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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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Le concombre

Le ramassis de gens qui se trouvait au milieu d’[Israël] fut pris de convoitise, et même les fils d’Israël se remirent à pleurer ; ils dirent : « Qui nous fera manger de la viande ? Nous nous souvenons du poisson que nous mangions pour rien en Egypte, et des concombres et des melons et des poireaux et des oignons et de l’ail ! Et maintenant notre gosier est sec ; plus rien, rien que de la manne sous nos yeux ! » 

Nombres, 11, 4-5

 
Le concombre

Les plus anciennes représentations d’un concombre sont visibles sur des fresques égyptiennes, on sait en effet que cette plante fut cultivée en Egypte dès la XIIe dynastie. Les  mentions de ce légume dans la Bible laissent à penser que les hébreux avaient découvert le concombre lors de leur exil en Egypte. Or, il n’en est rien, ils connaissaient et consommaient le concombre avant leur passage en Egypte.




D’où vient le concombre ?

Le concombre est  un légume extrême oriental, comme ses yeux bridés le prouvent. Les chinois le cultivèrent en premier environ 5000 ans avant notre ère. Puis il passa outre Himalaya pour conquérir les papilles indiennes. C’est par l’Inde qu’il arriva au Moyen-Orient. De l’est méditerranéen, il pérégrina autour de cette mer, désaltérant avec bonheur grecs et romains. On connait la passion qu’éprouvèrent pour lui le divin Auguste et l’empereur Tibère. Cette passion entraina les jardiniers romains à améliorer sa culture : ils inventèrent des caisses orientées vers le soleil dans lesquels les concombres prenaient des bains de soleil qui hâtaient leur mûrissement. Les jardiniers impériaux pouvaient produire des concombres toute l’année et satisfaire ainsi les désirs impériaux. Invasions et travaux botaniques des moines firent que le concombre poussa très vite dans tous les potagers occidentaux. Olivier de Serres le nomme dans son livre et La Quinitie le cultivait à Versailles.


Cousin du melon, bizarre, bizarre

Si le concombre fut nommé par les savants botanistes Cucumis sativus, il n’en appartient pas moins à la famille des cucurbitacées dont font partie les melons, les pastèques et les cornichons. Ces derniers sont des cousins nains venant de plants non taillés dont on récolte les fruits avant maturité. Ils ne sont jamais mangés crus, seulement en saumure ou dans le vinaigre en tant que condiment. Le concombre pousse sur des plants étêtés sur lesquels on ne laisse que quelques fruits.
Lorsque les fruits n'ont pas parus, les plants de ces trois cousins se ressemblent beaucoup. Ils présentent tous trois de longues tiges souples rampant sur le sol,  se terminant par des vrilles qui leur permettent de s’accrocher et de grimper. Ils se  différencient seulement par leurs  feuilles : larges et anguleuses pour le concombre,  arrondies pour le melon et très découpées pour les pastèques.
La fleur est unisexe, soit mâle, soit femelle voire hermaphrodite. Une fécondation croisée est obligatoire et la fécondation est  réalisée par les abeilles ou les bourdons. Mais les superbes étamines mâles se servent le plus souvent à rien car la reproduction s’effectue maintenant par parthénogénèse et l’on produit des plants de concombre gynoïques.




Une très ancienne cuisine des concombres.

Très rafraichissant car il contient 98 % d’eau, il est très apprécié dans les pays chauds. Etant très aqueux, il est peu nutritif mais reste un des légumes les plus difficiles à digérer. Très populaire malgré sa chair insipide qui permet toutes sortes de préparations et d’accompagnements. A l’origine chez les égyptiens, il fut toujours consommé cru tel quel pour son pouvoir rafraichissant. On imagine que les grecs le mélangeaient au yaourt rehaussé d’herbes aromatiques si l’on en croit la recette du tsatziki. Plus tard, en France on aimait à le cuire et à le servir en garniture. La mode des salades donna au concombre l’occasion de revenir en force sur les tables et dans les revues de cuisine. Peu cher, peu calorique et facile à cuisiner, il est paré de toutes les vertus. Et si vous n’aimez pas le concombre, vous pouvez l’utiliser en produit de beauté. Des tranches de concombre apliquées sur le visage vous donneront un teint de rose, car le concombre possède des pouvoirs décongestionnant et adoucissant.

 

Une bonne manière de recycler votre tsatziki car le yaourt c’est pas mal non plus pour la peau.


Mots-clés : Technorati

le 26.06.10 à 09:00 dans Histoire des aliments
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