crise malgré leur prix élevé.

 

 

2/ les commissions d’agrément AOC

Elles sont sur la sellette actuellement en raison des différents qui les opposent à un nombre grandissant de vignerons leur reprochant leur subjectivité car ce sont elles qui jugent des agréments des vins au sein des AOC et qui peuvent reléguer certains vins en vin de table ou vin de pays. Or sortir de l’AOC pour certains vignerons, c’est signer leur arrêt de mort. On note dans ces commissions une prise de pouvoir des vins de volume au détriment des vins de terroirs minoritaires sur le seul critère de la typicité.

 

Qu’est ce que l’agrément ?

Les commissions d’agrément doivent repérer les défauts et évaluer un niveau de qualité global qui est le critère de l’appellation. Les résultats sont

-          l’homogénéité des vins et des itinéraires techniques

-          une rupture avec le terroir

-          l’exclusion des vins différents et atypiques relégués en vin de table

Les vignerons dénonce ce procédé où l’agrément devient un outil de stratégies de recherche de marché pour des groupes particuliers, par des méthodes qui s’apparentent à de la concurrence déloyale.

La recherche d’un goût et d’un profil organoleptique homogène pour un produit, en l’occurrence le vin,  ne relève pas de la démarche de l’appellation qui devrait proposer plutôt une palette de produits qui correspondent aux expressions des différents terroirs.

 

Origine de l’agrément

En 1935, Jean Capus fonde les AOC pour les vins fins. Et rédige « les Fondements de l’Appellation d’Origine Pour les vins fins » qui est édité en 1947 par l’INAO. Jean Capus associe l’Appellation d’Origine à une originalité, une authenticité et une qualité dépendant d’usages de production et reposant sur les bases du sol et du cépage. Le terme original qui signifie unique, ne ressemblant à rien d’autre s’oppose à typique qui caractérise un type. Dans le premier cas on revendique la différence dans le second la similitude.

La commission d’agrément est rendue obligatoire par le décret du 9/01/67

 

La typicité et ses conséquences

En 1997, Jean Salette dans « La revue des Œnologues »  définit la mise en place de la typicité par une étude de la typicité et la constatation de la possession pat l’échantillon d’une typicité représentative de l’AOC considérée et la mise au point d’itinéraires technologiques pour la travail de la vigne et la vinification pour mieux typer les vins et réduire l’hétérogénéité autour de un ou deux types reconnus. La dégustation d’agrément valide à partir de ce moment l’appartenance au type. Avec une idée sous jacente : renforcer les avantages des vins français caractérisé par leur histoire et leur relation unique au terroir. Le mot typicité est apparu dans les années 80 et dans le dictionnaire en 1993.

 

Les conséquences peuvent maintenant être analysées

-          abandon d’anciens terroirs et d’anciens cépages et d’anciens types de vins

-          passage au tout chimique dans les vignes et donc abandon des labours  et enracinement de surface des ceps

-          sélection de clones productifs qui offrent des rendements élevés

-          pour la vinification, utilisation de levures standard et chaptalisation systématique, homogénéisation des pratiques œnologiques.

-          Suppression des anciens usages de production et de l’hétérogénéité.

-          Offre aux circuits de distribution de vins standards facilement identifiables // montée en puissance de la GD

-          La typicité est devenue la référence de pratiques  majoritaires de la profession à un moment donné et dans un lieu donné.

Cela a entrainé une très grave crise commerciale.

 

3/ Problèmes spécifiques

-          En beaujolais, un sur rendement a entrainé une baisse des prix et une baisse de l’image.

-          Dans le bordelais, deux spécificités locales ont eu des conséquences mauvaises, les prix de sont pas fixés par le négoce et varient sur une  échelle de 1 à 1000 et la vente en primeur. Cela a entrainé une spéculation sur les grands crus en particulier qui a fait artificiellement monté les prix de l’ensemble des vins. Ces pratiques sont en totale opposition avec celles de la Champagne où 4 ans de stocks servent d’amortisseur et à celles de la Bourgogne où l’échelle des prix est plus réduite.

-          mauvaise image du vin et  les campagnes de lutte contre l’alcoolisme qui associe le vin et l’alcool et qui ont fait chuter la consommation de vin mais augmenter celles des alcools forts.

 

Conclusion

La clientèle est très hétérogène.

-          Il y aura toujours une demande pour les vins exceptionnels, les vins d’étiquettes considérés comme des produits de luxe.

-          La majorité des consommateurs désire des vins constants à prix corrects et c’est là qu’intervient la concurrence étrangère.

-          Une minorité recherche avant tout le plaisir et a envie de découvrir des vins étonnants. cette clientèle d’amateurs éclairés, plus informée, est moins soucieuse du marketing.

-          Une nécessaire éducation à la consommation des vins et à la lecture des étiquettes  est nécessaire

-          Le problème venait de l(intérieur de la profession. Dans une interview au « Monde », en mars 2005, René Renou (Pdt du Comité des vins de l’INAO) déclarait :

-         
«Jusqu'en 1985, le vignoble français de moyenne et haut de gamme était en situation de monopole, avec un seul code, magique : le lien au terroir, porteur de culture, de luxe», «Dans cette situation, vous pouvez faire n'importe quoi. Il y a eu des horreurs, un relâchement absolu.». «Les syndicats d'AOC ont trop souvent protégé les mauvais. Il faut rompre avec la loi du silence, retrouver une transparence absolue » La crise ? «C'est la profession qui se fait du mal à elle-même». "le système actuel défend la médiocrité, écrase ceux qui font des efforts ».

-           

 

Les propositions des institutionnels

 

Face à ces problèmes bien réels et à la grogne des vignerons, face aux interrogations des consommateurs, les institutionnels du vin ont proposés des réponses à cette « crise du vin » avec une réforme de la commission d’agrément datée de juillet 2007. Celle-ci sera dorénavant composée d’experts, de porteurs de mémoire du produit et des usagers du produit, éduqués à la dégustation désignés et formés par l’ODG afin de définir et de trouer un profil organoleptique pour les vins d’AOC, d’IGP et d’AOP.

 

Les réponses des vignerons

Elles sont très simples et proposent des solutions qui poussent vers une extension de la qualité et un nivellement vers le haut.

-          la reconnaissance des vins de niche

-          une diminution de la quantité au profit de la qualité

-          un travail de la vigne

-          le retour des cépages publiés

-          privilégier les vins naturels

-          aide à la commercialisation des vins de table et vins de pays spécifiques de la qualité d’un terroir

-          discussions entre vignerons, voir l’exemple de Farre qui réunit des partisans de la biodiversité et ceux de la lutte raisonnée. http://www.farre.org/index.php?id=49

 


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- 22:25 - rubrique Vins - Permalien - 0 commentaires

Jeudi 10 Avril 2008

Eric Reppert invité par Fureur des Vivres

4 avril 2008, rencontre avec Eric Reppert au 91 de la rue Porte-Dijeaux à la librairie Mollat.

 

Ségolène Lefevre (http://segolene.ampelogos.com ) et Fureur des Vivres (http://www.fureurdesvivres.com ) invitent Eric Reppert le 4 avril 2008.

 

Le nom d’Eric Reppert est associé à « Vins Etonnants », site de vente de vins en ligne. Site qui propose des cuvées aux noms improbables faites par des vignerons dont personne ne parle. Mais étonnants quand on les déguste. Eric Reppert est interrogé par Patrick Chazallet.

 

Eric Reppert comment es-tu venu à créer Vins Etonnants ? : 

Le site a maintenant 6 ans d’existence, je l’ai ouvert en 2002 avec 12 vins. De mon travail à la logistique d’une société de transport à vins étonnants, il y a le parcours d’un amateur de vins qui éprouvait des difficultés à trouver des vins originaux. C’est ce qui m’a poussé à créer « Vins Etonnants », en pensant que je n’étais pas le seul à éprouver des difficultés à trouver des vins qui me convenaient.

Au départ vendre 12 vins n’était pas suffisant pour être rentable, je couplais mon activité avec celle d’animations dans des clubs d’œnologie, cette activité est maintenant en baisse, mais je la conserve car elle me permet de voyager et de rencontrer des amateurs de vin.

Je travaille comme un caviste, j’achète, je stocke et je vends, ma vitrine c’est internet. Mes clients sont bien ceux auxquels je pensais au départ et mon chiffre d’affaire augmente tous les ans. Je vends principalement à des particuliers et 20% à l’export. Il s’agit de sociétés d’export qui cherchent à panacher leurs envois. Il y a aussi des cavistes qui viennent chercher chez moi ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Mais les 2/3 de mon activité sont les ventes en ligne à des particuliers, amateurs avertis, qui viennent sur le site chercher de bons vins qui ont une personnalité. Je rédige pour chaque vin une fiche donnant une description très précise assortie d’une appréciation d’ensemble. Le site me permet aussi de nouer des contacts avec des journalistes.

 

Comment trouvez-vous vos vins ?

Au départ par mes contacts personnels, par les revues, en particulier Terre de Vins, en cherchant sur Google, en allant voir les vignerons, en faisant des dégustations dans les clubs, certains me disent d’aller voir tel ou tel vigneron, je goûte et je me décide comme ça. C’est tel vigneron qui me parle d’un collègue à lui qui ne sait pas comment vendre son vin. Maintenant ce sont les vignerons qui me contactent. Je tiens à avoir toujours un contact direct avec le vigneron, je vais le voir, je goûte avant de choisir, c’est pour cela qu’il m’est difficile de sélectionner des vins étrangers. 

 

D’après ce que vous venez de dire, le nom vins étonnants signifie vins originaux qui ont une personnalité, pouvez-vous développer un peu plus ?

Les vins étonnants sont des vins qui poussent hors des sentiers battus, j’y englobe ceux qui sont refusés à l’agrément pour la raison qu’ils sont atypiques par rapport aux critères de l’appellation, ils ne peuvent être dans l’appellation car ils ne répondent pas à la médiocrité ambiante. C’est le problème de l’agrément et le côté pervers de l’AOC. Ces vins sont donc vendus comme vins de table sans plus de précision. Dénomination qui comme toutes les autres englobe le meilleur comme le pire. (Une bonne nouvelle, à partir de 2009, les vins de table pourront inscrire le millésime et le cépage sur l’étiquette). Il s’agit aussi de vins peu courants, d’appellations méconnues, des vins marginaux, introuvables, des vins francs de pied, des vins de nos ancêtres. Ce sont aussi les vins des néo vignerons, de jeunes vignerons qui se lancent, qui font bons et auxquels je donne un coup de pouce. Des vins issus de vinifications insolites, des vins sans soufre.  J’élimine les vins étrangers car je ne peux pas avoir de contact direct avec le vigneron et les vins de table très connus comme Trévallon, par exemple. 

 

Tous les vins que vous proposez répondent à ce qualificatif ?

 Non, pas tous, je fais des exceptions. Pour les jeunes vignerons, pour les aider à démarrer. Pour donner un coup de pouce à certains très bons qui connaissent des moments difficiles. Pour débuter avec des vins atypiques.

 

Les vins étonnants sont-ils faits par des vignerons étonnants ?

 Oui, dans la majeure partie des cas. Il y a des vignerons vraiment étonnants, complètement hors norme, qui tentent des plantations et des vinifications surprenantes avec des résultats remarquables. De même ceux qui vinifient des cépages que personnes ne veut plus travailler et qui par la qualité du travail dans la vigne et dans la cave font d’excellents vins. C’est chez les vignerons bio que l’on trouve le plus d’invention et des choses vraiment très étonnantes.

Il y a de plus en plus de vins étonnants et donc de vignerons étonnants car les débouchés sont là, il y a de plus en plus d’amateurs de vins,  les gens boivent moins mais mieux. Et beaucoup veulent du bon pas trop cher. Mes vins étonnants sont vendus autour de 8 - 10 euros. 

 

Quel est votre vin le plus cher ?

Un Cabernet d’Anjou rosé liquoreux de 47 à 55 €.

 

Vos coups de cœur aujourd’hui ?

Domaine de Condorcet.

Luc Michel et son Pic saint Loup tout en finesse, Nuit d’Encre élaboré à partir d’un alicante bouschet, un cépage teinturier à l’origine et son Alibaba, un chasan.

La Coulée d’Ambrosia dans le Layon.

 

Ségolène

Suite à ce débat fort animé durant lequel seules 4 questions sur la vingtaine prévues ont pu être posées, le public ne cessant d’interroger Eric, nous nous sommes transportés en tram vers le Canard Jazz, cours de la Martinique,  où Jean-Claude Furnari nous avait préparé un «repas canaille» pour mettre en valeur les vins sélectionnés par Eric. Vous pouvez lire un compte-rendu de ce dîner sur :



 

 http://www.chazallet.com/blog/magazine/evenement/slow-food/080404_vins-etonnants-chez-mollat.asp.


Librairie Mollat (http://www.mollat.com )

91 rue Porte Dijeaux

33000 Bordeaux

 

Eric Reppert

Vins Etonnants ( http://www.vins-etonnants.com )

+33 555 714 112

contact@vins-etonnants.com

 

Fureur des Vivres ( http://www.fureurdesvivres.com )

 

Le Canard Jazz

9 Cours de la Martinique

33000 Bordeaux

05 56 79 00 44

lecanardjazz@orange.fr

 

 

 


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- 11:46 - rubrique Vins - Permalien - 0 commentaires

Vendredi 14 Décembre 2007

A la découverte du Porto

Tout ce que vous voulez savoir sur le Porto

Mollat-Slow Food, Champagne, Porto, Caviar

La Winery, jeudi 6 décembre 2007-12-10

 

Cette fois-ci, avec l’accord de la librairie Mollat, nous nous sommes délocalisés pour la soirée Slow Food Mollat ; La Winery à Arsac nous accueille pour une soirée un peu spéciale, une soirée de fête, prémices de celles qui arrivent à la fin de ce mois où nous allons à la découverte d’un produit typiquement régional, issu d’une tradition mais adapté à l’évolution des espèces, le caviar qui représente en Aquitaine l’exemple d’une aquaculture responsable et durable.  La maison Laurent Perrier est partenaire de cette soirée pour travailler les accords de 3 de ses meilleures cuvées avec le caviar. Le repas est précédé et suivi d’une dégustation de porto Taylor’s.

 

Nous retrouvons, pour commencer, dans l’amphithéâtre de la Winery pour une conférence sur le Porto faite par Luis Esgonnière Carneiro, directeur export de la maison Taylor’s et expert en porto.  L’histoire du porto est intimement lié aux grandes maisons et Taylor’s est l’une des plus prestigieuses. Les vignes sont plantées sur les versants pentus du Douro et de ses affluents depuis l’époque pré-romaine.  L’édit de Colbert interdisant la vente du clairet dans les iles britanniques fit le prestige et la gloire des vins de porto.  Les anglais allèrent se fournir au Portugal et le négoce se fit alors entre Porto en Londres, aidé en cela par une très forte réduction ses taxes sur les vins portugais. C’était des vins rouges assez corsés et pour les aider à supporter le voyage en bateau, on prit l’habitude d’y rajouter de l’eau de vie. C’est ainsi que naquit le vin de porto tel que nous le buvons.

L’importance du terroir et des cépages est primordiale pour le porto. Les sols des pentes abruptes du Douro et de ses affluents sont composés de schistes, riches en matières minérales. C’est un sol pauvre qui oblige les racines de la vigne à descendre profondément dans le sol pour aller chercher l’eau. Les vignobles sont plantés sur des terrasses séparées autrefois par des murets de pierres sèches (ce qui crée un paysage d’une étonnante beauté) et maintenant par des « patamares » qui sont des talus de  terre, parallèles au fleuve sur les pentes les plus escarpées et perpendiculaires sur les déclivités plus douces.  Ce terroir ne subit pas l’influence océanique protégé de l’océan atlantique par les montagnes du Marao. Les hivers y sont rigoureux et les étés très chauds,  il n’y pleut quasiment pas. Le vin de porto est un vin d’assemblage de cépages autochtones : touriga nacional, touriga francesca, tinta roriz, tinta barroca et tinta cao, aux grappes à petites baies à peau épaisse. Résumons-nous, l’alliance les cépages, du sol et du climat donne leur qualité aux vins de porto.

Mais ce n’est pas tout, la main de l’homme participe à son excellence : le travail quotidien des vignes et les vendanges toujours manuelles ainsi qu’une vinification très spécifique. Les raisins sont déposés dans de grandes cuves en pierre appelées « lagares », deux équipes se font face et foulent en cadence les grappes pendant plusieurs heures puis dansent au son de la musique toute la nuit. C’est extraordinaire, une vraie fête bachique,  on se croirait des siècles en arrière dans le grand poème dionysiaque de Nonnos de Panopolis. Ce foulage très doux permet une extraction douce  de toutes les matières colorantes, tanniques et aromatiques contenues dans les pellicules. . Cette méthode est surtout employé pour les vintages, pour les autres portos, il existe maintenant des cuves de fermentation où le foulage se fait mécaniquement A l’arrêt du foulage, lorsque la plupart des sucres ont été transformés en alcool, le vin est immédiatement muté par ajout d’alcool de raisin sur les moûts en fermentation. Le vin est mis en foudre de bois.  Selon le caractère du vin, il vieillira de 2 ans à plusieurs décennies en foudres de bois, en cuves  ou en bouteille selon les différents types de porto.  Nous avons visionné un film très bien fait qui nous transportait dans les vignobles et les quintas et imprégnait nos rétines d’images superbes.

Nous avons ensuite dégusté 3 portos différents :

-          un Vintage 2004 qui  a vieilli 2 ans en foudre de bois, puis il est mis en bouteille et élevé et vieilli en cave. Il développe de beaux arômes de pruneau. C’est le vin d’une seule année et de plusieurs terroirs.

-          Tout comme le Late Bottled Vintage qui est une sélection des meilleurs vins d’une seule année.  Les vins passent entre 4 et 6 ans en foudres de bois dans lesquels ils s’affinent  et prennent une couleur ambrée.  Il est alors prêt à boire dès sa mise en bouteilles. Nous humions dans nos verres des arômes de fruits.

-          Le dernier porto est un vin d’assemblage de plusieurs années, c’est un Tawny 10 ans d’âge. Ce vin a vieilli dans de petits foudres en bois de 550 litres durant 10 ans et, lorsqu’il est mis en bouteilles, il est prêt à boire.  La date marquée sur l’étiquette est celle de la mise en bouteilles. Des arômes plus complexes de prunes, de fruits secs, d’amandes amères.

Tous ces vins ont des bouchons à tête et sont conservés à la verticale.

Nous avons accompagné ces vins de guimauves au chocolat noir et au lait et de florentins au chocolat noir et blanc.

 


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Lundi 13 Août 2007

Gueule bée et Chinon rosé

L’été et la chaleur habituelle de cette saison rime chez moi, d’ordinaire avec vin blanc.  Guillaume Lapaque et son jeu Chinon voit l’été en rosé me tente d’aller goûter d’autres lampées et de changer la couleur du vin dans ma chopine.  Que voila une idée fort séduisante et d’autant plus réjouissante que Chinon rime avec Dive Bouteille et Grandgousier, Frère Jean des Entommeures, franches rasades et vraies ripailles.
Le facteur, paresseux, ayant laissé un avis de passage dans la boite aux lettres il fallu attendre tout un week-end pour enfin découvrir ce que recélait ce Colissimo qui une fois ouvert montrait deux bouteilles du Château de Ligré 2006 de Pierre Ferrand. 

 

   

Ah, noble Babuc, que tes paroles étaient justes.
Bouteille, pleine de mystère, que vas-tu nous conter ? Car il faut être maintenant les interprètes de cette bouteille. 
D’abord une robe semblable aux joues d’une nymphe émue, cette robe légère aux reflets saumonés. Sans tarder mettons-la à rafraichir et  sur la table posons saucissons et andouilles, pâtés en croûte* et rillons.
 
Que saute le bouchon et Trinch !  « Avalons cette glose ».
Que dit-elle, cette glose ? Elle nous parle de fruits et de fleurs, d’une bouche franche à l’attaque fraiche et d’une belle et persistante vivacité**. Elle nous parle du plaisir du vin qui coule dans le gosier sans se faire prier, un vin de soif qui fait  descendre les bonnes cochonnailles avec lesquelles il s’apparie si bien, un vin frais qui désaltère. Un vin de plaisir dont un verre en appelle un autre. Et hop, la bouteille est déjà vide. Nous allons consulter de nouveau l’oracle de la deuxième bouteille. Après quelques lampées,  la bouteille  délivre sa vérité : belle rondeur, vinosité discrète, de la tendresse en bouche, « Ya d’la pêche, y en a aussi » et une touche de minéralité.
En conclusion, nous nous inclinons devant la sagesse de  Rabelais : « Boire du vin bon et frais est  le propre de l’homme ».


  * irrésistible pâté en croûte cuisiné par Lilizen .
** PAI 7, pas mal pour un petit vin léger.
   Attention, si vous buvez trop vous pouvez devenir ridicule et perdre votre “quand à soi”.

Attention, si vous buvez trop vous pouvez devenir ridicule et perdre votre “quand à soi”.

 


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- 21:05 - rubrique Vins - Permalien - 0 commentaires

Lundi 25 Juin 2007

Clos Roca: ma découverte de Vinexpo

Cette année à Vinexpo parmi les centaines d’exposants, il y en a un qui m’a beaucoup plu : le Domaine de Clos Roca.  Je n’y suis pas allée par hasard mais sur les conseils d’un ami qui connaissait et aimait les vins de ce domaine.
Clos Roca est situé à Nizas, tout près de Pézenas. C’est un très ancien domaine gallo-romain qui, un temps, fut un lieu d’accueil pour des orphelins de Don Bosco. Ces jeunes garçons apprenaient des moines les rudiments du travail de la vigne. En 2003, les  Jean-Christophe et Stéphanie Michaux ont un coup de cœur pour ce domaine de 17 hectares qu’ils achètent. Les cépages traditionnels de la région, auxquels ils ajouteront du sauvignon et de la roussane, y poussent sur des sols calcaires et sablonneux et des éboulis basaltiques.
Venus de milieux très éloignés du monde du vin, après des études d’économie et de psychologie, c’est leur passion commune du vin qui les pousse à suivre des formations vitivinicoles et à travailler dans des domaines prestigieux du Languedoc avant de se lancer dans l’aventure avec l’achat du domaine Clos Roca. Ils pratiquent une culture très respectueuse de l’environnement avec des labours réguliers de la vigne, des traitements phytosanitaires à base de produits naturels modérés, des tailles courtes donc des petits rendements. Les vendanges sont manuelles.
Chaque parcelle est vinifiée séparément en cuves inox, les levures sont indigènes, le vin travaille à son rythme sous l’œil attentif du vigneron. Aucun vin n’est filtré ce qui donne des vins très naturels. L’élevage qui dure de 8 à 30 mois selon les cuvées, se fait dans des barriques ou des demi-muids de 1 à 2 vins seulement pour les vins les plus complexes Clos Roca, en Coteaux du Languedoc et Idée Reçue en Vin de table. Les trois autres vins sont élevés en cuve inox, il s’agit de vins plus sur le fruit, des vins de plaisir avec un blanc « A Propos » excellent et très étonnant pour la région et 2 rouges « Ecceterra » et « A Propos », tous classés en Vin de Pays de l’Hérault.
Tous les vins dégustés sont souples, équilibrés et agréables à boire. Ils sont vraiment l’expression de leur terroir et de leur millésime et la matière s’’y exprime avec élégance. Les tannins sont soyeux et fondus et ils montrent de belles structures aromatiques sur le fruit.
Les prix sont doux – entre 5 et 16 € - ils doivent être les vins de votre été. Le domaine possède son propre espace de vente et les vins sont vendus chez des
cavistes du sud en grande partie mais aussi dans des caves de France et de Navarre.
 

Domaine du Clos Roca
34320 Nizas
04 67 25 19 43
contact@closroca.com
www.closroca.com 


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- 21:17 - rubrique Vins - Permalien - 0 commentaires

Mercredi 06 Juin 2007

Le vin, l’image du vin, la réponse des Vins de Pays de l’Atlantique

Avant chaque Salon, les organisateurs de Vinexpo commandent une enquête ; il y a deux ans, le thème en était la consommation de vin et les femmes et cette année les jeunes et le vin. De cette enquête, faite par BVA, il ressort que les jeunes assument parfaitement bien le plaisir de consommer du vin mais que cette consommation est réservée à des moments conviviaux et privés. Cette génération est également très consciente d’une nécessaire modération, les campagnes de prévention ont fait leur œuvre et c’est tant mieux. Beaucoup d’entre eux, connaissent les bienfaits d’une consommation maitrisée du vin sur l’organisme et sont conscients des méfaits des abus. Pour les jeunes, l’enquête privilégie les 20-25 ans, le vin est lié au plaisir, à la sociabilité, à la convivialité : on le boit et on le partage aux moments de fêtes et c’est aussi une occasion de découvertes. 81% des jeunes considèrent que le vin est un produit culturel qui marque une appartenance à un groupe social particulier, pour d’autres, c’est aussi un produit très tendance actuellement. 50,8%  avouent en consommer une fois par semaine ce qui est moins que les catégories d’âge supérieures.

Ce que montre cette enquête c’est la préférence des jeunes pour le vin, davantage que pour les alcools purs dont l’approche est cependant plus facile. Car celle du vin leur semble complexe surtout si  le milieu familial ou l’entourage n’ont pas permis une initiation ou une éducation au vin. Ils pensent qu’une éducation à la dégustation  vin est nécessaire pour connaitre le vin.

Qu’est ce qui les freine ou les gène dans leur achat de vin ? D’abord le prix, le plus souvent, partant du principe qu’un bon vin est rarement bon marché. Ensuite le langage alambiqué et hermétique des dégustateurs et le décryptage des étiquettes. Ils sont désemparés  lorsqu’ils doivent acheter du vin pour un repas, quel vin choisir pour accompagner le plat qu’ils ont cuisiné. Ils désirent des vins légers et fruités, moins complexes avec des indications de qualités organoleptiques et des conseils d’accords avec les mets sur les étiquettes. Sans doute parce que la plupart d’entre eux achètent leur vin en supermarché et qu’ils ne peuvent donc pas bénéficier des conseils d’un caviste.

Cette enquête révèle que les nouveaux consommateurs de vin désirent le faire sortir du carcan élitiste où il est mis et simplifier le choix des vins. Qu’ils désirent aussi pouvoir acheter des vins avec un bon rapport qualité/prix.

Les producteurs et les acteurs de la filière vin y songent depuis un moment déjà et essais de rajeunissement de l’image du vin ont été tentés pour produire des vins légers et fruités, des vins de cépage facilement repérable, des vins au merchandising plus jeune.

C’est ce à quoi se sont attelés les producteurs de vin de l’Aquitaine.

L’idée est née en 2003 et a vu sa réalisation 3 ans plus tard lorsque la dénomination : Vins de Pays de l’Atlantique a été définie par le décret du 18 octobre 2006. Cette réalisation en temps record fut menée par le Comité Régional des Vins d’Aquitaine.

Pourquoi cette nouvelle gamme de Vins de Pays ? Il fallait simplifier la visibilité, produire des vins plus simples pour des nouveaux consommateurs qui ne sont pas des experts, nous dit Christian Mabille, venu représenter le Conseil Régional. La région a été partie prenante dans cette cogitation qui s’est effectuée avec les professionnels et les comités de bassins et donc le CRVA a été la cheville ouvrière. Cette gamme de vins de pays permet d’élargir l’appellation à 5 départements : Charente et Charente Maritime, Dordogne, Gironde et Lot et Garonne.

Pierre Cambar, directeur du CRVA,  explique que Bordeaux et le négoce a accepté de revenir sur son privilège et de reconnaitre la mixité de ces vins de pays avec les vins d’AOC en 2004, ce qui n’était pas si évident à Bordeaux. Le dossier a été confié au CRVA qui  a travaillé sur cette idée nouvelle de segmentation des vins d’Aquitaine en proposant une gamme par type de vins, par tranche de prix (entre 2,50 € et 5 €) qui rend une image plus claire et plus lisible par la consommateur : l’accent est mis sur le cépage – les cépages recommandés par chaque département -  qui devient un point de repère facilitant le choix d’un vin. On achète plus du rouge, du  rosé ou du blanc, mais un merlot, un cabernet sauvignon, un camenère, un ugni blanc ou un assemblage des cépages autorisés par les cahiers des charges des bassins de production. Ce sont des vins de plaisir, souples, fruités, ronds, prêts à boire qui sont élaborés en cuves avec une extraction légère qui met en valeur le fruit.

Il y a eu une recherche sur le design des bouteilles - la bordelaise classique est souvent abandonnée - sur celui des étiquettes - plus modernes, moins conventionnelles qui mettent en avant le cépage et donc donnent une idée du goût du vin - et sur celui des bouchons-: certains sont à vis, d’autres ont des collerettes de couleur - l’ensemble est moins conventionnel et plus attractif. Le but de cette révolution est d’offrir à des consommateurs débutants une entrée plus accessible dans l’univers du vin. Des consommateurs qui auront envie d’aller plus loi dans la découverte du vin, de passer à d’autres types de vin, de progresser dans l’apprentissage de la dégustation et de la connaissance de vins plus complexes, de vins de garde. Espérons que la notion de terroir, qui est vraiment une particularité des vins européens et qui a donné aux vins français leur identité et leur qualité, ne disparaisse pas.  Elle sera toujours primordiale pour les grands vins et les vins de niche, il semble que l’on se dirige vers des productions très différenciées des vins qui correspondent à des demandes des consommateurs.

 


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Samedi 05 Mai 2007

Le geste vigneron

La rencontre des vignerons d’Europe à Montpellier a réuni un certain nombre de vignerons qui venaient débattre de leur métier, de leurs problèmes, de leurs réussites et mettre leurs expériences en commun pour faire réfléchir sur le vin, tellement vilipendé actuellement et en crise dans certains terroirs.

Parmi ces débats, un était intitulé “Le Geste Vigneron”.

Je vous invite à aller écouter cette intervention faite par Yvon Minvielle, vigneron prés de Bordeaux.

Avec sa femme Olympe, il cultive la vigne en biodynamie et élabore un vin remarquable.

Ils nous font partager leurs émotions et leurs réflexions sur leur blog que je vous conseille d’aller lire, vous y découvrirez et apprendrez des choses très intéressantes.


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Jeudi 22 Mars 2007

Fargues, un trait d’union entre passé et futur.

Un peu à l’écart du village, se dressent les murs, en ombre chinoise, du Château de Fargues. Ces ruines majestueuses de ce château construit par un neveu du pape Clément, sont animées par le vol des pigeons qui habitent ces murs.
Fargues, une belle demeure qui se dévoile au bout d’une allée de pins centenaires,  est une exception dans le Sauternais. C’est, en effet, presque autant une ferme qu’un vignoble, une propriété paysanne ainsi que la nomme Alexandre de Lur Saluces, maître de ces lieux. Avec de belles vaches bazadaises à la robe chamoisée qui donnent le fumier qui enrichit la terre et sont primées  dans les concours agricoles, quelques hectares de maïs, d’autres de forêts de pins et quinze hectares de vignes dont deux en jachère actuellement. Un quasi anachronisme dans notre monde de rentabilité !
Mais Fargues n’est pas figé dans le passé, les grues au dessus des chais en témoignent. Les barriques et les pressoirs étaient trop à l’étroit dans la grange aménagée en chai. Tonneaux et bouteilles  pourront bientôt reposer tranquillement dans de beaux chais neufs et les visiteurs pourront déguster le précieux liquide dans la salle de dégustation, spécialement conçue pour leur plaisir.
Les concessions à la modernité sont rares : les tracteurs ont remplacé les chevaux, les pressoirs sont modernes, les presses programmables, les chais climatisés. Cependant pour le reste, la tradition demeure, ce n’est pas du passéisme, mais un respect de la nature, des gestes et des  techniques dont les années ont montré l’efficacité, à Fargues le vin est le fruit de la nature et du travail des hommes.
Voila pourquoi cette propriété paysanne est encore plantée de pieds de plus de 70 ans, selon l’ordre ancien de 4 pieds de sauvignon pour 1 pied de sémillon et selon l’ordre de trois rangs étroits pour un large qui permettait de laisser le passage aux chevaux, des tracteurs maintenant, lors des labours et des traitements.
Il en est ainsi pour les méthodes culturales, les gestes sont toujours les mêmes. Le sol est labouré plusieurs fois par an : deux grands labours et au moins quatre labours réguliers pour éviter l’enherbement car trop d’humidité en montant vers les raisins nuirait à leur bonne évolution. Le sol est régulièrement griffé, les ceps sont rechaussés et ressortis. Lorsqu’une parcelle est arrachée, après deux ans de jachère qui permet aux parasites de mourir tranquillement par manque de nourriture, la croûte argilo calcaire est cassée, le drainage est refait, le sol retourné en profondeur et nourri très généreusement du fumier des vaches du domaine. C’est la seule fois que le sol sera grassement nourri, après le fumier est distribué à doses homéopathiques, parce que la vigne témoigne du sol et du sous-sol et que si l’on met trop d’engrais, la pourriture ne se fait pas pareil. La végétation s’en ressent car le manque d’aliments limite les pousses de la vigne et de l’herbe ce qui permet à la sève de se concentrer sur les raisins. Le travail du sol continu est idéal pour aérer le sol et laisser la terre meuble, même s’il est couteux en main d’œuvre et en matériel agricole.
Les ouvriers de la vigne travaillent à la tâche, c’est-à-dire qu’ils ont la responsabilité des mêmes parcelles de vigne plusieurs années durant. Cette connaissance des pieds de vigne sous leur responsabilité est importante du fait du système de plantation et de la cinquantaine de travaux effectués dans la vigne tous les ans. L’ouvrier sait ainsi quel est le soin exact dont a besoin la vigne pied par pied, ces travaux répétés embellissent la vigne  qui peut alors offrir ce qu’elle a de meilleur. La taille d’hiver est sévère pour permettre la concentration par botrytis, les tiges sont sélectionnées : tout bois abimé portant des risques de mauvaise contamination est coupé. Les tiges sont palissées à l’aide de brins d’osier pour que l’air circule entre les grappes. Les ouvriers surveillent attentivement la vigne durant les mois précédents les vendanges, ils surveillent l’enherbement, surtout si le temps est humide, la concentration d’humidité et son évaporation vers les grains provoqueraient une mauvaise pourriture, ensuite l’effeuillage avant les vendanges, les feuilles qui cachent le soleil levant sont ôtées pour aérer les grappes et faciliter plus tard le travail des vendangeurs. C’est très important car comme le dit Guy Latrille : « les feuilles font aussi le sucre ».
Arrivent les vendanges, lorsque le botrytis a fait son travail et que les baies pèsent 20 % Vol. potentiel c’est-à-dire environ 340 gr de sucre. Ce paramètre est très important car le grain nourrit le jus qui formera les levures puis la transmutation par les levures du jus de raisin. Panier au bras et sécateur à la main, les vendangeurs passeront dans les vignes, des semaines durant, ne cueillant que ce qui est pourri au rythme des tries successives, on commence par le sauvignon dont le botrytis est plus précoce. Ces tries successives, qui corrigent ce que la nature a fait, donneront des vins plus réguliers et plus complexes, et si par la suite, chaque cépage est fermenté séparément les vins obtiennent alors plus de bouquet. A Fargues pas de muscadelle, cépage plus délicat et dont les risques d’oxydation peuvent faire mal vieillir les vins, seulement du sauvignon qui donne au vin la finesse et du sémillon, le corps. Les vendanges durent longtemps, les ouvriers ne cueillant que le bon pourri, faisant tomber le mauvais. La pluie est redoutée surtout si elle dure, les grains gonfleront alors tellement qu’ils seront impropres à la cueillette, c’est ainsi que, certaines années, 80%  de la vendange peut être perdue, voire même toute la vendange. Le gel, lui, est plutôt un allié, concentrant le jus. Les pressurages seront encore lents, mais ils le sont toujours pour ne pas abimer les raisins, le rendement naturel d’une telle sélection est de 8 hectolitres à l’hectare.
Pressés, les jus fermentent  tranquillement dans des barriques avant d’être assemblés pour la vinification en fûts de chêne neufs. Surveillance attentive, travail délicat que la fermentation des liquoreux, transmutation réalisée par la levure. Si la fermentation reprend ce peut être des tonneaux perdus, là encore la sélection est  impitoyable.
Arrive la mise en bouteille, les bouteilles sont alors tirées, couchées, c’est-à-dire qu’elles sont couchées afin que le vin se repose avant d’être relevées pour  l’étiquetage et l’expédition. Les nouvelles étiquettes de Fargues sont extrêmement dépouillées, sur un papier aussi protégé que des billets de banque en raison des risques de copiage, on y lit juste le nom de la propriété et l’année, les mentions légales sont reléguées sur un passe.
 

Tout le travail de ce vignoble est une quête tendue vers le but poursuivi : l’excellence dans le respect de la nature et la qualité du travail des hommes car les ouvriers sont encore présents toute l’année dans  la vigne qui vit par et pour les hommes.


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Mercredi 26 Juillet 2006

Eloge de l'ivresse



Dionysos au banquet, mosaïque romaine

Et, tandis que Dionysos gémit, voici qu’une grande merveille se produit sous ses yeux.
Le corps sans vie se redressa, ondulant tel un reptile,
Et Ampélos serpentant devint une délicieuse plante fertile.
A mesure que le corps sans vie se métamorphose,
Son ventre s’étira et devint tronc, ses doigts vrilles et ses pieds racines.
Les rinceaux de ses boucles furent grappes,
Sa peau de faon se couvrit d’une chatoyante floraison de fruits,
Des pampres naquirent de son long col,
Le coude replié n’est qu’un sarment tendant ses raisins,
Son front aux volutes cornues s’incline sous le poids des grappes.
Ce qui fut son ami devint son doux ombrage.
Dionysos mord le raisin, goûte au brûlant breuvage.
Et le sang d’Ampélos rosit ses blanches mains.

Nonnos de Panopolis, les Dionysiaques.

C’est ainsi que le nom de Dionysos, le « deux fois né » trouve toute sa signification. Cette transformation d’Ampélos en cep de vigne va permettre à Dionysos d’accomplir sa mission terrestre : faire connaître le vin aux hommes et leur enseigner la vinification. Ce dieu apporta au monde antique, puis à toute une partie du monde, une manne exceptionnelle. Le vin était, en effet, le pétrole de l’Antiquité. Un des personnages du «Satiricon » de Pétrone, Trimalcion raconte au cours d’un banquet comment il a fort bien supporté la perte de cinq navires chargés de vin : « Et pourtant, dit-il, le vin, à cette époque, c’était de l’or ».
La production et la mise en marché du vin concerne directement ou indirectement de nombreux métiers et secteurs économiques : un artisanat énorme - construction de jarres pour la vinification, d’amphores et d’outres pour le transport, d’une vaisselle vinaire -, des routes marchandes extrêmement fréquentées, un commerce remarquablement rémunérateur à tel point que l’empereur Domitien promulgua un décret pour que les vignes de la Gaule soient arrachées afin que les romains puissent garder l’exclusivité de l’élaboration et du commerce du vin. Cet édit n’eut pas vraiment le résultat escompté puisque, en Gaule, les vignobles du Rhône et du Bordelais continuèrent à progresser. A progresser véritablement car les vignobles quittèrent les terres fertiles, réservées au blé, pour les terres plus ingrates où ils prospèrent, mettant en valeur des sols jusque là infertiles et éliminant les cépages grossiers.

VIN, ECONOMIE ET CULTURE
La vigne et le vin semblaient, et semblent toujours, être reconnus comme une valeur nationale et économique importante : si, actuellement, la France est l’une des premières destinations touristiques du monde, elle le doit, en partie, à la qualité de sa gastronomie et de ses vins. Cette culture du vin a créé la diversité de ses paysages protégés fréquemment par la vigne, ainsi que le patrimoine architectural lié souvent à la viticulture, et, surtout, la convivialité de son accueil dans lequel le vin est très présent. On doit aussi à la vigne un patrimoine viticole dont la valeur est considérable et a attiré de nombreux investisseurs internationaux, des centres de formation techniques et œnologiques, agronomiques, et autres universités, reconnus dans le monde entier. La fabrication de matériels spécialisés en viticulture, en caves vinaires, en conditionnement de produits (n’oublions pas que ce sont nos ancêtres les Gaulois qui ont inventé le tonneau), génère de nombreux emplois. De même que les verreries, certaines prestigieuses, fabriquent verres, carafes et bouteilles concomitant d’un art de boire lié à une convivialité dans tous les milieux et lors de toutes sortes d’évènements. Il en est était de même dès l’Antiquité et tout au long des siècles de notre histoire en Europe.

En effet, le vin est la boisson habituelle et quotidienne des populations méditerranéennes depuis au moins 2500 ans. Avec le blé, il a été l’un des facteurs du développement de la civilisation gréco-romaine et de ses valeurs, dont nous sommes les héritiers et les continuateurs, ils sont même devenus les symboles religieux les plus représentatifs. Autour du vin se développa tout un art de vivre : banquets, libations, art de boire lié à des rites et fêtes, c’est la boisson des réjouissances, des fêtes religieuses et sociales. C’est aussi le compagnon de la galanterie. C’est également avec du vin que l’on scelle des alliances, des contrats, des victoires, que l’on dompte les peuples : les rois ne manquaient pas d’offrir des fontaines de vin au peuple lors de leurs entrées dans les villes de France. Le vin est un élément civilisateur, les rois, les empereurs, voire les papes se servent des dieux du vin ou des symboles sacrées du vin pour établir une société harmonieuse dont les rites et les pratiques du vin serviront d’exemple. A ces vertus civilisatrices se substituent les plaisirs sensuels du vin ; le corps se détend par l’entremise des sens : l’oreille est réjouie par le bruit du vin versé dans le verre, le nez charmé par l’odeur, l’œil séduit par la robe, et le goût enchanté par la saveur du vin. Les poètes chantèrent l’alchimie mystérieuse que cette divine boisson fait subir aux cerveaux humains, le bonheur de boire, les délices de l’ivresse. Car le vin, par l’ivresse, est aussi une transgression nécessaire à l’homme. Le vin qui a guérit Dionysos de son chagrin, donne l’oubli du monde terrestre, de ces vicissitudes et douleurs morales ; lorsque le vin manquaient autrefois, le peuple se révoltait, tout comme il ne supportait pas les taxes élevées qui pesaient sur le vin. L’ivresse est magique et conduit en des contrées qui éclairent, illuminent, renseignent sur le fonctionnement de la raison, sur ses limites. Alexandre Dumas dira que le vin est la partie intellectuelle du repas. Le corps devient autre chose que l’enveloppe de l’esprit, le réceptacle de l’âme, car l’ivresse va contribuer à l’enthousiasme, cette heureuse panique qui mène à l’essence des choses, c’est-à-dire que le vin entraîne vers l’aperception des sensations et des perceptions que seul Dieu, selon Leibniz, est capable de connaître. Alors que l’ivresse absolue en opérant une transvaluation des valeurs et une atteinte à l’ordre est une faute majeure, l’homme se rapprochant dans ce cas de l’animal.
La griserie est donc une aspiration vers le divin, la réalisation du projet de Dionysos libérateur de donner aux hommes une boisson cathartique.
Et pas seulement à l’esprit, car, durant cette longue période, les produits de la vigne ont été utilisés tout au long de l’histoire pour protéger l’espèce humaine de toutes sortes de maladies ou de dangers. Ulysse dans son Odyssée emporte du vin dans des outres, et au pied de l’Etna s’en sert pour lutter contre le géant Cyclope, le mélange de vin et d’eau permettait de rendre buvable une eau dont on n’était pas sûr de la qualité, Arnaud de Villeneuve l’un des doyens les plus connus de l’Ecole de médecine de Montpellier invente au XIII° siècle la distillation du vin pour en faire « l’eau de vie » (Aquae Vitae) qu’il utilise pour ses blessés et malades. Plus tard, les Hollandais s’en servent sur leur flotte à voile marchande pour assainir l’eau de consommation qui, après plusieurs mois de mer, devenait impropre à la boisson.
Le corps médical semblait reconnaître les bienfaits du vin sur la santé : depuis plus d’une dizaine d’années, de nombreuses études scientifiques et médicales confirment l’intérêt du vin : relations sociales plus cordiales, digestion plus facile, action protectrice contre les maladies cardio-vasculaires et l’infarctus, contre les maladies neurologiques et d’Alzheimer, propriétés anticancéreuses et anti-oxydantes, (antivieillissement). Boire un à deux verres de vin durant les repas est très utile à la santé et n’est pas contraire à la sécurité routière !!!!

Comme le chante Thespis, dans le Platée de Rameau :
« Qu’un doux transport me saisit et m’inspire

Charmant Bacchus, dieu de la liberté
Père
de
la sincérité
Aux
dépens des Mortels, tu nous permets de rire

Mon cœur plein de la vérité
Va
se soulager à
la dire
Dussai-je
être mal écouté. »

Le vin conduit à cet état que les Grecs appelaient « entheos », en-dieu, qui permet d’accéder à l’insouciance, à la légèreté provoquée par la réconciliation avec soi-même, par la fin d’une certaine aliénation. L’ébriété est la preuve de l’existence d’une énergie par ailleurs négligée qui mène à la connaissance d’une partie de soi ignorée.

IN VINO VERITAS


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Jeudi 01 Décembre 2005

Boire ou ne pas boire?

 Lu dans Vitisphère une réflexion très pertinente sur la consommation de vin et une proposition intéressante d’éducation au vin.

Depuis 50 ans, en France, la consommation de vin a diminué de moitié ! Malgré une augmentation des autres produits alcoolisés, la consommation d’alcool a globalement diminué de 40%. Autrefois, 4ème au classement pour la consommation d’alcool, la France est désormais au 14èmerang!
Au moment où la viticulture française est dans une crise grave, le rapport Chabalier apparaît inopportun aux vignerons. Lire les réactions du Président du CIVB ou celle d’associations de vignerons et de consommateurs, excédés parce que le vin est souvent visé…
L’alcoolisme est un drame, et nous le savons. La France sociale n’est plus homogène, elle est formée de groupes de français qui ont des aspirations de plus en plus différenciées. Le monde bouge, la Politique et la Loi doivent s’adapter à ce changement radical de la société française


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- 21:20 - rubrique Vins - Permalien - 0 commentaires

Jeudi 18 Août 2005

Les femmes et le vin 2

Hommes et femmes ne sont pas égaux face au vin

grappe de gewurstraminer

On observe toujours dans l’addiction à l’alcool une prévalence des hommes (58,5%) sur les femmes (41,5%), et c’est heureux car les femmes supportent moins bien l’alcool que les hommes. Le taux d’alcoolémie augmente plus vite car la masse musculaire est moins importante chez les femmes et c’est dans les muscles que le vin diffuse. En conséquence, pour une même quantité d’alcool absorbée, on remarque une plus grande concentration d’éthanol dans le sang chez les femmes. Les femmes éliminent moins vite et leur réaction à l’alcool varie selon les incidences hormonales. Quelques chiffres : pour un poids de 70 kg, boire deux verres de vin de 12 cl provoque un taux d’alcoolémie de 0,41gr à jeun pour un homme et 0,48 gr pour une femme, 0,27 gr pendant un repas pour un homme et 0,31 gr pour une femme.
Est-ce pour cela qu’elles sont plus raisonnables ?
Dans un rapport au 1er ministre de 2004, le Directeur Général de la santé, le Professeur William Dab avance les chiffres de 45 000 décès par an dus à une surconsommation d’alcool concernant les cancers des voies aéro-digestives, des affections digestives et respiratoires, des maladies cardio-vasculaires, des accidents, des troubles mentaux.  Parmi ces victimes de l’alcoolisme, 7000 sont des femmes c’est-à-dire un décès sur 6. La mortalité due à l’alcool concerne 0,5/1000 chez les femmes, à titre de comparaison il est de 3/1000 chez les hommes.   L’alcoolisme féminin est plus caché, mais il frappe quand même des femmes souffrant de solitude, de frustration, de manque d’estime ou de confiance en soi. Les femmes boivent dans l’intimité de leur maison, chez elles et souvent seules. La culpabilité est toujours là et les moqueries vis-à-vis des femmes prises de boisson  limitent sans doute chez certaines la consommation de vin ou  d’alcool.  
Les romains qui interdisaient aux femmes de boire au prétexte qu’il était abortif n’étaient pas très loin de la réalité. S’il est un moment de sa vie où une femme doit s’abstenir de boire c’est bien lorsqu’elle est enceinte. L’alcool passe directement dans le fœtus et cela a toujours des conséquences graves si l’absorption d’alcool est régulière, importante et à jeun. En France, on recense 1000 cas par an de syndrome d’alcoolisme fœtal chez  des nouveaux nés dont les mères ont consommé plus de 6 verres  d’alcool par jour et qui se traduisent par des risques d’accouchement prématuré, des dysmorphies faciales, des retards de croissance intra-utérins et des déficits intellectuels, c’est la plus grande cause de retard mental des pays occidentaux. Ces cas restent heureusement minimes dans notre pays où les femmes protègent précieusement la vie qui est en train de se former en elles. Cette manière d’agir touche surtout des femmes très démunies, privées d’instruction ou extrêmement dépendantes de l’alcool.
Car, depuis des décennies on note une baisse constante et régulière de la consommation d’alcool, en général.  Le 19ème siècle a inventé le terme alcoolisme qui a fait des ravages dans les populations les plus démunies, mais les progrès de l’hygiène et l’éducation et la scolarisation des femmes ont entraîné une baisse notable de la consommation de vin qui a diminué de moitié en trente ans passant de 126 litres par an et par personne en 1961 à 57 litre en 2001, hommes et femmes confondus. Une enquête réalisée pour Vinexpo par Cuisine et Vins de France du 17 février au 7 mars 2005 révèle que les femmes interrogées reconnaissent pour 63,6%  consommer du vin une fois par semaine et pour 73,3% moins souvent encore. Ce qui est très raisonnable puisque l’OMS préconise deux verres de vin par jour pour les femmes et conseille de les consommer plutôt durant les repas où il est mieux digéré et plus apte à résoudre les problèmes de santé plutôt qu’en dehors des repas qui entraîne plus facilement vers une dépendance.


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- 19:11 - rubrique Vins - Permalien - 0 commentaires

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