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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Pommes mécaniques

Les pommes que nous voyons dans leurs emballages sur les étals de la grande et moyenne distribution, mais aussi chez certains revendeurs sur les marchés et dans de petites épiceries proviennent toutes des vergers intensifs regroupés dans la vallée de la Garonne et la vallée du Rhône. Ce sont toutes des pommes hybrides. 




Pommes Golden


Selon les méthodes d’amélioration variétale moderne, elles ont été élaborées en laboratoire, issues d’hybridation ou de mutation. Les règles de cette sélection répondent surtout à des critères techniques : vigueur de l’arbre, résistance aux maladies, date de floraison et de maturité, aptitude à la conservation et aux transports, goût.  
Dans le cas de l’hybridation,  on pollinise artificiellement les pommes pour obtenir de nouvelles variétés. Les pépins issus de ces croisements sont mis à germer à une température de 0°C, puis semés. Les plants ainsi obtenus sont soumis à divers traitements, inoculation de maladies, diverses mises en condition de transport et de conservation. Les plants qui ont résisté sont sélectionnés et plantés dans des vergers et  entrent dans le catalogue officiel des fruits. Dans le cas de la mutation, on injecte des produits chimiques dans le gène de la plante ou on le soumet à des rayons, on sélectionne ensuite les plants qui correspondent aux critères voulus. 


Granny Smith


C’est dans ce catalogue que le producteur de pommes va faire son marché, il choisit des variétés qu’il souhaite cultiver et les porte-greffes adéquats, jamais plus de 2 variétés différentes pour des raisons de rentabilité. Il plante entre 200 à 5000 arbres à l’hectare, selon qu’il mène ses cultures en semi-intensif, intensif ou à haute densité. Les arbres sont alignés, palissés sur fil de fer et conduits selon une forme qui convient à une culture mécanisée à 5 m de hauteur maximum en basse tige, haie fruitière ou verger piéton. Les arbres poussent et produisent ainsi très vite (dès la 3ème année) mais s’épuisent aussi très vite, tous les 15 ans environ les arbres sont arrachés et d’autres replantés. Parfois les vergers sont recouverts de toiles synthétiques qui protègent les arbres des oiseaux et insectes et des intempéries. 
Comme les cultures intensives sont très sensibles aux maladies, les pommiers subissent de nombreux traitements jusqu’à 30 par an. Car les insectes, virus et microbes s’adaptent aux produits et finissent par leur résister. Ces traitements rendent les fruits toxiques et détruisent la faune utile. Cette culture utilise aussi des  désherbants, des engrais et des arrosages fréquents pour activer la maturation. Beaucoup de matériel et de la main d’œuvre saisonnière. 



Pommes Gala
 

Le moment de la cueillette est déterminé par des analyses chimiques et des études de la dureté du fruit. Des engins sur lesquels se tiennent des ramasseurs passent dans les allées. Les pommes sont cueillies, triées et déposées dans d’immenses caisses, les palox. Le rythme est intensif, un ouvrier doit cueillir entre 800 à 1500 kg de pommes /jour. 
La cueillette finie, le cauchemar n’est pas fini.  Les pommes sont, tout d’abord,  stockées dans des hangars chez le grossiste. Soit dans des hangars frigorifiés, soit en atmosphère contrôlée, c ‘est à dire dans des pièces où l’air est appauvrit en oxygène, ce qui ralentit le mûrissement. Elles sont ensuite conditionnées. Triées et calibrées, elles sont lavées, essuyées et lustrées pour être brillantes et appétissantes, quelquefois étiquetées.  Elles sont ensachées ou mises dans des cageots. Ensuite conditionnées par 2, 4 ou 6 dans des contenants plastiques et recouvertes d’un film transparent. Et en voyage!  Train, camion, bateau et parfois avion, pendant plusieurs jours les pommes voyagent, puis passent chez le mandataire, et voyagent de nouveau jusque chez le distributeur qui les conservent aussi dans des frigos. 
La grande distribution ne passe pas par la case mandataire traitant directement avec les producteurs ou les grossistes. Dans tous les cas, il faut compter en moyenne 15 jours entre le moment de la cueillette et la mise en vente, plus quelques jours avant que vos la consommiez. Vous n’avez le choix qu’entre 3 ou 4 variétés, aux formes, aux textures et aux goûts très semblables et aux couleurs très tranchées.




Mots-clés : Technorati

le 04.02.08 à 11:28 dans Histoire des aliments
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