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Samedi 05 Juin 2010
Cabarets
Apparition des cabarets que cetains consommateurs vont préférer aux tavernes. Ils devinrent les nouveaux lieux de convivialité et de fêtes, voire de débauche pour certains. En tous cas des lieux très fréquentés par toutes les couches de la société.
La gloire des Cabarets

Illustration pour la chanson "Fanchon"
A partir du XVIIe siècle, les gens aisés se divertissent au cabaret laissant la taverne aux petites gens, c’est en tout cas ce qui ressort d’une lettre royale de 1680 dans laquelle on peut lire " Il n'y a que le menu peuple seulement qui se retire chez les taverniers."
Au XIIIème siècle, la langue française n'emploie qu'un mot pour désigner les personnes occupées au commerce du vin; Tavernier venant de taverne. Le mot cabaret n'apparaît qu'au XVème.
Au cabaret "l'on met la nappe et les assiettes et qu'avec le vin l'on y donne à manger"
Au XIVème siècle, première mention du mot cabaret dans un roman de Baudouin de Sebourc:
Même si certains taverniers faisaient asseoir chez eux des gens à qui ils servaient le vin en même temps que des comestibles froids qui aidaient à boire, jusqu'au XVIIème siècle, les taverniers ne faisaient pas de cuisine ce qui les distinguaient des cabaretiers qui préparaient des repas complets tout en servant du vin.
Les bourgs qui drainaient une population importante lors de foires et des marchés possédaient des cabarets ou des cafés lieux très importants les jours de foires car "chaque café sert de rendez-vous à des catégories professionnelles déterminées. (L. Wylie, un village du Vaucluse, 1968)
Exemple de Gondrecourt, dans la Meuse, après 1789, " Cabaretiers et aubergistes sont…. peu nombreux: 18 au total, mais seulement dans 7 localités sur 24, dont 2 aubergistes à Gondrecourt, 1 aubergistes et 2 cabaretiers à Bonnet, 3 cabaretiers à Dainville aux Forges, 1 aubergistes et 3 cabaretiers à Demange-aux-Eaux, 3 cabaretiers à Rosières en Blois……Les cabaretiers ne se sont installés que dans les villages de la périphérie. Ainsi notre région ne s'ouvre pas encore franchement ni à l'alcool, ni au vin… » F.Braudel, Identité de la France.
Un voyageur italien, S. Locatelli, prêtre de son état, écrit en 1664, à propos de la ville de Lyon: "Les trois cent mille habitants de cette ville boivent plus de vin qu'on en consomme en douze villes d'Italie; dans presque chaque maison se trouve un cabaret et, chose curieuse, aucun ne manque de pratiques."
1677, les échevins de la ville écrivent: " Nos habitants se rendent à La Croix Rousse où il se débite une grande quantité de "vins étrangers" et où il se forme tant d'entrepôts que toutes les maisons y sont autant de cabarets, ce qui attire le peuple de la ville, non seulement pour y boire, mais encore pour y prendre du vin par pots et par bouteilles que l'on fait ensuite entrer à Lyon."
Le faubourg de la Croix Rousse ne dépendait pas alors de Lyon et les cabaretiers étaient exempts des taxes qui frappaient ceux de Lyon.
Par l’expression de vins étrangers les échevins désignaient alors tous les vins régionaux qui n'avaient pas acquittés les droits d'entrée dans la ville: Beaujolais, de Millery, de Sainte Foy. Tandis que les vins de Lyon provenaient des crus de Fourvière, de l'Antiquaille et de Saint Hippolyte.
Le cabaret finit par connaitre le même déclin que la taverne avait connu auparavant. Ce qui lui valut d'être définit dans le Littré au XIXe siècle comme une "auberge de rang inférieur". En effet, vers le milieu du XVIIe siècle, le cabaretier fut remplacé par le traiteur dans la fonction de préparation et service des repas de noces, puis de préparer chaque jour des repas pour des clients de passage, des habitués. Ils deviennent "marchands de vin traiteurs". Au XVIIIe siècle, il permettait aux personnes travaillant hors de leur domicile de déjeuner rapidement et simplement pendant leur pause quotidienne.
Ils furent, eux-mêmes, remplacés, dans la fonction de préparer et servir des repas, par les restaurateurs dont le nom vient de restaurant signifiant alors:" aliment ou remède qui a la propriété de réparer les forces perdues".
Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, 1783: " Il n'y a pas plus de comparaison entre la cave d'un cabaretier et celle d'un gourmet qu'entre le savetier et le prince" et pour les tavernes appelées "cabarets borgnes; "Vous n'y viendrez pas, délicats lecteurs; j'y suis allé pour vous. Vois ne verrez l'endroit qu'en peinture, et cela vous épargnera quelques sensations désagréables. C'est là un réceptacle de la lie du peuple."
Quelle fut la cause de cet avilissement de ces lieux de convivialité? Les cabarets se sont multipliés en même temps que s’assouplissaient les lois les régissant.

Cabaret à Paris de Boilly
AUBERGISTES ET CABARETIERS
Le cabaret, à Lyon, fut plus proche des habitudes genevoises que des pratiques parisiennes, on y allait "boire pot" et l'on s'y rendait le cas échéant pour chercher du vin "à porte pot" et "manger un bout" le cas échéant..
Quant aux "zincs", "comptoirs", ils n'apparurent qu'au XIXeme siècle. Les statuts des cabaretiers remontent à 1587, année où Henri III donna des règlements communs aux marchands de vin, taverniers, cabaretiers et aubergistes de Paris.
A Lyon, les cabarets jouissaient d'une réputation assez favorable (la population étant plus calme), et on n'avait pas attendu les statuts de 1587 pour imposer aux cabaretiers des heurtes de fermeture assez strictes, à l'exception de quelques rares établissements autorisés à rester ouverts une partie de la nuit à l'intention des étrangers de passage et des voyageurs en quête d'un couvert.
A Lyon, sous l'appellation de cabaretiers, étaient désignés tous ceux qui donnaient à boire et à manger, qu'ils soient cabaretiers ou aubergistes - les taverniers ne pouvant débiter leur vin qu'à porte pot-. Les cabaretiers et aubergistes ne devaient recevoir personne durant les offices du dimanche, de même que pendant les trois derniers jours de la semaine sainte, et il leur était interdit de servir de la viande les jours maigres.
En ces lieux, les joueurs de carte s'en donnaient à cœur joie: au XVIeme, à Lyon, les ateliers de cartiers occupaient plusieurs centaines de personnes ce qui poussa le Consulat de la ville à s'opposer à l'impôt de Henri III sur les cartes. Par contre, il était hostile au tabac, en 1636, il prescrivit aux aubergistes et cabaretiers de ne tenir en leur logis aucune académie de tabac à pipe, à cause des insolences et mauvaises actions qui s'ensuivent et dont on entend les plaintes tous les jours.
Chaque cabaret devait être identifié par une enseigne qui pouvait n'être qu'un gros bouchon grossièrement peint (d'où les nom de bouchon pour désigner actuellement les bistrots). Parmi les cabarets les plus célèbres: le "Chardon Blanc" rue Palais Grillet où se régala Rabelais et où Bonaventure des Périers conduit le messager des dieux. Les aubergistes avaient comme patron saint Antoine de Padoue et ils s'entendaient pour pratiquer des prix raisonnables adaptés au confort de leur maison. Toutefois, il y eut des abus et le Consulat obligea les aubergistes à afficher leurs prix qui allaient de six sols à quinze sols pour les repas et huit à vingt sols pour les chambres. Boissons non comprises.
Mots-clés : cabaret

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Lundi 31 Mai 2010
Tavernes
Les tavernes étaient nombreuses, moutiers du diable d'après certains mais très contrôlées et surveillées à la fois par la maréchaussée et les autorités.
La loi et la vente du vin dans les tavernes
Très vite, les souverains se montrent soucieux de la bonne tenue des tavernes et cabarets et par des ordonnances légifèrent en la matière. Dès 1256, sous Saint Louis, un règlement, plusieurs fois reprit ordonne " aux marchands de vin, cabaretiers et taverniers… de ne recevoir chez eux que les passants ou étrangers, et défendu d'y souffrir les habitants ou domiciliés des villes, bourgs ou villages où ils sont établis, sauf à vendre du vin à pot pour emporter".
Cette mesure, fruit d'observations et de réflexions, tirait la leçon que l'homme est moins porté aux excès de boisson dans les lieux où il voyage qu'en ceux où il habite. Cela laissait aux taverniers, cabaretiers et autres hôteliers toute latitude pour profiter de la clientèle bien payante des étrangers.
Les fautes majeures pour lesquelles peuvent être puni ces débitants de vin sont mis en garde sont
- tenir maison ouverte à l'heure du service divin,
- tolérer les jeux de hasard et les blasphèmes,
- donner asile aux vagabonds, larrons et gens mal famés,
- servir des vins souillés ou mêlés.
A Bordeaux, des lois strictes réglementaient le métier de taverniers
De 75 tavernes que comptait la ville au début du moyen-âge, on en comptait 626 à la fin du XVIIe siècle.
Pour être taverniers, il fallait seulement répondre aux conditions suivantes:
- justifier d'une bonne conduite
- n'avoir pas de maladies contagieuses
- payer annuellement 20 sols bordelais à la Ville.
Ils sont officiellement désignés comme « officiers de la ville destinés pour mesurer le vin de ceux qui débitent en taverne à pot ou à pinte. Ils crient le dit vin par la ville, le percent et sont assidus pour le tirer et le vendre à tous survenants et ont leurs droits et statuts qu'ils sont tenus d'observer. »
- vendre des vins prohibés
- mêler vins vieux et vin jeunes
- ajouter de l'eau, ni autre substance
- commencer un tonneau avant d'avoir fini un tonneau entamé.
- Tenir et souffrir aucun jeu de cartes, ni gens blasphémateurs, querelleurs et suspects vagabonds
- Recevoir des gens mariés qui délaissent femmes, enfants et famille en voie de mendier
- Tenir taverne après la cloche de la retraite sonnée avec gens attablés.
Chaque année ils renouvelaient le « Serment des taverniers », et juraient ainsi
- D'obéir au maire, sous-maire et jurats
- De ne rien faire de préjudiciable aux intérêts de la ville
- De ne prendre d'autres vins que ceux des bourgeois, tant qu'il en restera
- De ne vendre, pendant toute l'année, que les vins des bourgeois et habitants de la ville
- De ne pas s'établir de trois jours auprès des bourgs qui commencent à vendre leur vin en taverne
- De fournir tout ce qu'il faut aux propriétaires pour vendre leur vin et leur rendre autant de francs par tonneau que le carton de vin se vendra de denier
- De s'efforcer de vendre le mieux possible les vins de Bordeaux
- De na tenir que de bonnes marchandises
- De n'exiger, pour salaire, que 15 ou 20 sous par tonneau selon la qualité des vins
- De faire bonne mesure tant aux vendeurs qu'aux acheteurs
Des privilèges financiers
La grande ordonnance royale de 1680 sur les aides précise que les gens qui pratiquent cette vente privilégiée en leurs maisons ou chez des taverniers agissant en leur nom sont tenus de produire " un certificat signé d'eux, contenant le dénombrement par tenants et aboutissants des vignes dont ils sont propriétaires et la quantité de vin qu'ils y ont recueilli avec déclaration qu'ils font façonner à leurs dépens." En effet, cette pratique était exempte des impôts "du quart et huitième" payé par les professionnels.
En 1698, Louis XII déclare: " si ces propriétaires ont reçu de nos prédécesseurs et de nous, pour la vente des vins de leur cru, aucuns privilèges et exemptions, ce n'a point été fait ni entendu pour faire vente en assiette et taverne, mais simplement en détail, parce que faire taverne est vil état et métier, et n'est loisible et n'appartient de ce faire à gens d'église, nobles, officiers et autres privilégiés."
Quiconque serait convaincu d'avoir vendu son vin de cette façon serait déchu de son privilège et astreint à payer, comme les taverniers et autres commerçants de cette catégorie, le droit de quart et huitième.
Ce privilège fut maintenu par des déclarations royales jusqu'à l'édit de septembre 1789 qui abolit les privilèges fiscaux dont bénéficiaient les propriétaires de vignes avaient joui jusqu'alors pour la vente des vins de leur cru.
Quasiment jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, le tavernier fut soit un propriétaire, soit l'employé d'un gros. Les grands seigneurs laïcs ou religieux, les couvents voire même le roi possédaient des tavernes qui "ne pouvant garder de caractère aristocratique que si elle n'avait rien d'un commerce lucratif, restait un moyen d'écouler le surplus de vin récolté par le vendeur sur ses propres terres". La taverne était, à ce titre, exempte des impôts frappant les cabarets.
Mots-clés : taverne

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Samedi 29 Mai 2010
Tavernes
Il y a quelques semaines j'avais écrit un court texte qui devait servir d'introduction à une histoire des tavernes, cabarets et guinguettes. Le temps passe, etc la patience est récompensée, voilà la suite dans le détail.
Rade, zinc, estaminet, caboulot, mastroquet ! Vous connaissez tous ces vocables désignant les endroits où l’on se retrouve pour boire, jouer ou discuter. Ce sont des noms modernes qui ont été donnés au XIXe siècle aux tavernes qui, elles, existaient à Paris depuis le XIIIe siècle.
Les premières tavernes gauloises

Les Gaulois exploitaient les vignes qu’ils avaient plantées dès le Ier siècle de notre ère. Bien que buveurs conséquents, ils n’arrivaient pas à tarir leurs tonneaux. Ils avaient besoin d’un débouché commercial pour écouler et vendre leur vin. A l’imitation des romains et en tant que gallo-romains, ils établirent des tavernes qui étaient des débits de boisson où les chalands se fournissaient en vin au jour le jour.
L’origine du mot vient de Taverniculae qui signifiepetites boutiques. Il s’agissait de cabanes primitivement indépendantes puis accolées à d'autres boutiques. A Rome, les tavernes étaient nombreuses et souvent tenues par des femmes, le plus souvent femmes de commerçants ou d'artisans. Lors des fouilles effectuées à Pompeï où les débits de boisson étaient, semble t’il, nombreux, on a retrouvé une fresque sur laquelle est dessinée une femme, nommée Valeria Hedone qui interpelle le passant en ces termes:" Beau militaire, on boit ici pour un as. Avec deux, on boit le meilleur. Avec quatre, du falerne."
Si vous passez par Dijon, ne manquez pas de vous arrêtez au musée archéologique. Vous pourrez y admirer un bas-relief gallo-romain de la fin du IIe siècle. Dans une rue pavée, un client botté et vêtu d'une cape tend au débitant de boissons une cruche à anse que le commerçant s'apprête à remplir au moyen d'un petit pot. Le tavernier est juché derrière un comptoir, assez haut, garni de coupes à pied sur la gauche, de louches et de deux écuelles. Au fronton, des cruches sont suspendues par ordre décroissant. Les coupes posées sur le comptoir laissent à penser que l'on pouvait consommer le vin debout au comptoir. En effet, une loi franque interdisait d'entrer dans une taverne et de s'asseoir pour consommer du vin. Les taverniers ne pouvaient vendre que du vin à emporter, seuls les cabaretiers et aubergistes pouvaient servir leurs clients assis à table.
Le goût du vin et le développement des tavernes
Durant tout le moyen-âge, le petit peuple des villes était presque essentiellement constitué de domestiques logés et nourris par le maître et des travailleurs manuels. Pour ces domestiques boire du vin était devenu une réalité quotidienne car la règle voulait que les serviteurs boivent un vin de même nature, sinon de même qualité que celle des maîtres. Avant le machinisme, les individus vivant en l'état de domesticité formaient une part importante de la population des villes et, pour eux, l'habitude de boire du vin était si fréquente que St Eloi, au VIIeme siècle parle de l'ivrognerie comme d'un vice assez ordinaire. Dans la plupart des jardins des hôtels ecclésiastiques, seigneuriaux et bourgeois on cultivait des vignes sur des treillages en berceau. Les vieilles expressions populaires de "jus de la treille" ou de " vin de la courtille" (ancien synonyme de jardin) nous rappellent à quel point cette modeste boisson était populaire. Lorsque le renouveau commercial des XIe et XIIe siècles eut permit à cette classe de sortir de l'état de domesticité pour une condition indépendante, elle refusât de retrancher de son ordinaire l'accessoire onéreux qu'était la ration quotidienne de vin.
Si une surabondance de vin ou une récolte de mauvaise qualité augmentaient les surplus de récolte, le propriétaire d'un hôtel faisait d'une des pièces qui ouvraient sur la rue une boutique où les passants, avertis par un signal placé au-dessus de la porte, pouvaient s'arrêter pour acheter du vin. Il pouvait aussi mettre son vin en dépôt chez un tavernier. Les édits médiévaux précisaient la manière dont devait être vendu le vin dans ces lieux : " à huis coupé et à pot renversé." Seul le volet supérieur de la porte, divisée en deux dans le sens de la hauteur est ouvert. Cela permet de verser le contenu d'un pot dans le récipient que tend l'acheteur resté dans la rue et qui ne peut entrer. Cette coutume survivra jusqu'au règne de Louis XV. La vente des surplus de récolte était considérée comme une opération noble que les personnages de haut rang pouvaient pratiquer sans déchoir. Les grands établissements religieux, les archevêques, les ducs, le roi lui-même usaient de ce droit. A la seule condition que la vente ne concerne que les vins récoltés par le propriétaire sur ses propres terres, ce ne devait, en aucun cas, être un trafic à fins lucratives.
Aller à la taverne constitue au M-A une distraction attrayante quoiqu’onéreuse. La plupart des parisiens et parisiennes fréquentaient régulièrement cabarets, tavernes et autres établissements servant de la nourriture et de la boisson. Les tavernes vendaient le vin à pot (en quantité) alors que le cabaret débitait de plus petite quantité. Les tavernes vendaient le vin des bourgeois; ce surplus de production était proposé par le crieur qui parcourait les rues, faisait goûter le vin et disait le prix de vente.
Les documents judiciaires brossent de ces établissements un tableau peu flatteur qu'il convient de nuancer. La taverne ou le cabaret ne sont pas seulement des lieux de délinquance où se rassemblent les mauvais garçons, où se déploie la violence, verbale d'abord par le blasphème puis souvent sanglante, et où fleurit la prostitution; ce n'est pas uniquement le "moutier du diable" comme le dit l'auteur du Mesnagier. En effet, la taverne est aussi un lieu accueillant pour d'honnêtes rencontres entre amis quand le logis est trop petit, l'endroit où se discute des affaires, où se célèbre un événement heureux. Ainsi les étudiants avaient leurs tavernes attitrées où se fêtait la réussite aux examens. La taverne joue un rôle majeur dans la sociabilité urbaine.
La littérature fournit une image, elle aussi exagérée, de ces endroits: là se déchaîne une vie débridée, sans les contraintes de la morale, paradis des plaisirs défendus. Or la taverne n'est pas toujours l'endroit d'un défoulement sans aucune retenue, où tous les clients s'enivrent, où ils ne font que jouer et se battre, où ils ne viennent chercher que des fillettes ou des prostituées. Mais ces établissements concentrent une partie des tensions et des violences parce que, à l'instar de la rue, la taverne est un lieu public, qu'il s'y produit des rencontres, des confrontations, qu'on s'y lance des défis, la criminalité s'y manifeste visiblement; toutefois pas autant que le déplorent les moralisateurs de l'époque. Il existe des établissements paisibles à côté d'autres moins recommandables. Impossible de distinguer les lieux de distraction, d'identifier les honnêtes des malfamés. En dehors des poèmes et pièces satiriques, les tavernes sont mentionnées dans les sources foncières, quelquefois avec leur enseigne, mais ces indications n'éclairent pas sur le genre de fréquentations de l'établissement. En revanche, une chose est sûre: dès qu'on s'élève dans l'échelle sociale, on avait moins besoin de ces établissements, on recevait parents et amis dans sa maison. Dès lors, fréquenter la taverne revenait à rechercher les plaisirs défendus.Le vin appartient à un courant d'échange, il voyage vers la ville proche. Les tavernes urbaines drainent une bonne part de la production des alentours pour une consommation populaire beaucoup plus fréquente qu'on ne l'a longtemps pensé, lorsqu'on assimilait le vin à un article de luxe. Même dans des régions éloignées des zones de production, comme le Nord et les Flandres, on buvait du vin à la maison et au cabaret. Près des zones de production, la consommation était courante. Les petites gens des villes consommaient, certainement des vins de médiocre qualité, sans rapport avec les fromentels blancs des jardins et vignes bourgeoises ou ecclésiastiques. Les marchés urbains n'ont cessé de se développer, au cours du XIIIe siècle, parce que la consommation de vin s'est popularisée.
Au fur et à mesure que grandissaient, dans les villes, le nombre des ouvriers, artisans indépendants et des gens qui ne possédaient pas de vigne, la vente "à huis coupé et à pot renversé" ne suffit plus. S'organise donc, dès la fin du Moyen-âge, un trafic mercantile dont les agents furent des commerçants en relation avec des vignerons producteurs.
Le tavernier distribuait à ses clients, par petites quantités, des vins de plusieurs sortes, tirés de futailles, entreposées chez lui et mises en perce. Une cave d'accès facile pouvait faire office de taverne. L’arrêt de Parlement de Paris, 1577, mentionne des "marchands ayant ouvert leurs caves pour faire tavernes", cela permettait au client de voir à quel fût était pris le vin qu'il achetait selon un règlement du roi Jean de 1351 interdisant au tavernier de refuser, à ceux de ses clients qui le demandaient de " voir traire le vin qu'il leur vendait"
De la fin du règne de François Ier aux dernières années de celui de Louis XIII, la taverne prit un sens de plus en plus vulgaire ce qui entraînât leur suspension de la liste des "marchands, vivandiers et proviseurs" ayant mission de suivre la cour en tous ses déplacements. Les 25 "taverniers tenant assiette à boire et à manger" de l'édit royal du 19 mars 1544 sont devenus 25 cabaretiers dans le texte de l'arrêt de Conseil du 6 juillet 1634 concernant les mêmes fournisseurs suivant la Cour. La mauvaise réputation de la taverne tient plutôt à ce qu'on y jouait et, par conséquent, qu'on s'y bagarrait. On y jouait de tout: à la paume, à la boume, aux dés, aux quilles aux cartes….. On joue gros et on se retrouve sans rien sur le pavé.

François Villon : Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie
" Car ou soies porteur de bulles,
Pipeur ou hasardeur de dés,
Tailleur de faux coins et te brûles
Comme ceux qui sont échaudés,
Traîtres parjurs, de foi vidés ;
Soies larron, ravis ou pilles :
Où s'en va l'acquêt, que cuidez ?
Tout aux tavernes et aux filles.
" Rime, raille, cymbale, luthes,
Comme fol feintif, éhontés ;
Farce, brouille, joue des flûtes ;
Fais, ès villes et ès cités,
Farces, jeux et moralités,
Gagne au berlan, au glic, aux quilles
Aussi bien va, or écoutez !
Tout aux tavernes et aux filles.
" De tels ordures te recules,
Laboure, fauche champs et prés,
Sers et panse chevaux et mules,
S'aucunement tu n'es lettrés ;
Assez auras, se prends en grés.
Mais, se chanvre broyes ou tilles,
Ne tends ton labour qu'as ouvrés
Tout aux tavernes et aux filles ?
" Chausses, pourpoints aiguilletés,
Robes, et toutes vos drapilles,
Ains que vous fassiez pis, portez
Tout aux tavernes et aux filles.
Mots-clés : Taverne

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Dimanche 11 Avril 2010
Les grands vignobles de Bourgogne, Saône et Loire
Le vignoble de Saône et Loire
Saône et Loire : vignobles du Chalonnais et du Mâconnais. Au nord autour Mercurey, Givry, Montagny, Rully et au sud dans le Châlonnais, connus pour les vins rouges et blancs, Le vignoble du Mâconnais au sud, célèbres pour ses vins blancs renommés de Puilly-Fuissé

Le vignoble de la Côte Chalonnaise et du Couchois
25 km entre la Côte de Beaune et les monts du Mâconnais.
Sols argilo-calcaires, argiles, marnes et calcaire du jurassique moyen.
Pinot nor, aligoté et gamay
un climat continental aux étés secs.
les appellations
Bourgogne Côte Chalonnaise,
Bourgogne Côtes du Couchois,
Bouzeron,
Givry,
Mercurey,
Montagny,
Rully

11000 ha, 650000 hl = 85 millions de bouteilles.
Entre les vallées de la Grosne et de la Saône.
sur des collines exposées sud-sud-est
un climat continental.
Les appellations
Mâcon,
Mâcon-Fouissé,
Pouilly-Fuissé,
Pouilly-Loche,
Pouilly-Vinzelles,
Saint-Véran
Viré-Clessé.

Crédits photos google.maps
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Samedi 03 Avril 2010
Les grands vignobles de Bourgogne: la Côte d'Or
Au confins de la Champagne et de la Bourgogne,
sur des calcaires argileux oxfordiens,
entre climat continental et océanique,
pinot noir, aligoté, pinot blanc, chardonnay, gamay.
Les appellations
Bourgogne rouge et rosé,
Bourgogne blanc
Crémant de Bourgogne.
Les vignobles de Côte de Nuits et Haute Côte de Nuits
20 km de long et 300m de large de Dijon à Corgoloin
9400 ha,
53 millions de bouteilles
calcaires jurassique.
On y trouve les plus grands crus, les vins les plus réputés.
Ce vignoble produit l’ensemble des appellations régionales:
Bourgogne
Bourgogne Aligoté
Bourgogne Passe-Tout-Grain,
Crémant de Bourgogne.
Les appellations
Il y a d'abord les appellations régionales génériquesBourgogne, Bourgogne aligoté, Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune, Bougogne Hautes-Côtes de nuits, Bourgogne Clairet Hautes-Côtes de Nuits, Crémant de Bourgogne
Et dans chaque appellations des Grands Crus, 1ers crus et des appellations communales
Marsannay
Gevrey-Chambertin
Grand Cru: Mazoyères-Chambertin, Latricières-Chambertin, Chambertin, Charmes-Chambertin, Griotte-Chambertin, Chapelle-Chambertin, Chambertin Clos de Bèze, Mazis-Chambertin, Ruchottes-Chambertin.
1er Cru: Aux Combottes, En Ergot, Petite Chapelle ou Champitennois, Cherbaudes, Clos Prieur, La Perrière, Au Closeau, Les Corbeaux, Fonteny, Champonnet, Craipillot, Clos-du-Chapitre, La Bossière, Les Varoilles, la Romanée, Poissenot, Estournelles-Saint-Jacques, Lavaut-Saint-Jacques, Clos Saint-Jacques, Les Cazetiers, Petits Cazetiers, Combe-aux-Moines, Les Goulots, Champeaux, Bel Air, Clos de Varoilles, Issarts.
Fixin
1er Cru: Queue de Hareng, Clos de la Perrière, Clos du Chapitre, Aux Cheusots, Clos Napoléon, Les Meix Bas, Hervelets, Arvelets.
Morey-Saint-Denis
Grand Cru: Clos de la Roche, Clos Saint-Denis, Clos des Lambrays, Clos de Tart, Bonnes-Mares
1er Cru: La Bussière, Les Ruchots, Les Sorbès, Clos Sorbé, Clos Baulet, Les Blanchards, La Riotte, Les Millandes, Le Village, Les Gruenchers, Chenevery, Les Faconnières, Les Charrières, Clos des Ormes, Cheseaux, Aux Charmes, Les Chaffots, Les Genevrières, Monts Luisants, Côte-Rôtie, Les Loups
Chambolle-Musigny
Grand Cru: Musigny, Bonnes Mares
1er Cru: La Combe d-Orveau, Les Borniques, Les Chabiots, Les Feusselotes, Les Carrières, Les Cras, Les Fuées, Derrière-la-Grange, Les Gruenchers, Les Lavrottes, Les Sentiers, Les Baudes, Les Noirots, Les Groseilles, Aux Beaux Bruns, Aux Echanges, Aux Combottes, Les Plantes, Les Chatelots, Les Charmes, Les Doits Hauts, Aux Amoureuses, les Combottes, Les Véroilles.
Vougeot
Grand Cru: Clos de Vougeot
1er Cru: Les Petits Vougeots, Les Clos Blancs, Les Cras, Clos de la Perrière.
Flagey-Echezeaux
Grand Cru: GRands Echezeaux, Echezeaux
1er Cru: Les Beaux Monts, Les Rouges, En Orveaux.
Vosne-Romanée
Grand Cru:La Tâche, La Grande Rue, Romanée-Saint-Vivant, Romanée-Conti, La Romanée, Richebourg, Grands Echezeaux, Echezeaux
1er Cru: Clos des Réas, Les Chaumes, Aux Malconsorts, Les Gaudichots, La Croix Rameau, Aux Raignots, Les Petits Monts, Cros Parentoux, La Combe Brûlée, Les Beaux Monts, Aux Brûlées, Les Suchots, Au Dessus des Malconsorts,En orveaux, Les Rouges.
Nuits-Saint-Georges
1er Cru: Les Terres Blanches, Chaines Cartaux, Les Vaucrains, les Chaboeufs, Les Vallerots, Les Poulettes, Roncière, Les Pruliers, Les Hauts Pruliers, Les Cros, Rue de Chaux, Les Procès, Les Porrets Saint-Georges, Les Perrières, Les Cailles, Les Saint-Georges, Aux Argillas, Aux Thorey, Aux Champs Perdrix, En la Perrière Noblot, Les Damodes, Aux Boudots, Aux Cras, La Richemone, Aux Murgers, Aux Chaignots, Aux Vignerondes, Aux Bousselots, Aux Perdrix, Château Gris, Clos Arlot, Clos de La Maréchale, Clos des Argillières, Clos des Corvées, Clos des Corvées Paget, Clos des Forêts Saint Georges, Clos des Grandes Vignes, Clos des Porrets Saint Georges, Clos Saint Marc, Les Argillières, Les Didiers, Les Dominodes.
Les vignobles de Beaune et des Hautes Côtes de Beaune
Autour de Beaune
sur les coteaux orientés vers l’est entre Ladoix-Sérigny et le coteau des Maranges
sur des marnes du jurassique moyen et supérieur et des calcaires marneux.
On y cultive surtout le pinot noir.
Les appellations
Aloxe-Corton
Grand cru : Corton-Charlemagne, Charlemagne, Corton.
Premier Cru: La Vigne au Saint, Les Combes, Les Fiètres, Les Perrières, Les Grèves, Le Clos du Roi, Bressandes, Les Maréchaudes, Les Vergennes, Renardes, Le Rognet-Corton, Les Meix, Les Petits Vercots, Boulmeau, Clos Boulmeau, Les Chaillots, Les Guérets, Les Brunettes, Les Sallières, Les Genevrières, La Boulotte, Les Fournières, Les Planchets, Les Vercots, Les Paulands, Suchot, Les Valozières, Chaumes, Les Languettes, Les Pougets, Le Clos du Corton, Clos des Maréchaudes, Clos du Chapitre, La Coutière, La Maréchaude, La Toppe au Vert, Les Moutottes, Les Petites Lolières.
Pernand-Vergelesses
1er Cru: Ile des Vergelesses, en Caradeux, Clos du Village, Sous Fretille, Creux de la Net, Les Fichots, Vergelesses.
Ladoix-Serigny
1er Cru: La Corvée, Les Joyeuses, Les Madonnes-Vieilles Vignes, Les Gréchons, Les Buis, En Naget, Bois Roussots, Hautes Mourrottes, Basses Mourottes, Le Rognet, La Micaude, Le Clou d'Orge.
Savigny-Lès-Beaune
1er Cru: Redrescul, Les Rouvrettes, Les Hauts Jarrons, La Dominode, Les Narbantons, Les Hauts Marconnets, Les Marconnets, Bas Marconnets, Les Peuillets, Aux Guettes, Aux Clous, Aux Serpentières, Aux Gravains, Petits-Godeaux, Les Charnières, Les Lavières, Aux Fournaux, Les Talmettes, Les Vergelesses, Basses-Vergelesses, Bataillière, Champ Chevrey, Les Charnières, Les Jarrons.
Chorey-Lès-Beaune
Beaune
1er Cru: Les Montrevenots, Le Clos des Mouches, Les Epenottes, Les Boucherottes, Les Vignes Franches, Les Couacheux, Les Tuvilains, Belissand, Clos Saint-Landry, Pertuisots, Les Aigrots, Champs-Pimont, Montée Rouge, La Mignotte, Clos des Avaux, Les Sizies, Les Avaux, Les Seurey, Clos de la Mousse, Les Reversées, Les Sceaux, Aux Coucherias, Aux Cras, Les Teurons, Sur les Grèves, Les Bas des Teurons, Les Grèves, Les Toussaints, Les Bressandes, Les Cent Vignes, A l'Ecu, Les Fèves, Les Perrières, En Genêt, En l'Orme, Les Marconnets, Clos du roi, Blanches Fleurs, Clos de l'Ecu, Clos de la Feguine, Clos des Ursules, Sur les Grèves-Clos Sainte Anne.
Pommard
1er Cru: Les Chanlins Bas, Les Rugiens Hauts, Les Rugiens Bas, Les Jarolières, Les Chaponnières, Les Fermiers, Les Croix Noires, Les Combes-Dessus, Les Bertins, Les Poutures, Le Clos Micot, Derrière Saint-Jean, Le Village, Clos-Blanc, La refène, Clos de la Commaraine, Clos de Verger, Les Arvelets, La Chanière, La Platière, Les Charmots, En Largillière, Les Grands Epenots, Les Petits Epenots, Les Pèzerolles, Les Sausilles, Les Boucherottes, Clos des Epeneaux, Les Epenots, Les Rugiens.
Volnay
1er Cru: Les Caillerets-Clos des 60 Ouvrées, Santenots-Blancs, Les Caillerets-Dessus, Les Caillerets, Robardelle, En Champans, Les Lurets, Les Aussy, Le Ronceret, Carelles, La Gigotte, Les Grands-Champs, Carelle sous la Chapelle, En l'Ormeau, Les Mitans, Les Brouillards, Pointe d'Angles, Les Angles, Les Frémiets, Le Village, Clos des Chênes, Taille-Pieds, Clos de l'Audignac, Clos du Verseuil, Clos de la Chapelle, Clos de la Bousse d'Or, Clos du Château des Ducs, Clos de la Rougeotte, Clos de la Barre, Chanlin, Clos de la Cave des Ducs, Clos des Ducs, Clos des Santenots, En Chevret, Frémiets-Clos de la Rougeotte, Lassolle, Piture Dessus.
Monthélie
1er Cru: Les Champs Fulliots, La taupine, Clos Rougeot, Les Vignes Rondes, Sur la Velle, Château-Gaillard, Clos Gauthey, Les Riottes, Le Meix-Bataille, Le Village, Les Duresses.
Saint-Romain
Meursault
1er Cru: La Jeunelotte, Sous Blagny, Sous-le-Dos-d'Âne, La Pièce-sous-le Bois, Perrières, Charmes, Genevrières, Porusot, Les Bouchères, Les Gouttes-d'Or, Les Plures, Les Cras, Les Santenots-Blancs, Les Santenots-du-Milieu, Les Santenots, Clos des Perrières, Les Caillerets, Les Porusots.
Auxey-Duresses
1er Cru: Climat du Val, Clos du Val, Les Bréterins, La Chapelle, Reugne, Les Duresses, Bas des Duresses, Les Grands Champs, Les Ecussaux.
Blagny
1er Cru: La Pièce-sous-le-Bois, Hameau de Blagny, La Garenne, La jeunelotte, Sous Blagny, Sous le Dos d'Ane, Sous le Puits.
Chassagne-Montrachet
Grand Cru: Montrachet, Criots-Bâtard-Montrachet, Bâtard-Montrachet
1er Cru: Bois de Chassagne, Morgeot, Clos Pitois, Les Brussonnes, Abbaye de Morgeot, La Boudriotte, La Romanée, Les Grandes Rochottes, La Grande Montagne, La Maltroie, Clos Saint-Jean, Les Chaumées, Les Vergers, Les Macherelles, Les Chenevottes, Vide Bourse, En Remilly, Clos des Murées, Blachot Dessous, Cailleret, Champs Jendreau, Chassagne, Chassagne du Clos Saint Jean, Clos Chareau, Dent de Chien, En Cailleret, En Virondot, Ez Crêts, Ez Crottes, Francemont, Guerchère, La Cardeuse, La Grande Borne, La Roquemaure, Les Baudines, Les Boirettes, Les Bondues, Les Champs Gain, Les Chaumes, Les Combards, Les Commes, Les Embazées, Les Fairendes, Les Grands Clos, Les Murées, Les Pasquerelles, Les Petites Fairendes, Les Petits Clos, Les Places, Les Rebichets, Petangerets, Tête du Clos, Tonton Marcel, Vigne Blanche, Vigne Derrière.
Puligny-Montrachet
Grand Cru: Chevalier-Montrachet, Montrachet, Bâtard-Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet
1er Cru: Les Demoiselles, Le Cailleret, Les Pucelles, Clavaillon, Clos de la Mouchère, Les Perrières, Les Referts, Les Combettes, Champ-Canet, Clos de la Garenne, Les Folatières, Champ-Gain, La Garenne, Sous-le-Puits, Hameau-de-Blagny, La Truffière, Les Chalumaux.
Saint-Aubin
1er Cru: Les Champlots, La Châtenière, Les Frionnes, Les Combes, Sur le Sentier du Clou, Bas de Vermarain à l'Est, Derrière chez Edouard, Derrière la Tour, Echaille, En Créol, En la Ranche, En Montceau, En Remilly, En Vollon à l'Est, Es Champs, Le bas de Gamay à l'Est, Le Charmois, Le Puits, Les castets, Les Combes au Sud, Les Cortons, Les Murgers des Dents de Chien, Les Perrières, Les Travers de Marinot, Marinot, Pitangeret, Sous Roche Dumay, Sur Gamay, Vignes Moingeon, Village.
Santenay
1er Cru: Clos Rousseau, Grand Clos Rousseau, Les Gravières, Clos de Tavannes, la Comme, Beauregard, Passetemps, Beaurepaire, La Maladière, Clos des Mouches, Clos Faubard, Les Gravières-Clos de Tavannes.
Maranges
1er Cru: La Fussière, Les Clos Rousseots, Croix aux Moines, Clos des Rois, Clos des Loyères, Clos de la Fussière, Clos de la Boutière.
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Lundi 29 Mars 2010
Les grands vignobles de Bourgogne
Les vignobles de Bourgogne c’est 269 636 ha de vignes en AOC, 3% du vignoble français. Il s’étend sur 4 départements.
L’Yonne : vignobles de Chablis et d’Auxerrre, sur des plateaux calcaires riches en coquillages fossiles avec des coteaux orientés sud, sud-est. On y produit d’excellents vins blancs.
La Côte d’Or : Côtes de Nuits saint Georges et de Beaune, qui s’étend sur 60 km de Dijon au sud du département, on y produit les plus grands vins rouges et blancs de la Bourgogne.
Saône et Loire : vignobles du Chalonnais et du Mâconnais. Au nord autour Mercurey, Givry, Montagny, Rully et au sud dans le Châlonnais, connus pour les vins rouges et blancs, Le vignoble du Mâconnais au sud, célèbres pour ses vins blancs renommés de Puilly-Fuissé
On y récolte 1,5 millions d’hectolitres dont 61% de vins blancs, 31% de vins rouges et 8% de crémants.
Département de l’Yonne
Le vignoble de Chablis
(6200 ha, 520 domaines et 250 000 hl soit 33 millions de bouteilles)
Il fut en grande partie créé par les moines de l’abbaye de Pontigny, il s’étend le long du Serein sur des sols calcaires du Jurassique Supérieur
Les appellations
Chablis Grand Cru
sol kimméridgien (111 ha) est réparti en 7 climats : Blanchot, Bougros, Les Clos, Grenouille, Les Preuses, Valmur , Vaudésir et La Moutonne..
Chablis Premier Cru
40 climats regroupés en 1ers crus dont Montée de Tonnerre, Fourchaume, Mont du milieu, L »Homme mort
Petit Chablis (1562 ha)
1988 AOC Bourgogne Vézelay pour le vin blanc issu du chardonnay, pour le melon : Bourgogne Grand ordinaire
Bourgogne Côtes d’Auxerre (AOC 1990),
Bourgogne Chitry
Bourgogne Coulanges-La-Vineuse,
Irancy (AOC 1993 pour le cru de Palotte sur le village de Cravant )
Saint Bris (un cépage original : le sauvignon, AOC en 2002,
Crémant de Bourgogne (AOC en 1975)
Bourgogne Côte Saint Jacques (vin gris de pinot gris),
Bourgogne Epineuil (AOC, 1993),
Bourgogne Tonnerre
Vignoble de Vézelay
Planté en melon de Bourgogne, pinot noir et chardonnay.
Appellations
Melon de Bourgogne
Bourgogne blanc
Bourgogne Vézelay
Bourgogne rosé
Bourgogne rouge
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Dimanche 21 Mars 2010
Le vignoble de Bourgogne, du XIXème siècle à nos jours
XIXème siècle, l’âge d’or
Ce siècle commence avec une année d’exception : 1811, un millésime de légende, l’année de la comète.
Les maisons de négoce s’affirment, prospèrent et se multiplie. Omniprésentes à Beaune qui est la capitale du vignoble. C’est d’ailleurs dans cette ville qu’ont lieu les premières ventes aux enchères des Hospices de Beaune en 1851. Pour aider l’acheteur dans sa quête des meilleurs vins, on va comme dans d’autres régions établir des classements. Ici les classements se basent sur le terroir, sur chaque climat. 1861 : 1er classement selon 4 catégories : tête de cuvée qui deviendront les grands crus, 1ère cuvée pour les vins de 1ère classe (1er cru), 2ème et 3ème cuvées.
Liste des grands crus bourguignons
Bâtard-Montrachet
Bienvenues-Bâtard-Montrachet
Bonnes-Mares
Chablis grand cru
Chambertin
Chambertin-Clos de Bèze
Chapelle-Chambertin
Charlemagne
Charmes-Chambertin
Chevalier-Montrachet
Clos de la Roche
Clos de Tart
Clos de Vougeot
Clos des Lambrays
Clos Saint-Denis
Corton
Corton-Charlemagne
Criots-Bâtard-Montrachet
Echezeaux
Grands Echezeaux
Griotte-Chambertin
La Grande Rue
La Romanée
La Tâche
Latricières-Chambertin
Mazis-Chambertin
Mazoyères-Chambertin
Montrachet
Musigny
Richebourg
Romanée-Conti
Romanée-Saint-Vivant
Ruchottes-Chambertin
Pour mieux vendre leurs vins, les vignerons bourguignons des vignobles les moins connus à partir de la 2nde moitié du XIXème siècle, décidèrent d’accoler à leur nom celui du vignoble le plus célèbre de l’appellation.
Gevrey devint Gevrey-Chambertin,
Cette demande répond au désir des vignerons de vendre leurs vins sous leurs propres noms. Car au XIXème siècle, la notion de terroir liée à un vin a disparue, c’est la marque commerciale d’un vin qui compte le plus. Car dans la majorité des cas en Bourgogne, le vigneron cultive la vigne, mais c’est le négociant qui élabore et vend le vin. Il existe 3 normes : la marque commerciale (Maison Untel), la marque territoriale ou celle du négociant.
Après la crise du Phylloxéra, le vignoble devient l’archétype du terroir.
L’âge d’or perdit son lustre lors de la crise du phylloxéra qui atteignit la Bourgogne dans les années 1880. Face à l’extension de la contamination, la moitié du vignoble fut touché, et à l’inefficacité des traitements, une solution s’imposa le greffage à partir de plants américains. La vigne va renaitre sur les meilleurs climats et mettre de l’ordre fut mis dans l’encépagement du vignoble.
On connait les deux grands cépages de la Bourgogne : Le
pinot noir pour les vins rouges
le chardonnay pour les vins blancs
les deux cépages secondaires
l’aligoté (blanc)
le gamay (rouge)
Les cépages mineurs ont survécu dans l’Yonne, le sauvignon et le sauvignon gris font le Saint Bris et le césar l’Irancy associé au pinot noir de l’Irancy. Le melon de Bourgogne retrouve une jeunesse dans le Vézelien.
Le sacy ou tressalier est réservé aux crémants.
Mais exit le tressot, le meslier, l’enfariné, le menu blanc, le franc noir, l’épicier ou le plant du roi, le mazuchet ou le tine-vache aux noms si poétiques.
La mise en place des AOC
La mise en place des AOC va permettre d’installer de nouvelles normes et de donner enfin une vraie définition du vin. Les vins de Bourgogne doivent être issus d’usages locaux, loyaux et constants dans leur fabrication et lors de leur vente.
A partir de 1907, les vignerons doivent faire des déclarations de récolte, ce qui va peu à peu limiter les fraudes.
En 1919, c’est la loi sur les Appellations d’Origine, les délimitations administratives des appellations sont remplacées par des délimitations judiciaires.
La mise en place des AO à partir de 1927 fait diminuer les fraudes de fabrication car l’appellation s’appuie aussi sur les cépages. Mais pas toujours celles de délimitation, d'où les nombreux procès qui furent intentés et les jugements rendus sur la base des usages et les règles pour déterminer l’appellation sous laquelle le vin pouvait être vendu. Les AOC les imposeront de manière définitive en 1935, appellations basées sur le cru, le terroir. Durant toute cette période, les syndicats ont joué un rôle très déterminant, en particulier le Syndicat de défense de la viticulture bourguignonne, créé en 1912, estant en justice pour défendre les intérêts des dénominations et influençant les définitions des futures appellations.
Jusqu’en 1920-30, les mises en bouteilles à la propriété restent rares, les négociants continuent encore à faire le vin et jouent à la fois sur le nom de l’appellation et celui de la marque.
Mais à partir des années 50, 60 et 70 le phénomène s’étend et les coopératives vont tenir un rôle important, telles La Chablisienne ou les Caves de Hautes-Côtes ou de Viré-Clessé.
Pour le classement des vins de Bourgogne, voir : le site de Christian Ducret
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Vendredi 12 Mars 2010
Le vignoble de Bourgogne
Les moines ont créé un vignoble, les ducs de Bourgogne n'auront de cesse de l'améliorer et de faire connaître leurs vins. Ne se nommaient-ils pas d'ailleurs "les seigneurs des meilleurs vins du monde"?

Charles Le Téméraire, musée de Berlin
Les ducs de Bourgogne et la lutte pour le pinot noir
Grâce à son mariage avec Marguerite de Flandres, le domaine du duc de Bourgogne s’étend de la Saône à la Mer du Nord. A la tête d’un état européen et d’une cour flamboyante et fastueuse, les ducs de Bourgogne en souverains avisés développèrent ce trésor qu’était leur vin et les vignes. Servi lors de banquets dans leurs châteaux de Bourgogne et des Flandres aux hôtes de passage, le vin de Bourgogne était pour les ducs une superbe image de marque. Les ducs possèdent un ensemble de vignobles d’environ 180 hectares autour de Dijon, Beaune, Volnay et Pommard. Les rendements sont faibles, 7 à 8 hl/ha, et lors des vinifications, les cuvées sont mélangées. Les vins sont bus régulièrement à la cour ducale, offerts à ceux que l’on veut honorer et vendus.
En 1416, une ordonnance royale de Charles VI déclare que ne pourront s’appeler Bourgogne « toutes manières de vins, crus au dessus du pont de Sens, tant ceux du pays de l’Auxerrois comme ceux du pays de Beaunois. » Les vins de Bourgogne provenaient d’une région s’étendant de Sens au Mâconnais.
Les vins de Bourgogne étaient issus de plusieurs cépages. Pour les vins rouges, le principal était et est le pinot dont l’origine reste incertaine. On ne saurait dire s’il s’agit d’une amélioration spontanée du noirien, cépage primitif et originel, ou d’une sélection réalisée à partir de ce cépage ancien. En août 1395, Philippe le Hardi décide par une ordonnance qui reste le document fondateur d’un vignoble de qualité d’arracher le « déloyal gamay », résistant et productif et planter du pinot qui produit moins. Ce qui veut dire limiter les rendements pour produire des vins de qualité. Les ducs font le choix de produire des grands vins de qualité destinés aux aristocrates et aux grands amateurs. D’où la colère et la résistance des vignerons qui produisent et boivent le gamay plus populaire. D’où également la segmentation du vignoble bourguignon : les domaines des moines, des seigneurs et des aristocrates, des grands bourgeois travaillés par des journaliers, vignerons salariés , plantés de pinot et les vignes de gamay exploitées en faire-valoir direct des vignerons, artisans et petits bourgeois.
La mort de Charles Le Téméraire fut le début d’une éclipse de 2 siècles pour le vin de Bourgogne.

Hospices de Beaune, facade
Au XVIIème siècle, le vin de Bourgogne revient sur le devant de la scène. Le médecin de Louis XIV, Fagon, lui prescrit de boire du vin vieux de Bourgogne et de délaisser le vin de Champagne, plus acide. Louis XIV résista et ne céda que contraint et forcé, car il ne prisait guère le goût du vin de Bourgogne, contrairement à Mme de Sévigné qui l’aimait fort et se faisait livrer des bouteilles qu’elle dégustait en compagnie d’un sien cousin, abbé de son état. La bouteille bourguignonne au ventre arrondi est née, une forme qui est une garantie d’origine et un cachet de cire qui évite les fraudes. L’autre révolution de cette époque est le passage de certains domaines vendus ou accensés par les abbayes aux familles bourgeoises de Dijon et de Beaune. Peu à peu, les messiers du parlement de Dijon sont devenus les principaux propriétaires des clos les plus prestigieux, les vins de garde de la Côte de Nuits qui se vendaient déjà sous leur appellation.
La renommée des vins bourguignons hors de Bourgogne et le désir de se procurer les vins en les achetant hors du domaine furent à l’origine d’une profession nouvelle : les négociants-éleveurs au XVIIème siècle qui créèrent les premières maisons de négoce à Beaune, tels les Bouchard , Latour, Jadot ou Marey, favorisés par l’édit de 1776 qui autorise la libre circulation des vins dans toute la France. Ils remplaçaient les courtiers-gourmets créés au XVème siècle.
Le XVIIème siècle voit la création de la Romanée-Conti et le « Burgundy of Chambertin » dans les caves du président des Etats-Unis. Jefferson était passé faire son marché en Bourgogne !
Durant la révolution de 1790 à 1793, les biens du clergé et une partie de ceux des émigrés sont vendus aux enchères. Rachetés soit par des spéculateurs, soit par de riches familles locales ou plus rarement par des régisseurs. La bourgeoisie qui monte a investi les vignobles bourguignons.
Dernière révolution, le département fut baptisé Côte d’Or.
Mots-clés : vin
, bourgogne 
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