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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Le livre du thé

En ces périodes agitées de fêtes, alors que le temps ne se prête nullement à des sorties dans la nature, je vous offre une pause littéraire, deux petits bijoux à déguster calmement, blotti sur un fauteuil,  en buvant une tasse de thé préparée dans les règles de l'art, évidemment.

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Le Livre du Thé

Okakura Kakusô

Editions Philippe Picquier

Qui est Okakura Kakusô ?

Originaire de Yokohama où sa famille faisait le commerce de la soie, il est né, en 1862, dans une famille de samouraï de haut rang. Après la mort de sa mère, il fut envoyé dans un monastère bouddhiste, c'est ainsi qu'il découvrit la langue et la culture chinoise et plus particulièrement la culture religieuse. Mais aussi la peinture japonaise et les poèmes chinois.

Plus âgé, du fait des liens commerciaux tissés par l'activité familiale, très vite, le jeune Okakura fréquenta les milieux étrangers. C'est donc tout naturellement qu'il s'inscrivit à l'université de Tokyo, en 1877 pour étudier, avec des professeurs occidentaux, la culture occidentale et la langue anglaise et où il rencontra un jeune érudit américain avec lequel il explora le Japon afin de faire l'inventaire des richesses du patrimoine artistique en particulier les temples bouddhistes et les sanctuaires shintô. Ce qui lui valut, après ses études, d'être nommé conservateur du Musée Impérial, poste dont il démissionna pour partir aux Indes puis aux Etats Unis. Là, il exerça le poste de conseiller aux départements chinois et japonais du Musée des Beaux Arts de Boston.

Nous sommes bien loin du thé, me direz-vous. En effet, mais cet aparté est nécessaire pour comprendre dans quel esprit Okakura écrivit ce livre lors d'un séjour au Japon. Le Chanoyu - la cérémonie du thé - est le point de convergence d'un art de vivre, d'un art floral et d'une philosophie religieuse : le Tao et le Zen auquel Okakura consacre de remarquables chapitres. Elle est une pause dans la vie, c'est pour cela qu'elle a lieu dans la "maison du vide" auquel on accède par un chemin de pierre traversant trois jardins successifs qui incitent à se dépouiller du monde extérieur, et où le ruisseau ou l'eau du jardin montre la pureté du lieu. La porte volontairement trop basse que l'on doit franchir en se baissant symbolise l'humilité.

Ensuite tout le rituel de préparation et de consommation du thé témoigne d'une recherche de la beauté dépouillée de tout artifice.

La préface et la postface sont rédigées par Sen Söshitsu XV descendant de Sen no Rikyu (1521-1591), créateur et grand maître japonais du Sadö, le rituel du thé, qui perpétue son oeuvre.

Je ne résiste pas à la tentation de vous inciter à courir acheter ce livre en vous dévoilant les premières lignes du premier chapitre intitulé "la Coupe de l'Humanité" :

"Avant de devenir un breuvage, le thé fut longtemps considéré comme une médecine. Ce n'est qu'au VIIè siècle, en Chine, qu'il apparut dans le royaume de la poésie comme l'un des plaisirs raffinés de l'époque. Au XVème siècle, le Japon lui donna ses lettres de noblesse en créant une véritable esthétique : la voie du thé.

La voie du thé est un culte fondé sur l'adoration du beau jusque dans les occupations les plus triviales de la vie quotidienne. Elle enseigne la pureté et l'harmonie, le mystère de la compassion réciproque et la dimension romantique inhérente à l'ordre social. Elle est, par essence, un culte de l'Imparfait, en ce qu'elle vise - avec quelle délicatesse - au possible dans une vie vouée, comme nous le savons, à l'impossible.

Loin d'être une simple esthétique, dans le sens ordinaire du terme, la philosophie du thé exprime, en même temps qu'une éthique et une religion, notre conception globale de l'homme et de la nature. C'est une hygiène puisqu'elle contraint à la propreté ; une ascèse, puisqu'elle démontre que le bien-être loge dans la simplicité et non dans quelque coûteuse complexité ; une géométrie éthique, enfin, dans la mesure où elle définit notre sens des proportions au regard de l'univers. Elle représente, par dessus tout, le véritable esprit démocratique de l'Extrême Orient en ce qu'elle fait de chacun de ses adeptes un aristocrate du goût."

 Et pour compléter la lecture et voyager par la grâce d'un livre au pays du Soleil Levant, je vous invite à découvrir le superbe livre, écrit par les descendants de Mathurin Méheut: Voyage d'un peintre  breton au Japon, aux éditions Ouest-France.
Mathurin Méheut est un peintre de grand talent que j'apprécie énormément et dont les peintures me charment. Il s'essaya à la peinture de céramique et de faïence, aux croquis pour décors et tissus, peignit autant sa Bretagne natale que la Grande Guerre à laquelle il participa comme soldat, fit des étides remarquables de la faune et de la flore dans un style éblouissant de vivacité et d'originalité.


 

 


Mots-clés : Technorati, Technorati

le 30.11.08 à 09:00 dans Livres
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L'histoire des légumes, des potagers, du néolithique à nos jours en passant par les abbayes. Plus une cinquantaine de recettes de Michel Portos, cuisinier de l'année 2012 GaultMillau, avec les accords vins de Patrick Chazallet. De très belles photos d'Anne Lanta, une préface de Christian Coulon pour la beauté de l'ouvrage. alt : Widget Notice Mollat Analyse sur un ton léger des rapports des femmes au vin de l'Antiquité à nos jours, les interdits, les tabous, les transgressions, se ponctuant par quelques portraits de femmes du vin contemporaines. alt : Widget Notice Mollat

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