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Dimanche 18 Octobre 2009
Les Vins de Pomerol : opération Séduction.
Pomerol, une appellation réputée. A Pomerol, il n’y a pas que Château Pétrus. Pour se faire connaitre, 9 châteaux ont décidé de lancer une opération pour transmettre leur passion et leur savoir-faire et faire connaitre leurs vins non seulement à des oenophiles mais à de nombreux amateurs de bons vins.
Ces 9 châteaux ont donc lancé Pomerol Séduction, une opération de charme à laquelle il était impensable de ne pas associer des femmes de talent évidement, d’irrésistibles fées de la cuisine qui allaient charmer les papilles avec des petits chefs-d’œuvre culinaires en adéquation avec les vins du millésime 2004 des 9 châteaux de Pomerol séduction : Château Beauregard, Château Clinet, Clos du Clocher, Château La Conseillante, Château Gazin, Château Mazeyres, Château Petit-Village, Château Rouget, Château Vieux.

C’est là que tout se jouait. L’agence Hémisphère Sud avait organisé cette soirée réunissant dans un même lieu les vins, les propriétaires de châteaux, les chefs et leurs plats. Pour un aréopage choisi de connaisseurs et de journalistes du monde du vin. J’étais la petite souris avec mon livre en avant première, ce qui m’a permis de voir, de goûter et de bavarder avec les uns et les autres.
Une ambiance conviviale et décontractée, une organisation parfaite, des bons vins et de délicieuses petites bouchées à déguster. Des visiteurs gourmands et sérieux dans leur dégustation.
L’opération Séduction semblait très bien fonctionner.

Mélanie Malicorne, jeune et talentueuse chef du restaurant Misia. Discrète et peu médiatisée, elle pratique une cuisine authentique basée sur les produits frais.
Fatéma Hal (La Mansouria) qu’on se présente plus qui apportait une touche épicée et originale aux arômes des Pomerol avec des accords très réussis.
Alice Bardet (Le Boudoir), tombée dans la cuisine quand elle était petite, aime associer les saveurs avec un bonheur qui ne s’est pas démenti ce soir-là.
Les plats étaient tous excellents, même si j’ai eu mes préférences je ne le dirai pas pour ne pas faire de jaloux et je ferai pareil pour les vins, même si 2 ou 3 accords éveillent encore en moi des frissons de plaisir.

Misia, 5/7 rue du commandant Rivière 75008 Paris, 01 42 56 38 74
La Mansouria, rue Faidherbe, 75011 Paris, 01 43 71 00 16
Le Boudoir, rue du Colisée, 75008 Paris, 01 43 59 25 29
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Vendredi 10 Juillet 2009
Européennes du goût, lentille blonde de St Flour
Atelier aux Européennes du Goût
Les Européennes du Goût sont toujours l'occasion de rencontrer Irisa et sa soeur, fidèles des ateliers que nous organisons chaque année.
Le marché de producteurs qui s'y tient est d'une remarquable qualité et les découvertes de produits originaux et souvent exceptionnels sont fréquentes. Cette année beaucoup moins d'affluence, mais la qualité est encore là et nous avons le plaisir de retrouver de très bons producteurs:
Casera del Delfinato, fromages et salaisons italiennes superbes,
l'Anser et ses foies gras d'oie, rillettes, saucisses et saucissons d'oie, un des rares producteurs à travailler l'oie.
Fruirouge: beurre de cassis, ketchup de cassis... et toutes sortes de bonnes choses.
Et cette année, beaucoup d'excellents produits des Dom et des Tom qui ont dépaysé nos papilles.
Le samedi 4 juillet, Nous avions organisé un atelier sur la lentille blonde de La Planèze cuisinée par un chef.
Un empêchement de dernière minute, plus de chef, il ne reste qu'à le remplacer au pied levé. La lentille blonde je connais et je la cuisine. Il y a un hic cependant: à Aurillac je n'ai pas de cuisine pour préparer à l’avance et la cuisine dans laquelle doit se passer l’atelier est occupée jusqu’à l’heure de cet atelier.
Heureusement, Jérôme Cazenave, chef du Jarousset à Murat est présent sur les Européennes, il se propose de me donner un coup de main et de cuire à l’avance les lentilles. Ouf !
Velouté froid de lentilles, crème au curry
Lentilles à la façon d’un riz au lait.
La veille, pendant que je travaillais sur un autre atelier, le chef faisait cuire les lentilles pour préparer le velouté.
500 g de lentilles cuisent 20-25 mn dans de l’eau bouillante salée avec un bouquet garni, une carotte coupée en rondelles et un oignon piqué d’un clou de girofle.
Une fois cuite, on en prélève un quart pour le taboulé.
Le reste est mixé et passé au chinois, l’assaisonnement est vérifié et on ajoute de la crème. Et au réfrigérateur pour la nuit.
Au moment de servir le velouté bien frais est versé dans de petits verres et je pose dessus une cuillerée de crème fouettée au curry. (1 c à s pour un pot de 250 g)
Délicieux, le curry booste le velouté à la saveur très douce et chaud. Bel accord en continuité avec le vin, Air de Fête, Côtes de Duras, domaine des Hauts de Riquets, 2008.
Ultra simple, frais et délicieusement parfumé.
Aux lentilles froides, environ 200g, on ajoute 1 poivron rouge et 1 poivron jaune, épluché et coupé en tous petits dés, 2 oignons rouges qui ont subi le même traitement, 1 botte de persil plat et 1 botte de coriandre fraîche ciselé. On verse dessus une fraîche vinaigrette réalisée avec sel et poivre, citron et huile d’olive.
Accompagné d’un Rosé de Bujan, appellation Bordeaux rosé, excellent fraicheur et arôme dans les deux.
Lentilles façon riz au lait.
Les lentilles (250 g) cuisent d’abord 15 mn dans de l’eau, puis on les verse dans ½ l de lait de coco légèrement sucré auquel on ajoute 1 c à café de gingembre, cuisson : 10 mn. Ensuite on les laisse refroidir dans le lait. Quand les lentilles sont froides, on les verse dans de petits récipients et on les met au frais. Au moment de servir, j’ai déposé dessus une c à café de beurre de cassis et quelques cassis et groseilles fraîches.
Servies avec une bière bien fraîche aux lentilles blondes, un accord absolument excellent.
Sege Ramadier est venu parler de la lentille blonde. Vous pourrez en savoir plus sur ce produit d'exception, à la saveur fine et légèrement sucrée, aux arômes de châtaigne en allant sur le site de la lentille de St Flour.
L'excellent beurre de cassis provient de la Ferme Fruirouge
Mots-clés : lentilles

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Lundi 06 Juillet 2009
Vignerons&bloggeurs, le retour
Je vous avais annoncé le premier évènement des vignerons&bloggeurs au château Luchey-Halde à Mérignac.
Un évènement off pendant Vinexpo.
Les évènements off sont les plus accessibles et les plus intéressants pour les amateurs.
Dans le cadre de la vaste et lumineuse salle de dégustation de château, cette manifestation était très bien organisée, l’accueil y était chaleureux et la qualité des vins dans l’ensemble remarquable.
Arrivés en fin de matinée, nous avons pu dans le calme saluer ceux que nous connaissions, déguster leurs vins et aller à la découverte des autres vignerons.
Il y eut de belles découvertes et des moments de grand bonheur.
Parmi les bloggeurs& vignerons présents, les femmes étaient nombreuses, dont Iris Rutz-Redel que j’avais interrogé pour mon livre et dont j’ai découvert les superbes vins,
Emmanuelle Barrera que je connais depuis ses débuts,
la charmante Amy, une américaine installée près du pont du Gard,
Annie Sauvat en Auvergne,
Isabelle Perraud en Beaujolais
et Valérye Mordelet dont j’aime tant la Nef des Fous.
Je ne peux passer sous silence le geste délicieux d’Oscar Quevedo qui est venu nous apporter des verres de porto pour accompagner les cigares que nous fumions sur la terrasse.
Et la découverte des cépages italiens, des vins d’Ivo Pagès : S’Alqueria et des vins de Toul.
Nous avons retrouvé avec bonheur le domaine Aloha et les champagnes Boulard et particulier son Mailly et les Rachais.
Retour sur l’annonce de l’évènement pour les coordonnées des vignerons auxquels il faut ajouter Ivo Pagès: http://vinyaivo.wordpresse.com
Mots-clés : Vin

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Lundi 25 Mai 2009
T'IN
Bientôt on ne dira plus tchin-tchin, mais T’IN- T’IN en choquant de jolis flacons d’aluminium. Non, je n’ai pas décidé d’éliminer toutes les chuintantes de ma prononciation, c’est qu’apparait sur le marché une boisson qui m’a séduite, nommée T’IN.
Tout simplement une délicieuse boisson au thé vert parfumé à la menthe, au gingembre ou à la cardamome qui se déguste froide ou chaude selon son goût.
Un mélange subtil de thé vert Sencha du Japon et Gunpowder de Chine dans lequel ont infusé des feuilles fraîches de menthe, des racines de gingembre ou des gousses de cardamome selon un procédé unique réalisé en collaboration avec Agropole. Plus du concentré de jus de raisin blanc pour stabiliser le goût et apporter un peu de sucre et c’est tout. Une boisson aussi naturelle qu’une infusion que vous préparez chez vous.
Pas de conservateur, pas de stabilisateur, que du bon !
Résultat une boisson rafraîchissante ou réconfortante qui devrait séduire tous les amateurs de thé et convaincre les autres.
C’est d’abord et avant tout très bon !
On goûte des saveurs fines, délicates et élégantes. Les dosages des infusions on été longuement testés pour arriver à un parfait équilibre. C’est la première raison pour laquelle on choisit une boisson !
Ensuite, les bienfaits du thé vert, un antioxydant remarquable et des plantes fraîches dont on ne vante plus les vertus qui renforcent celles du thé et favorise la digestion.
L’absence de sucre ajouté en fait une boisson très désaltérante et peu calorique.
Ah, cette petite bouteille ! Qu’elle est jolie. Un flacon épuré, fin et élégant en aluminium qui contient 25 cl de thé. Pratique parce qu’incassable et qui se décapsule avec une grande facilité en tirant sur un anneau.
Le choix de l’aluminium répond en premier lieu à des considérations de conservation optimum, dans un conditionnement opaque l’infusion ne bouge pas. Et en second lieu à des considérations écologiques, le flacon est entièrement recyclable !
Imaginé et distribué par Inno-Sens, ce breuvage est tout nouveau.
Pour savoir où le trouver allez sur le site : www.t-in-naturel.fr.
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Dimanche 29 Mars 2009
Le Mouton de Barèges-Gavarnie
Lors de la BIAC 2007 à Dijon, nous avions organisé un atelier autour du mouton de Barèges, une viande exquise que
Dans la haute vallée du Gave de Pau, broutent depuis bien longtemps les moutons et brebis de race barégeoise. On peut encore entendre le bruit des sonnailles, attachées aux cous des moutons et des brebis, qui tintent toute l’année dans les vallées de Barèges et de Gavarnie. Cette vallée est, en effet, une des rares en France à avoir préservé un type d’élevage ancestral où les moutons, d’un type très rustique bien adapté au rude climat pyrénéen, vivent toute l’année en plein. L’été, les bergers les emmènent en estive, sur des pâturages à plus de
Les moutons et les brebis vivent au moins deux étés en estive avant d’être emmenés à l’abattoir, c’est une des obligations du cahier des charges de cette AOC Mouton de Barèges-Gavarnie. Deux produits sont proposés à la consommation, le doublon qui est un mâle castré âgé au minimum d’un an et demi et pesant plus de
Il est heureux que des techniques d’élevage si ancien perdurent permettant de poursuivre une tradition qui semble en si totale opposition avec les manières modernes d’élevage intensif où les bêtes sont sacrifiées au bout de quelques mois. Permettant aussi à des paysans-bergers de vivre dans leur vallée et d’entretenir la montagne grâce à leurs troupeaux.
Contact du Mouton de Barèges-Gavarnie :
Raphael Paya
Tel : + 33 562 955 647
Contact-gagnant@wanadoo.fr
Et Marie-Lise Broueilh
Tel : + 33 562 923 216
moutonbg@free.fr
Romain Detot a préparé 3 bouchées :

Tartare de selle de mouton de Barèges au cumin, galette de maïs et copeaux de parmesan.

Selle de mouton de Barèges confite en brochette rouée avec poivron et épices

Souris de mouton de Barèges, oignon blanc et chutney d’ananas, un délice.
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Dimanche 04 Janvier 2009
Atelier-découverte : fabrication du beurre
Perette et le pot au lait
C’est l’intitulé de l’atelier qu’Olivier Straehli et moi-même avions conçu pour la Fête de la Science.
Le but de ces ateliers, proposés en priorité aux enfants, était de faire connaître les transformations physiques qui ont lieu et permettent à partir de lait d’obtenir du beurre.
Après un petit topo qui expliquait comment on faisait le beurre autrefois et maintenant. Il était question de composants du lait, de particules grasses qui remontaient, de force centrifuge qui séparaient les composants du lait, puis de la crème, de dissociation des particules du beurre.
Puis on passait aux travaux pratiques et on regardait comment le lait donne la crème qui, battue, donne la chantilly puis le beurre. De mettre en évidence la dissociation de beurre et du babeurre. Puis celle du beurre lorsqu’on le clarifie pour obtenir une graisse pure dont nous donnions les utilisations.
Des classes et aussi quelques groupes d’adultes sont venus regarder, écouter, apprendre et goûter. Goûter car nous voulions faire découvrir tous les arômes et les saveurs
Les yeux observaient les transformations.
Les nez humaient les différents arômes
Les petites cuillères plongeaient dans la crème, la chantilly, le beurre, le babeurre.
Ce fut l’occasion pour beaucoup de découvrir des saveurs ignorées, de goûter aux préparations qui leur étaient proposées et de repartir chacun avec un petit pot de beurre fabriqué devant leurs yeux émerveillés.
Et leur professeur avec un petit livret.
Quelques photos de ces ateliers
Chantilly faite au siphon Chantilly faite au batteur électrique

Beurre et babeurre Billes de beurre avant lavage

On rince le beurre On recueille l'avant-beurre
Mots-clés : beurre

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Lundi 18 Août 2008
Femmes, vins et cuisine
Lors de la Journée des Femmes, organisée à la Winery sur le thème, évident en ce lieu, Les Femmes et le Vin, j'avais participé avec des vraies cuisinières à l'élaboration du repas et créé avec l'aide du chef un dessert au citron.
A la suite de cette journée, j'ai été contactée par Régine Le Coz , présidente de l'association Femmes et Vins du Monde.
Chaque année a lieu à Monte Carlo, un concours de vins dont le jury, exclusivement féminin, est composé de professionnelles,et d'amateurs éclairées,
Femmes et Vins avait le projet d'un après concours qui consiste à prolonger l'évènement en association avec le comité interprofessionnel de la pomme de terre puisque 2008 est l'année de la pomme de terre.
Régine Le Coz m'a demandé si je voulais bien créer une recette qui s'accorderait avec un vin primé. Le challenge me tentait et j'ai choisi un vin banc.
Il m'a été envoyé trois variétés différentes de pommes de terre: Roseval, Franceline et Ratte et deux bouteilles du vin qui avait reçu le Nova d'or dans sa catégorie,
Ryzlink Rynski Pozdni Sber 2007 blanc de la winery Radomil en République Tchèque.
Un vin superbe qui est très différent des riesling d'Alsace. Très équilibré avec un peu de sucre résiduel et une belle acidité, une belle persistance aussi. Il y avait de la matière pour travailler.
Tout de suite j'ai pensé canard. OK mais comment? Après avoir mûrement réfléchi et inspecté mon étagère d'épices et de vinaigres et autres aromates subtils, j'ai jeté mon dévolu sur de la mélasse de grenade et j'y suis allée à l'intuition, goûtant avec le vin et modifiant pour que l'accord "colle" le mieux possible.
Pour lire la recette et voir les photos, Il suffit de cliquer sur le site de Femmes et Vins du monde.
Et puis de regarder les autres propositions de recettes car j'étais en très bonne compagnie, entre autres avec mon amie Isabella d'Eat Intuition.
Et j'ajoute les deux commentaires que j'avais faits sur la recette et qui n'apparaissent pas sur le site.
Accord avec le vin
Le jus supprime le sucre résiduel du vin et fait ressortir son acidité, lequel devient plus aérien, plus léger. L’accord fonctionne très bien. Comme d’habitude, les pommes de terre tiennent parfaitement leur rôle d’exhausteur de goût.
Commentaires sur les pommes de terre
Après plusieurs essais, le choix des franceline s’est imposé en raison de leur goût un peu sucré qui se marie bien avec le vin, en raison aussi de leur tenue et de leur moelleux. Cette variété s'accorde bien avec le canard dont le goût puissant relevait bien la saveur un peu fade des pommes de terre.
Mots-clés : canard

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Lundi 26 Mai 2008
Le poisson et Saint Jean de Luz
Je vous ai souvent parlé des poissons et de leur pêche. Mais aujourd’hui, je laisse la plume à Bernard Carrère, propriétaire du plus que charmant hôtel « La Devinière » à Saint Jean de Luz, membre actif du convivium Slow Food du Pays Basque, qui a commis ce texte pour annoncer une soirée autour du poisson de mer.
Ardent défenseur de l’un des éléments les plus attractifs, les plus significatifs et les plus originaux de ce territoire de gourmandises bordé par l’océan qu’est le Pays Basque, «Bizi Ona, le Slow Food au Pays Basque, » se devait d’aller à la rencontre de ce produit d’exception qu‘est le poisson de mer. C’est à la rencontre de ces pêcheurs en mer et de leur difficile métier que nous consacrerons notre réunion du lundi 16 juin 2008, à 19 heures précises, au Restaurant « Olatua », 30, Boulevard Thiers, à Saint-Jean-de-Luz.
Conteur devant l’Éternel, l’abbé Mikel Epalza, aumônier des marins, accompagnera également notre soirée.
“Les Travailleurs de La Mer...” donnent tort à “Totor”!
Jadis, au temps d’avant, celui où le printemps ne faisait pas le pont lorsque le mois de mai se croyait en été, le soleil du Pays Basque illuminait de ses langues de feu les eaux vives du port de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, villages d’autrefois et villes d’aujourd’hui dont les ruelles étroites serpentent vers les quais où les pêcheurs d’ici vivent au rythme vrai d’une nature belle immensément grandiose.
De tout temps, la ville de Saint-Jean-de-Luz doit sa renommée à l’intrépidité de ses marins. Son port fut un nid d’explorateurs proches cousins des pirates et, en temps de guerre avec les espagnols ou les anglais, de francs corsaires.
Les marins de Saint-Jean-de-Luz craignaient peu les méchants rois : on est libre quand on ne craint point d’affronter la mer où la liberté est sans bornes.
Réputés dès le onzième siècle pour la pêche à la baleine qu’ils pratiquèrent avec tant de fougue qu’il n’y en eut bientôt plus dans les eaux du Golfe de Gascogne, les pêcheurs luziens n’hésiterons pas à armer de plus gros bateaux pour aller les chercher là où elles se trouvent : à Terre-Neuve, et même aux Amériques où un équipage basque débarqua quelques années avant Christophe Colomb !
C’est à Terre-Neuve que les luziens apprirent à saler et sécher la morue, poisson jusqu’alors inconnu de l’armement de Saint-Jean-de-Luz, mais qui ne tarda pas à faire la fortune de ses armateurs et d’ouvrir pour la ville les portes de la prospérité. Celle-ci fut particulièrement grande aux XVI° et XVII° siècles, période au cours de laquelle le port de Saint-Jean-de-Luz prit une importance telle que, en 1660, sa flotte comptait plus de quatre-vingts bateaux pour environ trois mille hommes d’équipage. L’activité du port était alors considérable et c’est dans une ville riche, prospère et heureuse que le mariage de Louis XIV et de l’Infante Marie-Thérèse est célébré le 9 juin 1660.
Quelques unes des belles demeures édifiées par les riches armateurs luziens portent encore le témoignage de leur séjour et de celui de la Cour.
Louis XIV logea dans la maison Lohobiague, sa mère, s’installa dans celle de Joanoenia, propriété de la célèbre famille d’armateurs Haraneder, dont les arcades se mirent toujours dans les eaux du port. C’est dans ce “noble hôtel aux larges salles, aux grands appartements antiques, situé au coin du premier bassin face à la mer” que s’installa l’Infante Marie-Thérèse. Le Cardinal Mazarin descendit dans une maison du quai de Ciboure, à quelques pas du Couvent des Récollets où venaient le rejoindre la Reine-Mère et l’Infante pour y entendre la messe…
Mais ça, c’est une autre histoire que celle dont nous allons parler lors de notre réunion !
L’histoire qui nous intéresse est celle des pêcheurs, de leur travail - «Les Travailleurs de la Mer» chers à Victor Hugo - et du produit de leur pêche : le poisson !
De réunions en soirées, de conférences en dîners, les cuisiniers nous ont appris une idée simple : utiliser les plus beaux produits de la région dans le respect des saisons, les travailler avec imagination et créativité en leur donnant de la puissance pour rendre chaque préparation unique…
Roi indiscutable de la gastronomie basque, le poisson est un produit d’ici !
Il tient une place prépondérante sur toutes les tables de la Côte, mais aussi de l’arrière pays, en Navarre ou en Soule, régions plus éloignées.
En Pays Basque, l’art culinaire du poisson tient en quelques mots : extrême fraîcheur et préparation simple et très courte : la morue, fraîche ou salée, le colin, l’anchois et la sardine, les kokotxas (joues de merlu), le merlu sauce verte, les calamars dans leur encre ou à l’oignon, le txangurro (araignée de mer) ou l’onctueux ventre de thon grillé tout comme la dorade sont un régal sans nom …
Mais pour mieux les apprécier, il faut aussi connaître le métier de ceux qui nous les offrent : les pêcheurs.
L’homme est en mer.
Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim.
Il part le soir,
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles.
Remaillant les filets, préparant l’hameçon,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson …
Victor Hugo - La Légende des Siècles.
Mais que nenni, «Totor» ! comme dirait Juliette.
Ta «Légendes des Siècles» est un peu obsolète !
Aujourd’hui notre monde a changé, Cher Hugo :
Le mari reste à terre, sa femme est au bateau !
Que ce soit la saison du thon, de la bonite,
Qu’un arc en ciel parcourt de sa courbe inédite
La palette changeante d’une mer en furie,
La femme ne craint plus la moindre intempérie !
Que le bleu de la mer, soit gris tendre ou gris vert,
Anne-Marie Vergez, tous les jours, prend la mer …
Mais ce soir, c’est à terre que Anne-Marie Vergez, marin pêcheur au port de Saint-Jean-de-Luz, nous parlera de son métier et de sa passion pour la mer.
La mer est plus belle
Que les cathédrales,
Nourrice fidèle,
Berceuse de râles,
La mer sur qui prie
La Vierge Marie !
Paul Verlaine - Sagesse
Ramuntxo Berria qui a le goût du bonheur, mettra notre dîner en scène : c’est le maître de salle.
En cuisine, Olivier Lataste nous offrira tout son talent. C’est avec cette complicité dans le travail que ces deux compères ont inventé Olatua pour y exercer leur métier appris dans quelques belles maisons : « Les Pyrénées » de Firmin Arrambide, le Cheval Blanc de Jean-Claude Tellechea, la Chocolaterie Henriet de Serge Couzigou, et chez Michel Rostang. Le décor de leur adresse n’a rien de somptueusement international, ni de lourdement folklorique. Vous n’y trouverez ni bois cérusé, ni teintes à la mode basco-parisienne. Nous ne sommes pas dans une adresse «terroir caisse» pour touristes en vadrouille !
Un comptoir de bistrot, des murs où foisonnent des photos de familles et quelques tables anciennes accompagnent simplement la cuisine franche et précise d’un cuisinier généreux conjuguant modernité et classicisme lorsqu’il revisite le répertoire de la «cuisine bourgeoise» du siècle dernier, et avant-gardiste lorsqu’il s’amuse à inventer, selon son retour du marché, quelques belles gourmandises que Ramuntxo saura vous conter.
Vous l’aurez compris; cette adresse marquée par une régularité à toute épreuve est l’une de nos «cantines» préférées. En ce drôle de printemps qui se croit en automne, elle devrait nous offrir un avant goût de l’été.
OLATUA, 30, boulevard Thiers - SAINT-JEAN-de-LUZ. - tél. 05 59 51 05 22.
Bernard CARRERE
Mots-clés : poisson

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Mon livre
L'histoire des légumes, des potagers, du néolithique à nos jours en passant par les abbayes. Plus une cinquantaine de recettes de Michel Portos, cuisinier de l'année 2012 GaultMillau, avec les accords vins de Patrick Chazallet. De très belles photos d'Anne Lanta, une préface de Christian Coulon pour la beauté de l'ouvrage.
Analyse sur un ton léger des rapports des femmes au vin de l'Antiquité à nos jours, les interdits, les tabous, les transgressions, se ponctuant par quelques portraits de femmes du vin contemporaines.
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