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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Abricot

 

 

 Voici venue la saison des abricots, ce fruit à la saveur  sucrée tempérée d'acidité. A déguster nature, à cuisiner et à congeler- les abricots supportent très bien l'opération -, et ainsi éviter les insipides boîtes d'abricots au sirop durant l'hiver.


Les voyages de l'abricot

C’est en Chine vers 3000 avant J. C. que commença la culture de l’abricotier.  Puis l’abricotier fit un long voyage, au gré des routes commerciales en particulier la route de la soie : Nord de l’Inde, Pendjab, Tibet où il mûrit à 3000 mètres d’altitude. Puis, par les fertiles vallées du Moyen Orient et par l’entremise des grecs et des romains, il prit racine sur les bords de la Méditerranée.
Les arabes introduisirent, ensuite, l’abricotier en Espagne, parmi d‘autres plantes potagères. L’abricotier est d’une culture peu aisée : il craint la sécheresse, le gel et le vent mais aime les sols calcaires et caillouteux. De plus pour des raisons de rentabilité et de meilleure adaptation au climat ou à l’altitude, les abricotiers sont greffés sur des porte-greffes qui donnent des variétés sophistiquées mais aux qualités gustatives assez minces. Préférez les variétés locales, anciennes que les producteurs ont replantées.

Un fruit au nom de soleil
Les Arabes confondaient parfois l’abricotier avec certaines variétés de pruniers appelés « barkûk » qui a donné en espagnol « albaricoque » et en français « abricot ».
Alors que d’autres langues utilisent la racine latine pour nommer ce que nous appelons abricot. Les mots russe : abrikos , allemand : aprikose, anglais : apricot viennent du latin apricum qui signifie l’ensoleillé.


Des abricots pour tous les goûts
L’abricot est un fruit sucré, juteux, à la chair orangée et ferme, il se déguste facilement. Sa peau, aux couleurs de feu parfois piquetée de « tâches de rousseur » se mange. Fragile et difficile à choisir car sa couleur rouge n’est pas gage de maturité et il ne mûrit plus après sa cueillette. La saison de l’abricot est courte : de fin juin à fin août. Les variétés arrivent successivement sur les étals : lambertin du Languedoc-Roussillon et orangered de Provence, puis jumbocot rouge du Roussillon, et polonais ou orangé de Provence, et enfin le bergeron de Rhône-Alpes.
Les meilleurs, en France, proviennent du Roussillon ou de la Vallée du Rhône, notamment autour de Tain l’Hermitage. Mais ceux qui sont les plus gros, les plus parfumés sont grecs ou turcs. Dans leur pays ils sont destinés à être séchés ou confits, ce sont ceux-là qu’achètent les confiseurs d’Apt. On peut trouver sur le marché d’énormes abricots, pouvant peser jusqu’à 70 gr/pièce venant d’Espagne ou de Californie, mais leur taille est plus remarquable que leur goût.

Il n’est, à mon avis, meilleure tarte que celle aux abricots. En gâteau, clafoutis, en coulis sur un riz au lait, il est également délicieux. Mais pensez aussi à lui faire accompagner des salades de riz et de volailles, avec des pousses d’épinard frais, c’est en plus très joli. Poêlé avec des magrets de canard, des filets mignons de porc ou une volaille au curry, c’est une association très réussie.

L'abricot aux mille vertus

Du Moyen Age au 17 ème siècle, l’abricot, considéré comme froid et léger, était présenté en début de repas selon les prescriptions des médecins galénistes, ensuite il pris sa place au dessert.
En effet, l’abricot apporte 50kcal pour 100 gr de fruit, riche en provitamine A ou bêta carotène, il protège la peau et les muqueuses, Il contient beaucoup de sels minéraux et d’oligo-éléments : magnésium, phosphore (pensez-y en période d’examens), calcium, potassium, sodium, souffre, manganèse, fluor. La vitamine C (anti infectieuse) qu’il contient est très présente dans les abricots secs ou en conserve ; coupé en deux, il supporte très bien la congélation : mangez-en donc l’hiver.

Fontenelle qui mourut centenaire disait devoir sa bonne santé et sa longévité à l’une des recettes de sa grand-mère qui consistait en une consommation régulière d’abricots frais, en confiture, en pâte ou séchés. Rien ne vous empêche de l'imiter.

 


Mots-clés : Technorati

le 05.07.09 à 09:00 dans Histoire des aliments
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Commentaires


Oh oui rien de meilleur qu'une tarte à l'abricot ! Et la confiture aussi est une des meilleures... un peu acidulée et tellement arfumée. Je laisse l'amande d'un ou deux noyaux dans la confiture, et ça lui donne un petit goût d'amande amère...
Merci pour cette histoire de l'abricot. Ça fait rêver, ces hommes qui cultivaient l'abircot il y a 3000 ans ! faisaient-ils aussi des confitures ;-) ? Du séchage, sûrement...
J'ai noté une petite erreur de frappe : en allemand on dit Aprikose, avec un "p".

Marie-Claire - 05.07.09 à 12:33 - # - Répondre -

L'eau à la bouche

J'ai eu l'eau à la bouche en lisant cet article. Et aussi tout plein de souvenirs d'enfance sur l'abricotier du jardin de mes parents à Montpellier.
Quel plaisir d'aller cueillir un abricot sur l'arbre et de le manger là au soleil ! bien sûr depuis, je n'ai jamais mangé d'abricots aussi bons...
Le pire étant ce que l'on nous vend au supermarché sous le nom d'abricots : un truc sec, acide, cartonneux, cotonneux, mais quelle horreur...

Mucifuz - 06.07.09 à 16:51 - # - Répondre -

il fut introduit par les romains !

Bonjour,

L'abricotier est connu des romains qui le nomment praecoquum, pour désigner sa fructification précoce.
On le retrouve régulièrement cité, hélas comme bon nombre de fruits et légumes comme ayant été introduit par les Arabes, sans doute suite aux copiés-collés successifs sur internet.
Peu d'espèces ont été introduites en réalité par les Arabes, Grecs et Romains ont accompli cela bien avant eux, et si on leur doit par exemple l'introduction du bigaradier, l'oranger amer, l'orange douce est introduite par les Portugais depuis la Chine, et ce jusque dans le monde Arabe.
Comme quoi la réalité est complètement inversée.

Jardinièrement votre.

ElCid - 01.11.10 à 14:28 - # - Répondre -

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