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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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King crabe

King crabe ou crabe royal est une bêbête impressionnante. Enfin bêbête, c’est vite dit, il s’agit plutôt d’une sorte de monstre, l’équivalent aquatique et marin de King Kong. Inimaginable avant d’en avoir vu, un crabe tout hérissé de pointes avec des pattes immenses qui, par conséquent, se déplace à toute vitesse. Parti de Sibérie, il arrive maintenant dans les eaux du nord de l’Europe. Et sur les tables des restaurants et étals des poissonniers. N’hésitez pas à en consommer vous ferez une bonne action.

 
Crabe royal
 

crabe du Kamtchatka

Nous avons tous acheté des boites de crabe du Kamtchatka, dont la chair, généralement fort bonne, était parfaite dans les salades et diverses préparations culinaires et nous évitait le fastidieuse corvée d’extirper la chair de nos dormeurs et araignées. Kamtchatka, on avait un peu de mal à situer cet endroit. C’est une grande presqu’île à l’extrémité orientale de la Russie au bord du Pacifique et qui ferme, avec un chapelet d’îles allant jusqu’à l’île d’Hokkaido, la mer d’Okhotsk et qui vit presque exclusivement de la pêche. Car la mer de Béring qui la borde au nord est très poissonneuse, plus de 400 espèces y vivent.

Le crabe royal du Kamtchatka  ne connaissant aucun prédateur a conquis la mer de Béring puis à continué sa migration par les eaux arctiques qu’il affectionne, plus c’est froid, plus il est content, jusqu’au fjord de Mourmansk et dans la mer de Barents, dans les années 60.  Mourmansk, est situé de l’autre côté du continent, au fond d’un fjord dans la partie russe de la grande péninsule scandinave jouxtant la Finlande.

De là il migra sur les côtes de  la Norvège et des îles Svalbard, colonisant peu à peu les fjords et détruisant tout sur son passage.



Du Kamtchatka à Mourmansk

 
Un redoutable envahisseur

Comme le crabe royal pratique la politique de la terre brûlée, ou plutôt de la mer désertifiée, il devient un véritable fléau. Les crabes royaux dotés d’un appétit féroce, - ils ont une grande carcasse à nourrir !-, dévastent les fonds marins, dévorant  tout dans leur zone d’habitation: coquillages, crustacés, poissons, algues, détruisant la flore et la faune indigène qui petit à petit disparait provoquant d’importants déséquilibres écologiques. Et, cerise sur le gâteau,  ils se reproduisent très vite. Le même phénomène qui s’est produit avec l’écrevisse de Louisiane en Europe ou la perche du Nil dans les lacs africains. Les crabes royaux sont des envahisseurs dont il convient de se débarrasser au plus vite avant qu’ils envahissent les mers du monde entier, car leur capacité à s’adapter à leur environnement est remarquable.

Or contrairement à ce que voudrait un esprit logique, la Norvège et la Russie se sont entendus pour faire établir des quotas de pêche pour le crabe royal, à la seule fin de maintenir des prix élevés. Seuls  les mâles sont pêchés ce qui  favorise l’extension progressive de son habitat.

 
Fiche « crustacomorphique »


Crabe royal

Le crabe royal peut atteindre jusqu’à 2 m d’envergure et peser jusqu’à 15 kg. Il se présente comme une énorme araignée de mer dont on ne consomme que les immenses pattes. Sa carapace est molle, ce qui est très pratique car la chair est facile à extirper de la carapace, une paire de ciseau suffit. Le bougre est beaucoup moins coriace que les nains de sa famille !


Patte

 Et sa chair est très savoureuse. D’où son phénoménal succès qui s’explique aussi par la saveur fine et assez neutre de sa chair qui autorise toutes sortes de préparations culinaires. Il a un seul ennemi : la cuisson qui est très délicate et doit être très rapide car la chair du crabe royal est très sensible à la chaleur. Les chefs cuisinent ce crabe de mille façons toutes plus agréables les unes que les autres en entrée ou en plat.

Nous vous conseillons d’en faire autant, c’est un acte citoyen, une œuvre de salut public malgré son prix, entre 20 et 60 €, quand même ! Sauver la nature demande parfois des sacrifices !

Et pour vous convaincre de manger du crabe royal,  un film.

Toutes les photos proviennent de wikipedia, hormis la patte (site: alatoque) et la éème carte qui est directement scannée de mon atlas universalis.

le 30.03.11 à 09:00 dans Biodiversité
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