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Boire et Manger, quelle histoire !
Le blog d'une historienne de l'alimentation

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KIWI

 

Dans nos souvenirs d’enfant, le kiwi est associé à une marque de cirage en référence à l’oiseau qui ornait son couvercle. Puis un jour est apparu sur les étals des marchands et dans des caissettes des supermarchés, un petit fruit oblong, de couleur brunâtre et tout velu. C’était un fruit comestible dont l’enveloppe, peu avenante cachait une chair verte, appelé kiwi. Ce non n’appartenait donc pas seulement à l‘oiseau qui nous était devenu familier puisqu’il était l’emblème de la Nouvelle-Zélande que l’on connaissait par ses hommes en noir qui jouaient avec un ballon ovale et poussaient des cris étranges.

 
source, www.kiwicare.com

 

Origine du fruit et de son nom


Pourquoi cette homonymie entre le fruit et l’oiseau ? Il était une fois, deux pépiniéristes néozélandais qui, au début du XXème siècle, ramenèrent de la province du Shaanxi en  Chine quelques plants d’un petit fruit velu. La Chine est donc la mère patrie du kiwi, petit fruit sauvage d’une liane que les botanistes avaient appelé Actinidia chinensis. En Chine ce fruit n’était pas cultivé, juste objet de cueillette et on l’appelait « pêche des singes » ou « souris végétale » en raison de sa forme et de sa couleur.

 


Source, www.oiseaux.net

Hayward Wright et Bruno Just, les deux pépiniéristes, ont donc baptisé kiwi ce fruit dont finalement et à force d’essais répétés ils avaient réussi l’acclimatation. Hommage à leur emblème national (et parait-il à cause d’une similitude de couleur entre les deux). Comme quoi, on peut être un excellent pépiniériste et manquer d’imagination à moins que ce ne soit un attachement aux symboles nationaux d’une jeune nation. Ce non simple et facile à retenir fut un bon coup marketing, car pour tous les consommateurs, le kiwi est originaire de Nouvelle-Zélande. 

Son exploitation commerciale commença dans les années 1940. Le cultivar obtenu par H.Wright et nommé Hayward, fut ensuite acclimaté un peu partout dans les contrées ensoleillées du monde, Japon, Californie et Grèce et Italie pour arriver en France dans les années 1970. Il y fut assez vite consommé, les français ayant accepté avec moins de difficultés que leurs ancêtres les nouveautés dans leurs assiettes. La culture commença dans les régions voisines des rives de la Méditerranée, en Corse et dans le Sud-ouest.

 

 

Le kiwi de l’Adour

Le kiwi de l’Adour est cultivé au sud des Landes, le long de l’Adour et des gaves qui dévalent des Pyrénées et qui offrent des sols riches et un microclimat propres à la culture de kiwis aux qualités gustatives excellentes.
Il est le seul kiwi à avoir obtenu un Label Rouge en 1996 et une IGP en 2008. Dans les Landes où d’autres plantes avaient été précédemment acclimatées- le maïs,  le haricot américain, le piment -, le kiwi s’est fait une belle place. C’est un ingénieur  et arboriculteur en pays d’Orthe, Henri Pédelucq qui s’intéressa à cette plante. Il était déjà producteur de fruits, de pommes et de poires, mais les poiriers étaient petit à petit tous brûlés par le feu bactérien, une maladie qui ravageait les vergers. Pensant trouver une alternative à la culture du poirier, il se pencha sur les manières d’acclimater des plants de kiwi dans les années 1960. A force d’expérimentation et d’études, il parvint à ses fins et trouva les sols et les climats qui convenaient le mieux à la production des kiwis. Il commença les plantations dans les années 1970, imité  par d’autres arboriculteurs. Ce fut très vite un succès commercial malgré le prix élevé pour l’époque : 25 F le kilo (3,80 €). Les plantations de kiwis se multiplièrent, mais badaboum!  les prix s’effondrèrent. Trop de productions, non suivi de la réglementation sur les calibres etc, les consommateurs boudèrent des fruits trop petit, souvent moches  et insuffisamment mûrs.

Les producteurs des Landes groupés autour d’H. Pédelucq se lancèrent dans une campagne d’information et de publicité à travers toute la France pour sauver le kiwi de l'Adour. Pour appuyer leur démarche d’une réglementation de la culture et de la production,  ils déposèrent en 1992, une demande de Label Rouge. Label Rouge qu’ils obtinrent en 1996. Premier pas vers l’excellence avec un cahier des charges très rigoureux

 

 

Source, www.qualiteslandes.com
Limitation du nombre de fruits sur l’arbre sur un nombre maximum de branches, limitations des fumures azotées et par conséquent interventions plus importantes du producteur dans son verger et récoltes manuelles à maturation complète  entre mi-décembre et mi-mai.  Le kiwi est l‘objet de soins personnalisés qui sont consignés dans le cahier de culture, donc traçabilité pour le consommateur.  Le dernier point du cahier des charges concernant la cueillette demande une attention constante et une observation des changements climatiques pour le producteur à cette période de l’année où les gels risquent de compromettre les récoltes.

Après succès, les producteurs firent une demande de reconnaissance d’indication protégée qui fut obtenue en 2008.
 

Le kiwi de l’Adour représente ¼ de la production nationale avec 21 800 tonnes par an produites par 350 producteurs. C’est un des dix fruits les plus consommés en France.

 

Un fruit plein de qualités

Le kiwi est un fruit climatérique. Bel adjectif qui signifie que le kiwi continue à mûrir après sa cueillette, l’amidon qu’il contient se transformant peu à peu en sucre. Si vous achetez des kiwis pas assez mûrs, enveloppez-les dans du papier journal ou mélangez-les à de pommes.
Ce fruit, peu esthétique, cache en son cœur des trésors de santé. Sa chair  d’un vert vif est juteuse et sucré, légèrement acidulée. Il offre une très grande teneur en vitamine A et E, en magnésium et en carotène, le kiwi est donc un excellent antioxydant.
Il supporte mal la cuisson qui détériore sa couleur et sa saveur. Il vaut mieux le consommer cru, nature, en jus, en smoothy, en salade avec d’autres fruits ou des fromages, de chèvre particulièrement.  Cru, il se mêle aussi aux viandes et poissons fumés sur des canapés ou dans des préparations de viandes blanches ou de poissons de rivière où sa saveur acidulée fait merveille.

 

En raison de sa faculté à mûrir après cueillette, le kiwi est un des rares fruits à pouvoir être vendus en caissettes sans risque dans les GMS. Profitez-en pour faire provisions de vitamines et faites-vous plaisir en les consommant sans modération. Préférez quand même les kiwis cueillis mûrs ils sont toujours meilleurs.

 

  

 

le 30.09.11 à 09:00 dans Histoire des aliments
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Commentaires

Des pays producteurs l'Italie aujourd'hui est le premier, il dépasse la production NZ. La France est 4e assez loin derrière.

Mike Tommasi - 25.09.11 à 19:13 - # - Répondre -

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